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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Reservoir Dogs : les débuts de Quentin Tarantino

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Date de sortie : 2 septembre 1992 (1h35min)
Réalisateur : Quentin Tarantino
Acteurs principaux : Harvey Keitel, Tim Roth, Michael Madsen, Steve Buscemi, Lawrence Tierney, Chris Penn, Quentin Tarantino
Genre : Thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : aucun (extraits de musiques des années 1970)

« D’accord pour donner un pourboire si on fait quelque chose qui le mérite. Si on m’offre un service en plus, je paierai un extra mais le pourliche qu’on paie automatiquement, ça c’est bidon. »

Film culte des années 90, Reservoir Dogs marque les débuts de Quentin Tarantino au cinéma d’une manière si efficace qu’il introduit déjà les thèmes chers au réalisateur et un style appuyé par des dialogues à l’écriture minutieuse, une narration non linéaire, des références à la pop culture, des scènes hautement esthétiques, un langage argotique et une violence particulièrement marquée. Le scénario décrit la préparation et les conséquences d’un braquage raté, chaque personnage tentant de savoir lequel a balancé les autres à la police. Le désordre des scènes creuse les méninges du spectateur et renforce l’intrigue d’une manière bien originale, notamment avec le générique du début qui survient après la première scène, s’apparentant davantage à un générique de fin avec les noms qui circulent de bas en haut sous la chanson « Little Green Bag » de George Baker. À la manière de L’Ultime Razzia de Stanley Kubrick, le film comporte en effet plusieurs flashbacks précisant la provenance de plusieurs personnages pour mieux dévoiler les clés de l’intrigue.

Un braquage qui tourne rapidement au drame.
« – Et toi, t’as tué du monde ? – Juste des flics. – Pas des vraies personnes ? – Juste des flics. »

Le casting regorge d’acteurs de talent que l’on retrouve dans les futurs films du réalisateur et Tarantino lui-même y joue le rôle secondaire de M. Brown. S’inspirant des Pirates du Métro de Joseph Sargent, Reservoir Dogs attribue à chaque personnage un nom à l’effigie d’une couleur pour conserver leur anonymat. Tandis qu’Harvey Keitel (Taxi Driver, La Dernière Tentation du Christ, Thelma et Louise) incarne le charismatique M. White, Michael Madsen (Les Doors, Wyatt Earp, Donnie Brasco) interprète le psychopathe M. Blonde, Tim Roth (Pulp Fiction, Rob Roy, Groom Service) le malchanceux M. Orange et Steve Buscemi (New York Stories, Darkside Les Contes de la Nuit Noire, Desperado) l’exubérant M. Pink, qui se fait charrier quand il demande pourquoi on lui a choisi cette couleur. Outre l’imposant Lawrence Tierney qui distribue les pseudonymes, Edward Bunker est étonnamment peu présent dans le rôle de M. Blue.

« – M. Brown, M. White, M. Blonde, M. Blue, M. Orange et M. Pink. – Et pourquoi M. Pink ? – Parce que t’es une pédale, okay ? »
Quand Tarantino frôlait à peine la trentaine…

Une des principes forces de Reservoir Dogs réside dans ses dialogues, les personnages parlant dès l’introduction de toutes sortes de sujets qui parviennent à susciter l’intérêt bien qu’ils soient détachés de l’intrigue principale. Le débat portant sur l’attribution d’un pourboire à la serveuse annonce le ton des répliques à venir et des plans de caméra valorisant le caractère de chaque protagoniste. On peut toutefois regretter que l’omniprésence du langage grossier, qui en arrive à caricaturer des personnages pourtant très bien écrits. Outre la mention des Quatre Fantastiques et la présence d’un poster du Surfer d’Argent, les références à la pop culture passent essentiellement par des musiques des années 70, parfois intradiégétiques. Outre la mention de « Like a Virgin » de Madonna pendant l’introduction, on peut entendre un extrait de « Hooked on a Feeling » du groupe suédois Blue Swede, et surtout  « Stuck in the Middle with You » de Stealers Wheel, en décalage total avec la scène de torture qui l’accompagne.

« Ça t’a plu autant que ça m’a plu ? Hey tu me reçois ? »
Une résistance à toute épreuve !

Marque de fabrique de Tarantino, l’extrême violence est tout d’abord soulignée par la blessure de M. Orange, sa chemise devenant d’un rouge toujours plus vif tout au long du film. Outre le multiples morts intervenant suite à des coups de feu, le passage le plus gore reste celui du sectionnement d’oreille par M. Blonde, le visage ensanglanté du policier apparaissant plusieurs fois en plein écran. Tandis que l’intrigue se dénoue petit à petit, Reservoir Dogs se termine par une mémorable impasse mexicaine non sans rappeler City on Fire de Ringo Lam, montrant ainsi l’inefficacité quasi-totale de leur braquage. Un premier essai de qualité ayant lancé la carrière d’un réalisateur de grand talent !

Pinocchio (1940) d’Hamilton Luske et Ben Sharpsteen

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Date de sortie : 23 février 1940 (États-Unis), 2 octobre 1946 (France)
Réalisateurs : Hamilton Luske et Ben Sharpsteen
Comédiens de doublage : Mark Lesser, Roger Carel, Teddy Bilis, Michel Roux, Pierre Garin, Pierre Collet, Évelyn Séléna
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Leigh Harline et Paul J. Smith (musique), Ned Washington (paroles)

« Quand on prie la bonne étoile… »

Deuxième classique d’animation des studios Disney, Pinocchio s’inspire du roman de Carlo Collodi pour faire de son personnage principal une marionnette héritière de la tradition italienne et de la commedia dell’arte. Le scénario prend place dans un petit village où le sculpteur sur bois Geppetto, vivant seul avec son chat Figaro et son poisson Cléo, fabrique la marionnette d’un petit garçon qu’il aimerait voir prendre vie. Symbolisant la bonne étoile évoquée dans la chanson d’introduction, la Fée Bleue exauce son souhait et demande à Pinocchio de bien se conduire s’il veut un jour devenir un vrai petit garçon. Personnage emblématique racontant le début du film, Jiminy Cricket s’abrite alors chez Geppetto et devient la conscience du petit pantin de bois, qui a tout à apprendre pour bien se conduire à l’extérieur.

Un personnage emblématique repris dans de nombreuses autres œuvres de Disney.
« Hi-diddle di di, à moi la vie d’artiste ! »

L’histoire de Pinocchio peut se définir comme un parcours initiatique dans lequel le héros doit effectuer les bons choix en découvrant le monde réel. Censé se rendre à l’école, il croise d’abord la route de Gédéon et Grand Coquin, un chat et un renard servant de premier obstacle qui le détourne du droit chemin. Se laissant piéger pour devenir acteur, il se retrouve dans la roulotte du marionnettiste Stromboli, caricature gitane de l’escroc par son attitude et ses gestes, mais également satire juive par les expressions de son visage et l’obsession qu’il voue à la richesse. Le thème de la sincérité fait alors surface tandis que Pinocchio se retrouve enfermé dans une cage, son nez s’allongeant proportionnellement aux mensonges qu’il raconte à la Fée Bleue.

Un premier aperçu du traitement que le scénario réserve aux enfants.

Terriblement sombre dans son traitement des enfants, le film passe un nouveau cap avec l’île enchantée, sur laquelle un cocher à l’allure peu recommandable emmène les enfants désobéissants pour qu’ils puissent s’amuser comme bon leur semble, boire des pintes de bière et fumer des cigares. Il y rencontre Crapule, un délinquant plus âgé pouvant rappeler le taquin Mickey Rooney dans le court métrage « Chasseur d’Autographes », qui met en scène Donald Duck. L’indocilité se concrétise alors par la transformation des enfants en ânes, dont le cocher et ses hommes arrachent les vêtements avant de les mettre en cage malgré leur souhait explicite de retrouver leur maison. Un effroyable traitement de l’esclavage repris de longues années plus tard dans Le Triomphe de Babar. Encore plus étonnant, le dernier passage du film se déroule dans le ventre d’une immense baleine nommée Monstro, Geppetto s’y retrouvant prisonnier avec ses deux compagnons. Un scénario tout aussi original que celui de « La Baleine qui voulait chanter au Met », court métrage faisant partie de la future compilation La Boîte à Musique.

« Vois-tu Pinocchio, c’est ainsi qu’un mensonge grandit, grandit… jusqu’à ce qu’il se voie comme le nez au milieu de la figure. »
Un antagoniste dont on n’a plus aucune nouvelle à la fin de l’aventure.

Véritable prouesse technique pour son époque, Pinocchio arbore une animation de grande qualité et est rythmé par des chansons devenues emblématiques comme « Un pantin de bois », « La Vie d’artiste » et surtout « Sans aucun lien ». Le film fait aussi appel à des comédiens de renom pour son doublage français de 1975, à commencer par Mark Lesser (Trunks, Broly et Gohan adulte dans Dragon Ball Z, Zoïzite dans Sailor Moon) pour Pinocchio, mais aussi Roger Carel (Timothée dans Dumbo, Kaa dans Le Livre de la Jungle, Persifleur dans Robin des Bois) pour Jiminy Cricket et Teddy Bilis (le Roi de Cœur d’Alice au Pays des Merveilles, M. Mouche dans Peter Pan, le sultan d’Aladdin) pour Geppetto.

Un personnage attachant par le sort qui lui est réservé.
Une violence rarement vue dans les productions Disney.

Espérant renouveler le succès de Blanche-Neige et les Sept Nains, Disney doit faire face à la Seconde Guerre mondiale et Pinocchio obtient des résultats mitigés au box-office, tout comme son successeur Fantasia, sorti quelques mois plus tard. Le film reçoit toutefois un grand succès d’estime avec les années ainsi qu’un héritage laissant réapparaître certains personnages dans d’autres œuvres. Si Figaro et Cléo sont réutilisés dans plusieurs courts métrages, Pinocchio et Grand Coquin effectuent un caméo dans la scène finale de Qui veut la Peau de Roger Rabbit ? tandis que Jiminy Cricket ressurgit comme narrateur dans Coquin de Printemps et en tant que fantôme des Noëls passés dans Le Noël de Mickey.

Un rendu gigantestque très réussi !

En 1996, Pinocchio est même adapté sur Super Nintendo, Mega Drive et Game Boy dans un jeu de plates-formes reprenant fidèlement le déroulement du dessin animé avec des phases de gameplay très variées. Il fait également partie des univers Disney à être exploité dans la saga Kingdom Hearts, que ce soit à l’intérieur du ventre de Monstro dans le premier épisode sur PlayStation 2 et sa suite sur Game Boy Advance, ou au Paradis des Garnements sur Nintendo 3DS. Il faut ensuite attendre 2022 pour une adaptation en prises de vue réelles réalisée par Robert Zemeckis, avec Tom Hanks dans le rôle de Geppetto et Luke Evans incarnant le cocher.

Les Chiens de Guerre, de John Irvin

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Date de sortie : 18 décembre 1980 (Australie),
28 janvier 1981 (France)

Réalisateur : John Irvin
Acteurs principaux : Christopher Walken, Tom Berenger, Colin Blakely, Ed O’Neill
Genre : Action, guerre
Nationalité : Américain
Compositeur : Groffrey Burgon

Une introduction qui explicite le passé des personnages.

Adaptation du roman éponyme de Frederick Forsyth par John Irvin (Le Contrat, Un Flic à Chicago, Robin des Bois), Les Chiens de Guerre place Christopher Walken (Voyage au Bout de l’Enfer, Dead Zone, Batman Returns) dans le rôle de Jamie Shannon, un mercenaire engagé pour assassiner le président de la république africaine fictive du Zangaro. Camouflé sous l’identité d’un ornithologue, il fait rapidement face au régime tyrannique du pays, passe par la case prison où il rencontre un ancien candidat à la présidence et se fait expulser pour mieux préparer un coup d’état.

Le quatuor infernal…
Tom Berenger n’est pas là pour y aller de main morte.

Malgré un déroulement assez convenu et un rythme qui peut laisser perplexe, Les Chiens de Guerre se dote d’une belle réalisation et de musiques pertinentes permettant de tenir le spectateur en haleine. Entre séquences d’action, explosions, morts et torture, le film témoigne d’une certaine violence pour mieux servir son propos. Accompagné par Tom Berenger (Platoon, Traquée, Né un 4 Juillet), Christopher Walken arbore un certain charisme, sublimé par le regard de tueur qu’il expose à la toute fin. Un film correct qui marque aussi une des premières apparitions d’Ed O’Neill au cinéma, un an avant Mariés, Deux Enfants.

« C’est très bon ça le regard méchant, ça paie toujours. » (Jean-Paul Rouve)

  • Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1
  • Classé ‏ : ‎ Tous publics
  • Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13.6 x 1.2 x 17.1 cm; 90 grammes
  • Réalisateur ‏ : ‎ John Irvin
  • Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope
  • Durée ‏ : ‎ 1 heure et 44 minutes
  • Date de réédition : 6 septembre 2022
  • Doublé : ‏ : ‎ Anglais, Français
  • Sous-titres : ‏ : ‎ Français
  • Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 2.0), Français (DTS-HD 2.0)
  • Studio  ‏ : ‎ L’Atelier d’Images
  • ASIN ‏ : ‎ B0B2TP627P
  • Pays d’origine ‏ : ‎ France

 

Esther 2 Les Origines, de William Brent Bell

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Date de sortie : 27 juillet 2022 (Philippines), 17 août 2022 (France)
Réalisateur : William Brent Bell
Acteurs principaux : Isabelle Fuhrman, Julia Stiles, Rossif Sutherland, Hiro Kanagawa
Genre : Thriller horrifique
Nationalité : Américain
Compositeur : Brett Detar

La sagesse incarnée…

Treize ans après un premier film des plus perturbants, Esther 2 Les Origines marque le retour inattendu d’Isabelle Fuhrman dans un préquel réalisé par William Brent Bell, qui avait déjà régalé les amateurs de films d’épouvante avec le diptyque The Boy. Il va sans dire que son visionnage n’est recommandé qu’après avoir déjà vu le précédent long métrage, le préquel dévoilant d’emblée toute son intrigue. Revenant sur son passage en hôpital psychiatrique avant son adoption dans une première famille, le film lorgne toujours du côté de l’horreur psychologique avec une tension palpable sublimée par de superbes plans sur le regard d’Esther, toujours à l’affût d’une manipulation.

Des plans sur le visage toujours aussi pertinents.
L’arrivée dans la famille.

De son vrai nom Leena Klammer, elle s’arrange pour usurper l’identité d’une petite fille disparue du nom d’Esther avant de s’infiltrer dans la famille de Tricia et Allen Albright, respectivement joués par Julia Stiles (Jason Bourne, Queens) et Rossif Sutherland. Assez déroutante avec son accent russe, Isabelle Furhman parvient à joliment renouveler son jeu d’actrice pour paraître tout aussi crédible et effrayante que dans le premier film. Afin de pimenter le scénario, Hiro Kanagawa (Elektra, Godzilla) y incarne également un inspecteur qui compte bien remettre en cause l’identité de la jeune femme.

Une complicité qui naît rapidement à travers la peinture.
Trouver plus cinglé que soit n’est jamais impossible…

/!\ SPOILERS /!\ Mais là où le film a de quoi surprendre, c’est dans sa tournure des événements concernant sa famille d’accueil, Tricia et son fils Gunnar s’avérant au moins aussi tordue qu’elle en ayant carrément tué la petite Esther par le passé pour rendre sa disparition crédible. Déconcertant, cette révélation inverse les rapports de force et octroie davantage d’humanité à l’héroïne. Malgré une fin un peu trop expéditive, Esther 2 parvient à faire efficacement le lien avec son prédécesseur tout en assurant une qualité proche de ce dernier.

La Course à la Mort de l’An 2000, de Paul Bartel

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Date de sortie : 25 novembre 1975 (Allemagne de l’Ouest), 16 juin 1976 (France)
Réalisateur : Paul Bartel
Acteurs principaux : David Carradine, Sylvester Stallone, Simone Griffeth, Mary Woronov
Genre : Action, science-fiction
Nationalité : Américain
Compositeur : Paul Chiara

Tout est dans le design du casque !

Inspiré de la nouvelle Le Pilote écrite par Ib Melchior, La Course à la Mort de l’An 2000 constitue une dystopie futuriste dans laquelle un parti unique américain organise une course automobile annuelle voyant s’affronter cinq pilotes accompagnés d’un navigateur à travers l’axe est-ouest des États-Unis. Le champion Frankenstein est joué par David Carradine (Bertha Boxer, Mean Streets, Cannonball) tandis que Joe « Mitraillette » Vitarbo est porté par Sylvester Stallone (Rambo, Demolition Man), un an avant la propulsion de sa carrière grâce à Rocky. Le casting comporte aussi des femmes participant à l’épreuve, comme Simone Griffeth, Mary Woronov et Roberta Collins.

Succès débloqué : tête de méchant intimidante
Même Micro Machines n’aurait pas osé !

Chaque concurrent étant incité à écraser des piétons pour marquer des points (différents selon l’âge et le sexe), la violence est d’autant plus marquée par des gerbes de sang assez kitsch, les pièges des résistants et les insultes lâchées par Stallone, sublimées par le doublage de Bernard Murat. Pour couronner le tout, les pilotes survivants se font masser à chaque point de ravitaillement et les poitrines féminines déambulent sans aucun complexe. Charismatique, David Carradine reste particulièrement swag avec sa dégaine de super-vilain ressemblant à un prototype de Dark Vador.

Un présentateur télé comme on n’en fait plus !
L’étalon italien dans toute sa splendeur !

À l’instar de Rollerball, La Course à la Mort de l’An 2000 s’inscrit dans le pessimisme américain des années 1970, marquées par le premier choc pétrolier, le scandale du Watergate et la guerre du Vietnam. Le film critique ainsi l’influence des médias et les excès des événements sportifs à travers une course ultraviolente grâce à laquelle les politiques dirigent le peuple. Décoré d’une Licorne d’or au festival international de Paris du film fantastique et de science-fiction, le film refait parler de lui en 2008 à l’occasion d’un remake réalisé par Paul W.S. Anderson (Mortal Kombat, Resident Evil, Alien versus Predator) avec Jason Statham à l’affiche. Un film à la réalisation vieillissante mais au propos intéressant compte-tenu de son époque.

 

La Course à la mort de l'an 2000 de Paul Bartel

 

 

 

Esther (2009) de Jaume Collet-Serra

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Date de sortie : 24 juillet 2009 (États-Unis), 30 décembre 2009 (France)
Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Acteurs principaux : Isabelle Fuhrman, Vera Farmiga, Peter Sarsgaard, Aryana Engineer, Jimmy Bennett
Genre : Thriller horrifique
Nationalité : Américain
Compositeur : John Ottman

Une rencontre qui va bouleverser leur vie.

Réalisé par Jaume Collet-Serra (La Maison de Cire, Sans Identité, Non-Stop), Esther est un thriller psychologique dans lequel un couple décide d’adopter une petite fille après avoir subi une fausse couche. Joués par Vera Farmiga (Les Infiltrés, Le Garçon au Pyjama Rayé, The Passenger) et Peter Sarsgaard (Jarhead La fin de l’Innocence, Les Sept Mercenaires, The Batman), John et Katherine Coleman se dirigent alors vers un orphelinat où ils tombent sous le charme d’Esther, fillette de neuf ans isolée des autres et semblant très mature pour son jeune âge comme l’attestent son attitude posée et son langage soutenu : un rôle ayant révélé le talent de la jeune Isabelle Fuhrman.

Une petite fille tout ce qu’il y a de plus normal…
Des plans qui savent mettre en valeur le personnage principal.

Basé sur l’affaire judiciaire de Kuřim débutée en 2007 et République Tchèque, le film prend rapidement une tournure glauque et mystérieuse tandis qu’Esther se montre de plus en plus dangereuse et manipulatrice, allant jusqu’à casser la cheville d’une camarade qui se moquait d’elle, offrir des roses de la tombe du bébé mort-né à sa mère et obliger sa petite sœur à la couvrir. Tandis que John et la psychologue mettent tout sur le dos de Katherine pensant que des traumatismes venant de la mort de son enfant refont surface, Esther ne cesse de les dresser les uns contre les autres pour arriver à ses fins.

Des dessins à glacer le sang.
Des apparitions du plus bel effet !

Malgré une réalisation relativement convenue, Jaume Collet-Serra parvient à maintenir un suspense haletant tandis que les musiques de John Ottman (Usual Suspects, Disjoncté, Bohemian Rhapsody) retranscrivent une ambiance sordide des plus convaincantes. Apparaissant souvent de manière soudaine à l’écran, Esther arbore régulièrement un faciès glacial tandis que des parties macabres de ses dessins commencent à dévoiler sa véritable nature. De nombreux indices sur la sexualité mettent la puce à l’oreille tout au long du film, ces derniers atteignant leur paroxysme lors qu’elle tente de séduire son père vêtue d’une robe de soirée avec du rouge à lèvres.

Une tristesse qui humanise fortement le personnage.

Souffrant d’une panhypopituitarisme à l’image de Baby Doll dans la série animée Batman, elle ne cherche en réalité qu’une reconnaissance de maturité et l’expression de sa sexualité. Une révélation troublante qui donne un sentiment de pitié sur le personnage alors qu’elle se démaquille sauvagement, enlève ses bracelets et son collier cachant des mutilations et arbore un physique de tueuse psychopathe. Déjà présente à travers l’alcoolisme de sa mère, l’adultère de son père et la surdité de sa sœur, le thème du trouble est efficacement exploité par le scénario, qui utilise aussi brillamment la langue des signes. Un très bon film aux thématiques maîtrisées développées dans un préquel de longues années plus tard !

Batman contre Dracula, de Michael Goguen

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Date de sortie : 18 octobre 2005 (États-Unis),
17 mai 2006 (Belgique)

Réalisateur : Michael Goguen
Comédiens de doublage : Adrien Antoine, Jean-Claude Donda, Laura Préjean, Philippe Peythieu, Pierre Hatet, Jacques Ciron
Genre : Animation, super-héros
Nationalité : Américain
Compositreur : Thomas Chase Jones

Pas de doute : le comte Dracula est de retour.

Long métrage animé basé sur la série The Batman, Batman contre Dracula sort des sentiers battus en imaginant la rencontre entre le chevalier noir et ce qui peut s’apparenter à son double maléfique issu d’une époque lointaine. Un affrontement qui avait en réalité déjà eu lieu à l’occasion d’une trilogie de comics entamée par Batman & Dracula Red Rain en 1991. Le scénario part de l’existence d’un trésor révélée au Joker et au Pingouin à l’asile d’Arkham, qui serait caché dans un caveau du cimetière de Gotham. En découvrant un cadavre dans un cercueil, ce dernier se coupe malencontreusement et laisser tomber une goutte de sang qui redonne vie au corps.

Le Joker toujours dans les bons coups !
Une fois n’est pas coutume, Batman doit de nouveau échapper à la police.

Exilé depuis sa défaite en Transylvanie, Dracula est ainsi de retour et compte bien prendre le contrôle de la ville en transformant ses habitants en morts-vivants. Malgré un certain accent placé sur l’action, Batman contre Dracula détone avec la série par son ambiance beaucoup plus sombre, qui tire parfois vers le glauque, avec la présence de morts-vivants non sans rappelés l’excellent épisode « Le Fléau ». La direction artistique est très soignée et la violence laisse place à des tirs violents de policiers sur Batman, l’électrocution du Joker ainsi qu’une douche de sang. Du côté de l’animation, on peut retenir le premier combat entre Batman et Dracula, qui comporte des ralentis à la Matrix et se poursuit en ombres chinoises qui ressortent grâce à la lune.

Un affrontement qui vaut son pesant d’ail !
Une romance bienvenue qui arpporte un peu de légèreté au scénario.

Malgré une menace surnaturelle plus poussée qu’à l’accoutumée, le film joue efficacement sur les points communs entre les deux personnages, ainsi que sur l’opposition entre la science et la superstition. Le mythe de Dracula s’accommode parfaitement à l’ambiance de Gotham City, ce dernier arborant une prestance qui rappelle fortement Ra’s Al Ghul. Batman contre Dracula revient également sur l’enfance de Bruce Wayne et la genèse de Batman, inédites dans la série. La scène où ce dernier se découvre une peur pour les chauves-souris avait notamment été traitée dans l’excellent Batman contre le Fantôme Masqué et dans Batman Forever. L’introduction du personnage de Vicki Vale, absente depuis l’adaptation de Tim Burton, apporte un peu de romance au scénario et permet de faire écho aux flashbacks.

Des images qui parlent d’elles-mêmes.
De superbes décors qui rappellent les meilleurs épisodes de la saga Castlevania.

Du côté des doublages, Richard Darbois laisse sa place à Adrien Antoine, qui devient alors la nouvelle voix française de Batman. Célèbre interprète de Flagada Jones dans La Bande à Picsou et Myster Mask, Jean-Claude Donda incarne Dracula avec beaucoup d’assurance. Outre Pierre Hatet, Philippe Peythieu et Jacques Ciron toujours présents pour prêter leur voix au Joker, au Pingouin et à Alfred, Vicki Vale est jouée par Laura Préjean, qui doublait déjà Dana et Batgirl dans Le Retour du Joker. Sans doute le moins connu de tous les films animés de la saga, Batman contre Dracula est une belle réussite et le dernier film basé sur une série animée, avant que Warner n’exploite directement les comics dans la multitude d’adaptations des années 2010.

Bullet Train : quand Brad Pitt rencontre Snowpiercer

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Date de sortie : 3 août 2022 (2h07min)
Réalisateur : David Leitch
Acteurs principaux : Brad Pitt, Joey King, Brian Tyree Henry, Aaron Taylor-Johnson, Hiroyuki Sanada, Michael Shannon
Genre : Thriller, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Dominic Lewis

Règle numéro un : la discrétion !

Adaptation du roman japonais Maria Beetle de Kōtarō Isaka par David Leitch (Atomic Blonde, Deadpool 2, Fast and Furious Hobbs and Shaw), Bullet Train se présente comme un thriller action survolté dans lequel cinq tueurs à gages se retrouvent liés par leur mission dans un train allant de Tokyo à Morioka avec assez peu d’arrêts. En tête d’affiche, Brad Pitt (Alliés, Once Upon a Time in Hollywood, Ad Astra) y joue le personnage principal Coccinelle, chargé de récupérer une mallette et complètement dépassé par les événements qui s’enchaînent. Il ne tarde pas à y croiser le duo Citron et Mandarine, interprétés par Brian Tyree Henry (Joker, Godzilla versus Kong, Les Éternels) et Aaron Taylor-Johnson (Kick-Ass, Nocturnal Animals, The King’s Man Première Mission), bien décidés à protéger le fils de leur commanditaire et chargé de conserver la mallette.

Un petit air de Jules et Vincent de Pulp Fiction ?
Une apparence bien trop sage pour ne rien avoir à cacher.

Tandis que l’énigmatique Ancien apparaît sous les traits d’Hiroyuki Sanada (Ring, Wolverine Le Combat de l’Immortel, Mortal Kombat), Michael Shannon (Batman V Superman, La Forme de l’Eau, À Couteaux Tirés) incarne La Mort Blanche, qui semble fortement redoutée par les personnages qui la mentionnent. De son côté, Joey King (The Dark Knight Rises, The Kissing Booth, Slender Man) y interprète Prince, une jeune femme qui joue brillamment la comédie en se faisant passer pour une innocente sans défense alors qu’elle tient un petit garçon hospitalisé sous sa menace.

« Tu voulais un plan facile pour ton retour dans les affaires ? Y’a pas plus facile ! »
« Tout ce qui vous est arrivé dans la vie vous a conduit jusqu’ici. Le destin ! »

De très grande qualité, la réalisation de Bullet Train rappelle fortement le style de Quentin Tarantino avec ses personnages ayant tous un nom de code, ses dialogues à l’écriture très maîtrisée, ses combats chorégraphiés à la perfection et ses flashbacks rassemblant les pièces du puzzle de l’intrigue. L’action est notamment renforcée par des musiques au ton décalé tandis que la direction artistique laisse place à de nombreuses gerbes de sang, provoquées par toutes sortes d’armes à feu et tranchantes. Il est également possible que le producteur Antoine Fuqua, à qui l’on doit le diptyque Equalizer et le remake des Sept Mercenaires, ait eu une certaine influence sur la réalisation. Se démarquant largement des blockbusters habituels, Bullet Train s’impose aisément comme un des meilleurs films de l’année 2022.

RoboCop (1987) de Paul Verhoeven

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Date de sortie : 17 juillet 1987 (États-Unis),
20 janvier 1988 (France)

Réalisateur : Paul Verhoeven
Acteurs principaux : Peter Weller, Nancy Allen, Kurtwood Smith, Ronny Cox
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américain
Compositeur : Basil Poledouris

Un duo prêt à en découdre.

Après l’échec de La Chair et le Sang au box-office, Paul Verhoeven (Total Recall, Basic Instinct, Benedetta) est introduit par Steven Spielberg dans le milieu hollywoodien et se met au travail pour son tout premier film outre-Atlantique. Inspiré par Blade Runner mais surfant surtout sur le succès de Terminator et sa thématique autour des cyborgs très en vogue dans les années 1980, RoboCop marque le premier rôle majeur de Peter Weller en tant qu’Alex Murphy, policier de Détroit sous le joug de l’Omni Cartel des Produits (OCP), société spécialisée dans l’armement et la robotique ayant aussi la mainmise sur la police locale. Faisant équipe avec Nancy Allen (Carrie au Bal du Diable, 1941, Blow Out), il tombe dans une embuscade et se fait trucider par une bande de malfrats dirigés par le redoutable Clarence Boddicker, sous les traits de Kurtwood Smith (Staying Alive, Rambo III, Le Cercle des Poètes Disparus).

Un gang qui ne plaisante pas avec les flics.
Une performance impressionante.

La criminalité étant à son comble dans la ville de Détroit, le président de l’OCP, joué par Dan O’Herlihy (Halloween 3, Starfighter, Twin Peaks), donne son accord pour un projet de cyborg policier à la précision sans faille qui suivrait les ordres de la société pour faire respecter la loi. Murphy est alors ramené à la vie et devient RoboCop en intégrant l’armure, son côté humain pouvant toujours ressurgir en cas de décision importante. Ayant oublié son ancienne ville, il traque alors les criminels de Détroit et éradique toute violence avec une redoutable efficacité. Mais c’était sans compter le vice-président Richard Jones, interprété par Ronny Cox (Le Flic de Beverly Hills, Total Recall), qui est de mèche avec les truands et compte bien contrôler la police et la criminalité grâce à un robot entièrement mécanique.

L’ED-209, aussi dangereux qu’inefficace.
Des explosions qui en jettent !

Apportant une réflexion sur l’obsession de l’ordre et de la sécurité, RoboCop affiche une violence particulièrement marquée par ses personnages qui se font cribler de balles de manière explicite, le sang étant d’un rouge très vif et les os se faisant broyer sous leur impact. Paul Verhoeven utilise en réalité l’ultraviolence pour appuyer sa satire de la culture américaine. Un procédé qui se remarque dès le début du film par l’intermédiaire d’un faux journal télévisé dans lequel les images d’une société déchaînée se succèdent avec des plages de publicité qui s’intercalent comme si de rien n’était. La dualité entre l’homme et la machine reste centrale tandis que RoboCop fait preuve d’une humanité émouvante dans des passages comme celui où il retrouve des souvenirs liés à sa femme et à son fils en revenant dans son ancienne maison. Son œil apeuré à travers la visière endommagée et son visage apparent quand il enlève son casque devant sa partenaire rappellent que c’est bien un humain qui se trouve derrière le costume.

Un système de sécurité qu’il croyait infaillible…
« Dick, vous êtes viré ! »

Malgré une réalisation vieillissante, RoboCop reste un film de science-fiction très réussi grâce au charisme de son héros, dont les interventions sont renforcées par l’excellent thème musical de Basil Poledouris (Le Lagon Bleu, Conan le Barbare, La Chair et le Sang). Il n’hésite pas non plus à se montrer plus léger avec une certaine dose d’humour qui détonne efficacement avec la dramaturgie ambiante. Véritable succès à son époque, RoboCop a vu son univers s’élargir à l’occasion de deux suites puis d’un remake en 2014. Il fait également partie de ces grands classiques à avoir été adaptés en jeux vidéo de qualité sur plusieurs supports, notamment l’Arcade, la NES et la Game Boy.

Tekken Bloodline trouve une date de sortie !

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bloodline tekken

Date de sortie : 18 août 2022
Réalisateur : Katsuhiro Harada
Comédiens de doublage : Isshin Chiba, Mamiko Noto, Taiten Kusunoki, Masanori Shinohara
Genre : Action, animation
Nationalité : Japonaise
Compositeur : NC

Après deux longs métrages d’animation et deux films en prises de vue réelles, l’incontournable saga Tekken s’émancipe dans une série animée qui semble reprendre le scénario de l’excellent Tekken 3. Ce dernier place en effet Jin Kazama face à ses démons dans la préparation de l’habituel tournoi mettant en scène de nombreux personnages emblématiques, dont Feng Wei et Leroy Smith, pourtant apparus beaucoup plus tard. Disponible le 18 août 2022 sur Netflix, la saison 1 comportera six épisodes.

Synopsis :

Malgré les enseignements de sa mère, qui lui a appris dès son plus jeune âge les arts martiaux traditionnels dans le plus pur style de la famille Kazama, Jin n’a pas pu empêcher un être démoniaque de détruire tout ce qui lui était cher, bouleversant sa vie à jamais. Furieux contre lui-même, il a juré de se venger et se met en quête du pouvoir absolu pour parvenir à ses fins. Son épopée le conduira à l’ultime combat sur une arène mondiale : le King of Iron Fist Tournament.