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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

La Mort aux Enchères, de Robert Benton

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la mort aux encheres header

Date de sortie : 19 novembre 2022 (États-Unis), 26 janvier 1983 (France)
Réalisateur : Robert Benton
Acteurs principaux : Roy Scheider, Meryl Streep, Jessica Tandy, Joe Grifasi
Genre : Thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : John Kander

Une noirceur à peine cachée ?

Thriller haletant renvoyant à la filmographie d’Alfred Hitchcock, La Mort aux Enchères consiste en une enquête sur le meurtre d’un antiquaire habitué des séances du psychiatre Sam Rice, interprété par Rob Scheider, connu pour son rôle du shérif Brody dans les deux premiers volets des Dents de la Mer. Trois ans après Kramer contre Kramer, Robert Benton offre un de ses premiers rôles phare à la jeune Meryl Streep, déjà aperçue dans Voyage au Bout de l’Enfer aux côtés de Robert De Niro, ainsi que dans Manhattan de Woody Allen. Incarnant l’assistante du défunt Brooke Reynolds avec qui il avait eu une liaison, elle est alors la première suspectée dans l’affaire.

Des décors taillés pour l’arrivée d’un meurtre !
Une partie de cache-cache qui pourrait mal tourner.

Près de dix ans avant la sortie de Basic Instinct, le thème de la fascination est abordée entre un homme traqué et sa potentielle meurtrière. Un rapprochement qui mêle habilement romance et méfiance dans un polar à l’ambiance sombre, où le silence a une place tout aussi importante, sinon davantage que celle de la musique. Outre un cauchemar renforçant le caractère horrifique du scénario, la réalisation comporte de nombreux plans favorisant le suspense et le final laisse place à l’interprétation concernant l’innocence de l’héroïne. Convaincant sans se montrer particulièrement novateur, La Mort aux Enchères fait partie de ces classiques qui ont marqué le genre du thriller à leur manière.

Disponible depuis le 27 juillet 2022 aux éditions BHQL

Sans Filtre, deuxième palme d’or de Ruben Östlund

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Date de sortie : 22 septembre 2022 (Danemark), 28 septembre 2022 (France)
Réalisateur : Ruben Östlund
Acteurs principaux : Harris Dickinson, Charlbi Dean, Dolly de Leon, Vicki Berlin, Zlatko Burić
Genre : Comédie satirique
Nationalité : Suédois
Compositeurs : Mikkel Maltha et Leslie Ming

Un beau couple de riches à bord d’une croisière comme les autres.

Deuxième palme d’or du suédois Ruben Östlund cinq ans après The Square, Sans Filtre est une comédie satirique pointant du doigt les conséquences des différences sociales à travers une croisière réservée à l’élite de la classe dominante. Premier long métrage du réalisateur tourné en anglais, son titre d’origine Triangle of Sadness désigne les rides situées entre les sourcils, assurément incompatibles avec le mannequinat, apparente incarnation du bien-être illustrée lors de l’introduction. Incarnés par Harris Dickinson (Maléfique Le Pouvoir du Mal, The King’s Man Première Mission) et Charlbi Dean (décédée peu avant la sortie du film…), les protagonistes marquent d’emblée leur rapport à l’argent lors du dialogue lourd de sens qu’ils ont à la fin d’un repas, tout étant question d’argent et de manipulation pour faire comprendre à l’autre qu’il doit payer la note.

Une caricature hilarante qui se poursuit jusque dans l’ascenseur.
Un personnel aux petits soins de ses clients.

Si Carl est avant tout mannequin, Yaya représente quant à elle l’archétype des influenceuses qui passent leur temps à se prendre en photo pour se montrer sur Instagram. Ses selfies à répétition sont brillamment soulignés par les bruitages du smartphone, qui agacent autant qu’ils attirent l’attention de l’entourage. Le réalisateur insiste beaucoup sur le fait que ce sont les riches qui commandent, comme lorsque tout le personnel reçoit l’ordre de se baigner par simple volonté d’une passagère. Carl surprend même Yaya à parler à un employé et provoque sans le vouloir le licenciement d’un autre membre du personnel en racontant à sa supérieure qu’il l’a vu fumer sur le pont.

Un capitaine communiste complètement dépassé.
Un savoureux passage de Titanic à Robinson Crusoé

Tandis que les riches commencent à être ridiculisés par leur intoxication provoquée par un repas en pleine tempête, Sans Filtre bouleverse les rapports sociaux lors du naufrage du paquebot. Échoués sur une île, les survivants doivent en effet s’entraider en attendant les secours pendant plusieurs jours. L’inversion des rôles provoque alors la domination de la classe populaire, capable de chasser et de se faire obéir à son tour. On peut d’ailleurs remarquer certains abus dans l’autre sens, la soif de vengeance cassant de ce fait le manichéisme du scénario. Si on peut lui reprocher quelques passages surfaits, Sans Filtre sans souci s’impose comme une peinture réussie des inégalités sociales.

Mortal Kombat Legends Snow Blind, de Rick Morales

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Date de sortie : 9 octobre 2022 (1h22)
Réalisateur : Rick Morales
Comédiens de doublage VO : David Wenham, Manny Jacinto, Ron Yuan, Keith Silverstein
Genre : Animation, combat
Nationalité : Américain
Compositeurs : John Jennings Boyd et Eric V. Hachikian

Kano, le nouveau boss des quartiers !

Après un Mortal Kombat Legends Scorpion’s Revenge très fidèle au scénario d’origine et un Battle of the Realms moins percutant bien qu’il s’autorise des libertés intéressantes, Mortal Kombat Legends Snow Blind lorgne davantage du côté de Mad Max avec un univers dévasté dominé par le Black Dragon, dirigé d’une main de fer par un Kano à la barbe blanche éclatante. Accompagné par ses acolytes Kira et Kobra, ils sèment la terreur jusqu’à leur confrontation avec Kenshi, bien décidé à protéger les environs même s’il affirme faire ça par simple goûts du défi.

Une nouvelle ère d’entraînements.
Un philanthrope des plus crédibles.

Assez différent des précédents films, Snow Blind se démarque notamment par l’arrivée de plusieurs nouveaux personnages qui rejoignent le Black Dragon. Le casting comporte alors Jarek, Drahmin, Erron Black, Ferra / Torr, Tremor et même No Face, ces deux derniers étant issus du spin-off Mortal Kombat Special Forces. On retrouve également Shang Tsung, pourvu d’un nouveau design, qui compte bien utiliser Kenshi pour arriver à ses fins. Ce dernier perdant violemment l’usage de ses yeux, il est alors épaulé par Kuai Liang, qui s’était résigné à participer à tout combat.

Des images saisissantes de violence.
Un duo de légende !

Laissant de côté les détails radiographiques de os qui se brisent, Mortal Kombat Legends Snow Blind reste particulièrement violent entre ses arrachages de tête, découpages de membres et autres broyages de corps. Pourvu d’un bon rythme, son scénario fait efficacement écho à Battle of the Realms avec Scorpion qui revient prêter main forte à Sub-Zero et la présence d’une statue de Liu Kang, mais aussi à Mortal Kombat 11 par la présence du Sablier de Kronika. Malgré des événements qui s’éloignent des standards habituels de la saga, il reste un bon film dans la droite lignée de ses prédécesseurs !

Pinocchio (2022) de Robert Zemeckis

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Date de sortie : 8 septembre 2022 (1h 45min)
Réalisateur : Robert Zemeckis
Acteurs principaux : Tom Hanks, Luke Evans, Kyanne Lamaya, Cynthia Erivo, Giuseppe Battiston 
Genre : Aventure, fantastique
Nationalité : Américain
Compositeur : Alan Silvestri

« Et le plus important pour être un véritable garçon, ce n’est pas la matière dont tu es fait... »

Adaptation en prises de vue réelles du grand classique Disney paru plus de quatre-vingts ans plus tôt, Pinocchio effectue son retour au sein de la firme aux grandes oreilles sous l’objectif de Robert Zemeckis (Alliés, Bienvenue à Marwen, Sacrées Sorcières). L’occasion d’une nouvelle collaboration avec Tom Hanks (Seul au Monde, Le Pôle Express, Elvis) à qui le rôle de Geppetto sied parfaitement, tandis que Luke Evans (Robin des Bois, La Belle et la Bête, Anna) incarne un cocher bien différent du dessin animé, et Cynthia Erivo (Les Veuves) une fée Bleue à la ressemblance déjà plus discutable.

Tom Hanks tout à fait dans son élément.
Des personnages sans lesquels on s’ennuierait !

Pourvu de superbes décors fidèles à ceux du dessin animé, Pinocchio reconstitue joliment son personnage principal tandis que Jiminy Cricket, Figaro, Cléo, Grand Coquin et Gédéon apparaissent dans des images de synthèse du plus bel effet. Composées par Alan Silvestri (Retour vers le Futur, Forrest Gump, Mort ou Vif), les musiques font tout à fait honneur à l’univers du film et de nouvelles chansons viennent participer à la narration, comme « Le cocher vers l’Île Enchantée » avec ses enfants qui prennent la parole, ou encore « J’entre dans la danse » et sa petite marionnette qui se lie d’amitié avec Pinocchio.

Stromboli en grande forme !
Une façon asticueuse de récupérer la clé !

Tandis que certaines horloges de l’atelier de Geppetto sont à l’effigie de nombreux personnages (Woody de Toy Story, Roger et Jessica de Qui veut la Peau de Roger Rabbit ?, Maléfique et la Belle au Bois Dormant, Dumbo, Rafiki et Simba du Roi Lion), celle représentant la mère qui donne une fessée à son fils est vite stoppée par un policier pour faire écho aux nouvelles mœurs du XXIème siècle. En plus de ces clins d’œil très appréciables, le film apporte son lot de scènes inédites, à commencer par le rejet du maître lorsque Pinocchio se rend à l’école pour mieux accentuer sa différence avec les autres enfants.

Crapule s’en donne à cœur joie !
Luke Evans méconnaissable dans le rôle du cocher.

Outre le fait que Pinocchio continue de mentir volontairement pour que son nez s’allonge au point d’atteindre la clé de la cage, la roulotte de Stromboli abrite une jeune-fille nommée Fabiana accompagnée de sa marionnette Sabina, qui croisent le chemin du héros à plusieurs reprises. Il est également bienvenu que la transformation en âne n’ait pas été édulcorée, d’autant que le passage de l’Île Enchantée est rendu plus effrayant par les hommes du cocher devenus de véritables créatures des ténèbres. Si on ne retrouve pas vraiment la patte artistique de Robert Zemeckis dans le film, ce dernier parvient à rendre un bel hommage au dessin animé d’origine grâce à une réalisation tient largement la route, deux mois avant l’adaptation animée de Guillermo Del Toro.

Dragon Ball Super Super Hero, de Tetsuro Kodama

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Date de sortie : 11 juin 2022 (Japon), 5 octobre 2022 (France)
Réalisateur : Tetsuro Kodama
Doubleurs VO : Masako Nozawa, Toshio Furukawa, Yūko Minaguchi, Aya Hisakawa
Genre : Animation, action
Nationalité : Japonais
Compositeur : Naoki Satō

De nouveaux cyborgs au design pas très inspiré…

Près de quatre ans après avoir décrédibilisé le personnage de Broly dans un film à la qualité limitée, Dragon Ball Super signe un quatrième long métrage imaginant une nouvelle reconstruction de l’armée du Ruban Rouge. Il est en effet question de Magenta, fils du général Red, qui cherche à redorer le blason de la société en créant les cyborgs Gamma 1 et Gamma 2, dont la puissance dépasse de loin les capacités de Cell. Il s’allie pour cela au docteur Hedo, petit-fils du docteur Gero, qu’il charge de développer une arme ultime pour lutter contre le Capsule Corp et ses alliés.

Le cliché du méchant dans toute sa splendeur !
Un personnage qui nous avait manqué !

Après une introduction bienvenue qui résume toute l’histoire de l’armée du Ruban Rouge, le spectateur découvre pour la première fois un film Dragon Ball entièrement réalisé en images de synthèse. Correctement animé sans imposer de couleurs flashy dans tous les sens, Dragon Ball Super : Super Hero fait également l’effort de se concentrer sur la relation entre Piccolo et Sangohan en impliquant plusieurs personnages secondaires, Sangoku et Vegeta étant pour une fois relégués au second plan. On a même le plaisir de retrouver la petite Pan, présente dans les derniers épisodes décanonisés de Dragon Ball Z.

Un combat final complètement surfait.

Film sympathique sans prétention, Dragon Ball Super : Super Hero se veut aussi très axé humour, à commencer par l’infiltration grossière de Piccolo en soldat du Ruban Rouge. On trouve même Gotrunks qui finit les fesses à l’air, un gros plan sur le derrière de Bulma et cette dernière qui demande à Shenron qu’il lui fasse un fessier plus rebondissant. Présentant de nouveaux personnages très corrects, le film enfonce toutefois toujours plus Broly dans le ridicule, son design étant d’une laideur sans nom. Si les transformations Orange Piccolo et Sangohan Beast font leur petit effet, on se demande vraiment quand les scénaristes arrêteront de tirer sur la corde. Quant à Cell Max, il est tellement surfait que son retour n’était vraiment pas nécessaire dans ces conditions. Un film plaisant, à défaut d’être indispensable.

https://bleachmx.fr/wp-content/uploads/Dragon-Ball-Super-Cell-Max-Piccolo-Orange-Beast-Gohan-Final.png

Soudain dans la Nuit, de Ko Young-nam

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Date de sortie : 17 juillet 1981 (Corée du Sud),
6 septembre 2022 (réédition)

Réalisateur : Ko Young-nam
Acteurs principaux : Kim Young-ae, Yoon Il-bong, Lee Ki-seon, Hyun Hye-ri, Kim Geun-hie, Kim Min-gyu
Genre : Thriller, épouvante
Nationalité : Sud-coréen
Compositeur : Choi Jong-hyuk

 

L’avis d’Emmanuel

Une fascination inquiétante pour une étrange poupée.

Thriller horrifique coréen du tout début des années 80, Soudain dans la Nuit fait partie de la prolifique filmographique de Ko Young-nam. Ce dernier met en scène Kang Yu-jin et Seon-hee, un couple interprété par Kim Young-ae et Yoon Il-bong, qui accueille une jeune femme de chambre, Mi-ok, jouée par Lee Ki-seon. Fille d’une prêtresse chamane récemment tuée dans un incendie, elle ne se sépare jamais de sa poupée en bois, dont le regard perturbe Seon-hee. De plus, Kang Yu-jin étant très occupé par sa thèse sur les papillons, il veille tard la nuit, dort dans une autre pièce et semble délaisser son épouse.

Un reflet peut en cacher un autre.
Un premier plan révélateur du piège qui s’installe.

Véritable ambassadeur du savoir-faire coréen en matière de cinéma, Soudain dans la Nuit plonge le spectateur dans une ambiance angoissante, qui s’installe petit à petit dans ce qui s’apparente à une maison hantée par une poupée qui favoriserait l’apparition de mauvais esprits. Ko Young-man montre brillamment sa grande maîtrise de la caméra par des plans de travers et des travellings qui renforcent le caractère glauque des lieux. Outre une figurine représentant deux serpents formant le contour d’un cœur plusieurs fois mise au premier plan, le réalisateur use notamment d’un effet de kaléidoscope pour renforcer la paranoïa de Seon-hee.

L’art de ne pas tout montrer.
Un esprit maléfique bien réel.

Souffrante de cauchemars et de visions érotiques joliment retranscrites à l’écran, cette dernière s’imagine en effet que son mari la trompe et que Mi-ok veut la tuer pour prendre sa place dans sa propre maison. À travers des musiques soudaines et des regards percutants, Soudain dans la Nuit parvient efficacement à susciter l’effroi jusqu’à un final lorgnant davantage vers le fantastique. L’absence de doublages français n’empêche aucunement l’immersion, les dialogues en coréen étant en totale adéquation avec l’esprit de ce classique de l’épouvante.

 

L’avis de Nicolas

On connaît très bien le cinéma d’horreur japonais mais moins celui de la Corée du Sud. La ressortie dans une version restaurée de Soudain dans la Nuit de Go Yeong-nam permet de réparer cette injustice, et quel bon choix !

Le film se construit comme une paranoïa lente et progressive qui s’installe dans un couple bourgeois accueillant une jeune et belle domestique qui semble être obsédée par une statue ayant appartenu à sa mère. Cette statue et sa propriétaire vont très vite terrifier la maîtresse de maison, qui va plonger dans une folie destructrice.

Cette folie se manifeste dans un premier temps par l’usage d’un filtre par le cinéaste, qui représente l’intérieur d’un diamant. Cette expérimentation déglingue l’image comme si l’objectif était cassé depuis le début. Ce procédé assez fascinant nous met dans une posture angoissante car elle ne montre pas tout ce qui se déroule dans le plan et met en place une frustration. Face à cet usage, il ne reste qu’une question : où est la vérité ? Car cette déformation se manifeste souvent lorsque le point de vue de Seon-hee, l’épouse, est représenté. Ainsi, la représentation de la vérité est impossible et ne permet pas de soutenir la version des faits de cette dernière, qui semble être possédée par la folie.

Il faut attendre le dénouement assez impressionnant pour se rendre compte qu’il y a bien un problème avec la statue. Mais ce climax horrifique sert surtout de punition pour la protagoniste, qui avait élaboré un moyen de nuire à l’encontre de Mi-ok, la servante. Le dernier plan du film incarne alors un cynisme propre au résultat d’une malédiction et rappelle le cinéma d’horreur japonais.

Il faut donc découvrir Soudain dans la Nuit, qui est un véritable trésor cinématographique malgré les petites fautes de goût qui peuvent se manifester dans l’usage constant de ce procédé de déformation, qui s’incarne trop souvent de manière illogique par rapport au point de vue qu’il tente de représenter.

Sorti le 6 septembre 2022 aux éditions Carlotta.

Reservoir Dogs : les débuts de Quentin Tarantino

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Date de sortie : 2 septembre 1992 (1h35min)
Réalisateur : Quentin Tarantino
Acteurs principaux : Harvey Keitel, Tim Roth, Michael Madsen, Steve Buscemi, Lawrence Tierney, Chris Penn, Quentin Tarantino
Genre : Thriller
Nationalité : Américain
Compositeur : aucun (extraits de musiques des années 1970)

« D’accord pour donner un pourboire si on fait quelque chose qui le mérite. Si on m’offre un service en plus, je paierai un extra mais le pourliche qu’on paie automatiquement, ça c’est bidon. »

Film culte des années 90, Reservoir Dogs marque les débuts de Quentin Tarantino au cinéma d’une manière si efficace qu’il introduit déjà les thèmes chers au réalisateur et un style appuyé par des dialogues à l’écriture minutieuse, une narration non linéaire, des références à la pop culture, des scènes hautement esthétiques, un langage argotique et une violence particulièrement marquée. Le scénario décrit la préparation et les conséquences d’un braquage raté, chaque personnage tentant de savoir lequel a balancé les autres à la police. Le désordre des scènes creuse les méninges du spectateur et renforce l’intrigue d’une manière bien originale, notamment avec le générique du début qui survient après la première scène, s’apparentant davantage à un générique de fin avec les noms qui circulent de bas en haut sous la chanson « Little Green Bag » de George Baker. À la manière de L’Ultime Razzia de Stanley Kubrick, le film comporte en effet plusieurs flashbacks précisant la provenance de plusieurs personnages pour mieux dévoiler les clés de l’intrigue.

Un braquage qui tourne rapidement au drame.
« – Et toi, t’as tué du monde ? – Juste des flics. – Pas des vraies personnes ? – Juste des flics. »

Le casting regorge d’acteurs de talent que l’on retrouve dans les futurs films du réalisateur et Tarantino lui-même y joue le rôle secondaire de M. Brown. S’inspirant des Pirates du Métro de Joseph Sargent, Reservoir Dogs attribue à chaque personnage un nom à l’effigie d’une couleur pour conserver leur anonymat. Tandis qu’Harvey Keitel (Taxi Driver, La Dernière Tentation du Christ, Thelma et Louise) incarne le charismatique M. White, Michael Madsen (Les Doors, Wyatt Earp, Donnie Brasco) interprète le psychopathe M. Blonde, Tim Roth (Pulp Fiction, Rob Roy, Groom Service) le malchanceux M. Orange et Steve Buscemi (New York Stories, Darkside Les Contes de la Nuit Noire, Desperado) l’exubérant M. Pink, qui se fait charrier quand il demande pourquoi on lui a choisi cette couleur. Outre l’imposant Lawrence Tierney qui distribue les pseudonymes, Edward Bunker est étonnamment peu présent dans le rôle de M. Blue.

« – M. Brown, M. White, M. Blonde, M. Blue, M. Orange et M. Pink. – Et pourquoi M. Pink ? – Parce que t’es une pédale, okay ? »
Quand Tarantino frôlait à peine la trentaine…

Une des principes forces de Reservoir Dogs réside dans ses dialogues, les personnages parlant dès l’introduction de toutes sortes de sujets qui parviennent à susciter l’intérêt bien qu’ils soient détachés de l’intrigue principale. Le débat portant sur l’attribution d’un pourboire à la serveuse annonce le ton des répliques à venir et des plans de caméra valorisant le caractère de chaque protagoniste. On peut toutefois regretter que l’omniprésence du langage grossier, qui en arrive à caricaturer des personnages pourtant très bien écrits. Outre la mention des Quatre Fantastiques et la présence d’un poster du Surfer d’Argent, les références à la pop culture passent essentiellement par des musiques des années 70, parfois intradiégétiques. Outre la mention de « Like a Virgin » de Madonna pendant l’introduction, on peut entendre un extrait de « Hooked on a Feeling » du groupe suédois Blue Swede, et surtout  « Stuck in the Middle with You » de Stealers Wheel, en décalage total avec la scène de torture qui l’accompagne.

« Ça t’a plu autant que ça m’a plu ? Hey tu me reçois ? »
Une résistance à toute épreuve !

Marque de fabrique de Tarantino, l’extrême violence est tout d’abord soulignée par la blessure de M. Orange, sa chemise devenant d’un rouge toujours plus vif tout au long du film. Outre le multiples morts intervenant suite à des coups de feu, le passage le plus gore reste celui du sectionnement d’oreille par M. Blonde, le visage ensanglanté du policier apparaissant plusieurs fois en plein écran. Tandis que l’intrigue se dénoue petit à petit, Reservoir Dogs se termine par une mémorable impasse mexicaine non sans rappeler City on Fire de Ringo Lam, montrant ainsi l’inefficacité quasi-totale de leur braquage. Un premier essai de qualité ayant lancé la carrière d’un réalisateur de grand talent !

Pinocchio (1940) d’Hamilton Luske et Ben Sharpsteen

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Date de sortie : 23 février 1940 (États-Unis), 2 octobre 1946 (France)
Réalisateurs : Hamilton Luske et Ben Sharpsteen
Comédiens de doublage : Mark Lesser, Roger Carel, Teddy Bilis, Michel Roux, Pierre Garin, Pierre Collet, Évelyn Séléna
Genre : Animation
Nationalité : Américain
Compositeurs : Leigh Harline et Paul J. Smith (musique), Ned Washington (paroles)

« Quand on prie la bonne étoile… »

Deuxième classique d’animation des studios Disney, Pinocchio s’inspire du roman de Carlo Collodi pour faire de son personnage principal une marionnette héritière de la tradition italienne et de la commedia dell’arte. Le scénario prend place dans un petit village où le sculpteur sur bois Geppetto, vivant seul avec son chat Figaro et son poisson Cléo, fabrique la marionnette d’un petit garçon qu’il aimerait voir prendre vie. Symbolisant la bonne étoile évoquée dans la chanson d’introduction, la Fée Bleue exauce son souhait et demande à Pinocchio de bien se conduire s’il veut un jour devenir un vrai petit garçon. Personnage emblématique racontant le début du film, Jiminy Cricket s’abrite alors chez Geppetto et devient la conscience du petit pantin de bois, qui a tout à apprendre pour bien se conduire à l’extérieur.

Un personnage emblématique repris dans de nombreuses autres œuvres de Disney.
« Hi-diddle di di, à moi la vie d’artiste ! »

L’histoire de Pinocchio peut se définir comme un parcours initiatique dans lequel le héros doit effectuer les bons choix en découvrant le monde réel. Censé se rendre à l’école, il croise d’abord la route de Gédéon et Grand Coquin, un chat et un renard servant de premier obstacle qui le détourne du droit chemin. Se laissant piéger pour devenir acteur, il se retrouve dans la roulotte du marionnettiste Stromboli, caricature gitane de l’escroc par son attitude et ses gestes, mais également satire juive par les expressions de son visage et l’obsession qu’il voue à la richesse. Le thème de la sincérité fait alors surface tandis que Pinocchio se retrouve enfermé dans une cage, son nez s’allongeant proportionnellement aux mensonges qu’il raconte à la Fée Bleue.

Un premier aperçu du traitement que le scénario réserve aux enfants.

Terriblement sombre dans son traitement des enfants, le film passe un nouveau cap avec l’île enchantée, sur laquelle un cocher à l’allure peu recommandable emmène les enfants désobéissants pour qu’ils puissent s’amuser comme bon leur semble, boire des pintes de bière et fumer des cigares. Il y rencontre Crapule, un délinquant plus âgé pouvant rappeler le taquin Mickey Rooney dans le court métrage « Chasseur d’Autographes », qui met en scène Donald Duck. L’indocilité se concrétise alors par la transformation des enfants en ânes, dont le cocher et ses hommes arrachent les vêtements avant de les mettre en cage malgré leur souhait explicite de retrouver leur maison. Un effroyable traitement de l’esclavage repris de longues années plus tard dans Le Triomphe de Babar. Encore plus étonnant, le dernier passage du film se déroule dans le ventre d’une immense baleine nommée Monstro, Geppetto s’y retrouvant prisonnier avec ses deux compagnons. Un scénario tout aussi original que celui de « La Baleine qui voulait chanter au Met », court métrage faisant partie de la future compilation La Boîte à Musique.

« Vois-tu Pinocchio, c’est ainsi qu’un mensonge grandit, grandit… jusqu’à ce qu’il se voie comme le nez au milieu de la figure. »
Un antagoniste dont on n’a plus aucune nouvelle à la fin de l’aventure.

Véritable prouesse technique pour son époque, Pinocchio arbore une animation de grande qualité et est rythmé par des chansons devenues emblématiques comme « Un pantin de bois », « La Vie d’artiste » et surtout « Sans aucun lien ». Le film fait aussi appel à des comédiens de renom pour son doublage français de 1975, à commencer par Mark Lesser (Trunks, Broly et Gohan adulte dans Dragon Ball Z, Zoïzite dans Sailor Moon) pour Pinocchio, mais aussi Roger Carel (Timothée dans Dumbo, Kaa dans Le Livre de la Jungle, Persifleur dans Robin des Bois) pour Jiminy Cricket et Teddy Bilis (le Roi de Cœur d’Alice au Pays des Merveilles, M. Mouche dans Peter Pan, le sultan d’Aladdin) pour Geppetto.

Un personnage attachant par le sort qui lui est réservé.
Une violence rarement vue dans les productions Disney.

Espérant renouveler le succès de Blanche-Neige et les Sept Nains, Disney doit faire face à la Seconde Guerre mondiale et Pinocchio obtient des résultats mitigés au box-office, tout comme son successeur Fantasia, sorti quelques mois plus tard. Le film reçoit toutefois un grand succès d’estime avec les années ainsi qu’un héritage laissant réapparaître certains personnages dans d’autres œuvres. Si Figaro et Cléo sont réutilisés dans plusieurs courts métrages, Pinocchio et Grand Coquin effectuent un caméo dans la scène finale de Qui veut la Peau de Roger Rabbit ? tandis que Jiminy Cricket ressurgit comme narrateur dans Coquin de Printemps et en tant que fantôme des Noëls passés dans Le Noël de Mickey.

Un rendu gigantestque très réussi !

En 1996, Pinocchio est même adapté sur Super Nintendo, Mega Drive et Game Boy dans un jeu de plates-formes reprenant fidèlement le déroulement du dessin animé avec des phases de gameplay très variées. Il fait également partie des univers Disney à être exploité dans la saga Kingdom Hearts, que ce soit à l’intérieur du ventre de Monstro dans le premier épisode sur PlayStation 2 et sa suite sur Game Boy Advance, ou au Paradis des Garnements sur Nintendo 3DS. Il faut ensuite attendre 2022 pour une adaptation en prises de vue réelles réalisée par Robert Zemeckis, avec Tom Hanks dans le rôle de Geppetto et Luke Evans incarnant le cocher.

Les Chiens de Guerre, de John Irvin

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Date de sortie : 18 décembre 1980 (Australie),
28 janvier 1981 (France)

Réalisateur : John Irvin
Acteurs principaux : Christopher Walken, Tom Berenger, Colin Blakely, Ed O’Neill
Genre : Action, guerre
Nationalité : Américain
Compositeur : Groffrey Burgon

Une introduction qui explicite le passé des personnages.

Adaptation du roman éponyme de Frederick Forsyth par John Irvin (Le Contrat, Un Flic à Chicago, Robin des Bois), Les Chiens de Guerre place Christopher Walken (Voyage au Bout de l’Enfer, Dead Zone, Batman Returns) dans le rôle de Jamie Shannon, un mercenaire engagé pour assassiner le président de la république africaine fictive du Zangaro. Camouflé sous l’identité d’un ornithologue, il fait rapidement face au régime tyrannique du pays, passe par la case prison où il rencontre un ancien candidat à la présidence et se fait expulser pour mieux préparer un coup d’état.

Le quatuor infernal…
Tom Berenger n’est pas là pour y aller de main morte.

Malgré un déroulement assez convenu et un rythme qui peut laisser perplexe, Les Chiens de Guerre se dote d’une belle réalisation et de musiques pertinentes permettant de tenir le spectateur en haleine. Entre séquences d’action, explosions, morts et torture, le film témoigne d’une certaine violence pour mieux servir son propos. Accompagné par Tom Berenger (Platoon, Traquée, Né un 4 Juillet), Christopher Walken arbore un certain charisme, sublimé par le regard de tueur qu’il expose à la toute fin. Un film correct qui marque aussi une des premières apparitions d’Ed O’Neill au cinéma, un an avant Mariés, Deux Enfants.

« C’est très bon ça le regard méchant, ça paie toujours. » (Jean-Paul Rouve)

  • Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1
  • Classé ‏ : ‎ Tous publics
  • Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13.6 x 1.2 x 17.1 cm; 90 grammes
  • Réalisateur ‏ : ‎ John Irvin
  • Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope
  • Durée ‏ : ‎ 1 heure et 44 minutes
  • Date de réédition : 6 septembre 2022
  • Doublé : ‏ : ‎ Anglais, Français
  • Sous-titres : ‏ : ‎ Français
  • Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 2.0), Français (DTS-HD 2.0)
  • Studio  ‏ : ‎ L’Atelier d’Images
  • ASIN ‏ : ‎ B0B2TP627P
  • Pays d’origine ‏ : ‎ France

 

Esther 2 Les Origines, de William Brent Bell

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Date de sortie : 27 juillet 2022 (Philippines), 17 août 2022 (France)
Réalisateur : William Brent Bell
Acteurs principaux : Isabelle Fuhrman, Julia Stiles, Rossif Sutherland, Hiro Kanagawa
Genre : Thriller horrifique
Nationalité : Américain
Compositeur : Brett Detar

La sagesse incarnée…

Treize ans après un premier film des plus perturbants, Esther 2 Les Origines marque le retour inattendu d’Isabelle Fuhrman dans un préquel réalisé par William Brent Bell, qui avait déjà régalé les amateurs de films d’épouvante avec le diptyque The Boy. Il va sans dire que son visionnage n’est recommandé qu’après avoir déjà vu le précédent long métrage, le préquel dévoilant d’emblée toute son intrigue. Revenant sur son passage en hôpital psychiatrique avant son adoption dans une première famille, le film lorgne toujours du côté de l’horreur psychologique avec une tension palpable sublimée par de superbes plans sur le regard d’Esther, toujours à l’affût d’une manipulation.

Des plans sur le visage toujours aussi pertinents.
L’arrivée dans la famille.

De son vrai nom Leena Klammer, elle s’arrange pour usurper l’identité d’une petite fille disparue du nom d’Esther avant de s’infiltrer dans la famille de Tricia et Allen Albright, respectivement joués par Julia Stiles (Jason Bourne, Queens) et Rossif Sutherland. Assez déroutante avec son accent russe, Isabelle Furhman parvient à joliment renouveler son jeu d’actrice pour paraître tout aussi crédible et effrayante que dans le premier film. Afin de pimenter le scénario, Hiro Kanagawa (Elektra, Godzilla) y incarne également un inspecteur qui compte bien remettre en cause l’identité de la jeune femme.

Une complicité qui naît rapidement à travers la peinture.
Trouver plus cinglé que soit n’est jamais impossible…

/!\ SPOILERS /!\ Mais là où le film a de quoi surprendre, c’est dans sa tournure des événements concernant sa famille d’accueil, Tricia et son fils Gunnar s’avérant au moins aussi tordue qu’elle en ayant carrément tué la petite Esther par le passé pour rendre sa disparition crédible. Déconcertant, cette révélation inverse les rapports de force et octroie davantage d’humanité à l’héroïne. Malgré une fin un peu trop expéditive, Esther 2 parvient à faire efficacement le lien avec son prédécesseur tout en assurant une qualité proche de ce dernier.