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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Wicked : Parties I et II, de Jon Murray Chu

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Date de sortie : 20 novembre 2024 (Partie I),
19 novembre 2025 (Partie II)

Réalisateur : Jon M. Chu
Acteurs principaux : Ariana Grande-Butera, Cynthia Erivo, Jonathan Bailey, Ethan Slater, Marissa Bode, Michelle Yeoh, Jeff Goldblum
Genre : Fantastique, musical 

Nationalité : Américaine
Compositeurs : John Powell et Stephen Schwartz
Scénaristes : Winnie Holzmannote et Dana Fox
Société de production : Marc Platt Productions
Budget : 150
millions de dollars

 

Wicked Partie I

 

« Les gens naissent-ils méchants ? Ou la méchanceté leur est-elle imposée ? »

Préquel du Magicien d’Oz réalisé par Jon M. Chu (GI Joe Conspiration, Jem et les Hologrammes, Insaisissables 2), Wicked constitue une adaptation du premier acte de la comédie musicale éponyme de Stephen Schwartz et Winnie Holzman débutée à Broadway en 2003, elle-même basée sur le roman de Gregory Maguire sorti en 1996. Le scénario est centré sur le passé d’Elphaba, jeune femme née avec une peau verte sous les traits de Cynthia Erivo (Les Veuves, Pinocchio) venue accompagner sa sœur paraplégique pour son entrée à l’université. Elle se retrouve vite en concurrence avec Galinda, jeune blonde d’une grande popularité interprétée par Ariana Grande (Zoolander 2, Don’t Look Up Déni Cosmique).

Des animaux particulièrement bien animés.
Des chorégraphies très réussies !

Jouée par Michelle Yeoh (Everything Everywhere All at Once, Avatar La Voie de l’Eau, Mystère à Venise), la doyenne des études de sorcellerie Madame Morrible réalise l’étendue des pouvoirs d’Elphaba et tente de la prendre sous son aile pour qu’elle puisse un jour assister le magicien d’Oz, brillamment incarné par Jeff Goldblum (La Mouche, Indépendance Day, Jurassic World Le Monde d’Après). Devenant rapidement le bouc émissaire de l’université à cause de son apparence et de la peur engendrée par ses maladresses, Elphaba finit par se lier d’amitié avec Galinda bien que tout les oppose.

Une écriture de qualité pour des séquences d’anthologie.
Un duo des plus charismatiques.

Très bien réalisé et pourvu de jolis décors fantastiques, Wicked rappelle partiellement Harry Potter pour son école autour de la magie et contrairement aux Animaux Fantastiques, il parvient à développer une intrigue et à maintenir un bon rythme tout au long de ses deux heures trente. La remise en question du manichéisme y est intelligemment introduite, entre Galinda qui se comporte comme une écervelée, Elphaba qui est d’emblée présentée comme mauvaise et l’escroquerie autour du magicien. Film musical de grande qualité, il est parsemé de nombreuses chansons entièrement doublées en français. Un bon classique dont on attend impatiemment la suite !

 

Wicked Partie II

 

Un mariage qui pourrait bien ne pas arriver à son terme.

Adaptation du deuxième acte de la comédie musicale, Wicked Partie II prend place alors qu’Elphaba est considérée comme la Méchante Sorcière de l’Ouest depuis son opposition au magicien. Tandis que Glinda est au contraire devenue la figure populaire du pays d’Oz, Fiyero s’apprête à se marier avec cette dernière après avoir été nommé capitaine de la garde du magicien. Le scénario interroge plus que jamais le manichéisme avec la propagande autour d’Elphaba, célébrée dès la première chanson du film. On retrouve les personnages habituels dont Nessarose Thropp, discrètement appelée « la Méchante Sorcière de l’Est » lors d’un passage.

Une collaboration qui ne saurait durer.

Toujours bien réalisé et pourvu de chansons qualitatives, le film cherche à expliquer les événements qui ont conduit à l’histoire du Magicien d’Oz en reprenant des choix scénaristiques étonnants de la comédie musicale. On y trouve notamment une mise en scène expéditive où Elphaba fait mine de mourir après avoir reçu un seau d’eau par l’ombre de Dorothy Gale. Ce n’est d’ailleurs pas le seul personnage du roman à apparaître étant donné qu’on voit le lieu peureux délivré dans le précédent film, Boq Woodsman qui devient l’Homme en fer-blanc et Fiyero l’Épouvantail.

Une confrontation inéluctable.
Une antagoniste qui aurait mérité une fin plus poignante.

Elphaba ayant finalement pu fuir car toujours vivante aux côtés de ce dernier, la comédie musicale comme le film cherchent à montrer que l’histoire est écrite par les vainqueurs et que les méchants ne sont pas toujours ceux qu’on croit, le peuple ayant toujours besoin qu’on lui montre un bouc émissaire crédible. Si l’on peut déplorer l’absence d’un réel affrontement contre Madame Morrible, véritable antagoniste de l’histoire, il est également étrange que le scénario empiète autant sur celui du Magicien d’Oz, comme si le film cherchait à le réinterpréter en partie.

Sonic 3 : le hérisson toujours en forme ?

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Date de sortie : 20 décembre 2024 (États-Unis), 25 décembre 2024 (France)
Réalisateur : Jeff Fowler
Acteurs principaux : Jim Carrey, James Marsden, Tika Sumpter, Krysten Ritter, Alyla Browne
Genre : Comédie, action, animation
Nationalité : Américaine
Compositeur : Tom Holkenborg
Scénaristes : Patrick Casey, Josh Miller et John Whittington
Sociétés de production : Blur Studio, Original Film, Paramount Pictures, Marza Animation Planet et Sega Enterprises Ltd.
Budget : 122 millions de dollars

Le nouveau trio face à une nouvelle menace.

Sorti quelques mois après la très dispensable série Knuckles, Sonic 3 reste dans la droite lignée de ses prédécesseurs en offrant un spectacle dynamique saupoudré d’humour et d’effets spéciaux. Coulant des jours paisibles auprès de Tom et Maddie, le hérisson bleu fait face à une nouvelle menace avec l’arrivée de Shadow, alter ego capable de flotter dans les airs et de se téléporter à grande vitesse, qui se trouve libéré de la prison où il était retenu depuis une cinquantaine d’années. Sonic, Tails et Knuckles forment alors le trio idéal pour en venir à bout tandis que les créations du Docteur Robotnik sont étrangement détournées.

Shadow the Hedgehog !
Jim Carrey toujours à fond !

Divertissement toujours aussi efficace, Sonic 3 comporte un casting similaire au sein duquel Krysten Ritter (Confessions d’une Accro du Shopping, Big Eyes, El Camino) vient rejoindre les habituels James Marsden et Tika Sumpter en tant que capitaine Rockwell. Jim Carrey est plus que jamais à l’honneur car en plus d’Ivo Robotnik, il apparaît également sous les traits de son grand-père Gerald, issu tout comme Shadow de Sonic Adventure 2, sorti en 2001 sur Dreamcast. L’occasion d’une collaboration inédite rajoutant un grain de folie à un scénario qui n’en manquait pourtant pas.

Un duo de mauvais augure.
Un background appréciable qui redonne de l’intérêt à l’intrigue.

Correctement réalisé, ce troisième film réunit tous les ingrédients de la bonne comédie familiale sans tomber dans le fan service gratuit. /!\ SPOILERS /!\ Prenant de bout en bout, il apporte même une petite touche dramatique avec des flashbacks mettant en scène Maria, petite-fille décédée de Gerald Robotnik. Moins nombreux que dans Sonic 2, les clins d’œil restent présents avec un duo auquel il était difficile d’échapper entre Super Sonic et Super Shadow. Jouant parfaitement son rôle d’adaptation pop-corn, Sonic 3 tease déjà le prochain volet en dévoilant la présence de Metal Sonic et Amy Rose dans la scène inter-générique.

 

Maman j’ai raté l’Avion : un film cultissime sublimé par sa suite

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Maman, j’ai raté l’Avion

 

Date de sortie : 16 novembre 1990 (États-Unis), 19 décembre 1990 (France)
Réalisateur : Chris Columbus
Acteurs principaux : Macauly Culkin, Joe Pesci, Daniel Stern, John Heard, Catherine O’Hara, Roberts Blossom, John Candy
Genre : Comédie
Nationalité : Américaine
Compositeur : John Williams
Scénariste : John Hughes
Sociétés de production : Hughes Entertainment, présenté par 20th Century Fox
Budget : 18 millions de dollars

La maison iconique des McCallister.

Comédie de Noël parmi les plus culte des années 1990, Maman j’ai raté l’Avion place Macaulay Culkin (My Girl, Richie Rich, Richard au Pays des Livres Magiques) dans la peau de Kevin McCallister, enfant de huit ans qui se retrouve seul chez lui alors que ses proches se sont envolés pour des vacances parisiennes. Réalisé par Chris Columbus (Madame Doubtfire, L’Homme Bicentenaire, Harry Potter à l’École des Sorciers), il dépeint les habitudes des membres d’une grande famille américaine avec beaucoup d’humour la veille de leur départ, ces derniers déambulant à presque vingt dans l’emblématique maison de la banlieue de Chicago.

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Les cris face à l’écran typiques des années 90.
« Jamais je n’accepterai que tu dormes dans mon pieux, même si tu me léchais les pieds, c’est clair ? »

Le casting se compose notamment de John Heard (CHUD, Big, Dans la Ligne de Mire) et Catherine O’Hara (After Hours, Beetlejuice, Wyatt Earp) pour Peter et Kate McCallister, les parents de Kevin. De leur côté, Joe Pesci (Raging Bull, L’Arme Fatale 2, Les Affranchis) et Daniel Stern (CHUD, Frankenwinnie, Very Bad Things) incarnent Harry et Marvin, deux bandits projetant de piller l’ensemble des maisons pendant l’absence des habitants. S’ajoutent à eux Roberts Blossom (L’Évadé d’Alcatraz, Always, Mort ou Vif), qui interprète le père Marley, voisin à la sinistre réputation, ainsi que John Candy (Splash, La Folle Histoire de l’Espace, Rasta Rockett) pour un petit rôle de musicien.

« Tu peux garder la monnaie, ça ne me dérange pas ! »
Une sous-intrigue plus que bienvenue.

Reposant une bonne partie de son humour sur l’énormité de la situation, Maman j’ai raté l’Avion multiplie les gags typiques de son époque avec des cris en plein écran, un enfant de huit ans qui se débrouille seul chez lui en plus d’avoir une tchatche pas possible et des parents qui se confrontent aux joies de la bureaucratie alors qu’ils cherchent un vol pour rentrer. De très bonne facture, les dialogues laissent une belle place au langage cru et aux punchlines, y compris lors de la scène fictive des Anges aux Âmes Impures, parodie du film de gangster des années 1930 Les Anges aux Figures Sales. Sa réutilisation lors de la visite du livreur de pizza et d’un des voleurs symbolise à elle seule toute la pertinence de l’absurdité du scénario. Séquence la plus connue de toutes, la défense de la maison piégée regorge quant à elle de gags tous aussi inventifs les uns que les autres entre la poignée incandescente, le lancer de pots de peinture et la tarentule sur le visage.

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Des gags qui s’enchaînent à tire-larigot !
La maison aux mille dangers !

En parallèle de l’aspect comique se dégage également le thème de la séparation et des retrouvailles familiales. Parsemé de musiques touchantes composées par John Williams (Indiana Jones et la Dernière Croisade, Né un 4 Juillet, Hook), le film propose une réflexion sur la solitude et le sens du pardon, notamment avec la figure du père Marley, qui finit par retrouver son fils dans un grand moment d’émotion. Les musiques à connotation religieuse respirent aussi l’esprit de Noël, Maman j’ai raté l’Avion ayant fortement popularisé le chant ukrainien « Chtchedryk » de Mykola Léontovytch. Auréolé d’une réalisation des plus efficaces, il s’impose alors comme un des films de Noël les plus emblématiques de son époque.

 

Maman,
j’ai encore raté l’Avion

 

Date de sortie : 20 novembre 1992 (États-Unis), 16 décembre 1992 (France)
Réalisateur : Chris Columbus
Acteurs principaux : Macauly Culkin, Joe Pesci, Daniel Stern, Tim Curry, Rob Schneider, Brenda Fricker, Eddie Bracken
Genre : Comédie
Nationalité : Américaine
Compositeur : John Williams
Scénariste : John Hughes
Sociétés de production : Hughes Entertainment, présenté par 20th Century Fox
Budget : 2
8 millions de dollars

Une famille toujours aussi soudée !

Suite directe sortie deux ans plus tard, Maman j’ai Encore raté l’Avion prend place le Noël suivant avec une famille McCallister toujours aussi débordée qui s’apprête à partir à Miami. Reprenant volontairement la structure de son prédécesseur, le film esquive efficacement le piège du copier-coller avec une formule qui laisse parfois croire que tout va se dérouler de la même manière. Il s’agit en réalité d’un leurre, et ce dès les premiers instants avec une mise en scène qui amène à penser que Kevin a encore été oublié alors qu’il n’en est rien. Mais dans la précipitation à l’aéroport, ce dernier suit une personne qu’il croit être son père et s’envole malencontreusement pour New York. Ayant conservé le sac de son père ainsi que sa carte de crédit, il visite alors la ville et s’offre carrément une chambre au prestigieux Plaza Hotel.

La plus belle des équipes de vainqueurs !
« Sors tout de suite de là sale petit pervers ou je te flanque la baffe du siècle ! »

Toujours réalisé par Chris Columbus et rythmé par les musiques de John Williams, Maman j’ai Encore raté l’Avion conserve un casting de haut niveau avec les comédiens principaux qui reprennent tous leurs rôles. Le film gagne toutefois fortement en intérêt grâce à la présence de Tim Curry (Legend, À la Poursuite d’Octobre Rouge, Ça – Il est revenu), qui incarne un concierge suspicieux au sourire railleur savoureusement dérangeant. Il est secondé par Dana Ivey (Bons Baisers d’Hollywood, La Famille Addams, Nuits Blanches à Seattle) et par Rob Schneider (Demolition Man, Judge Dredd, Piège à Hong Kong) dans l’un de ses tous premiers rôles. On trouve aussi le propriétaire du magasin de jouets Monsieur Duncan, marquant un des derniers rôles d’Eddie Bracken, ainsi qu’un célèbre caméo de Donald Trump, à l’époque propriétaire du Plaza Hotel.

« Salut, camarade ! »
How could you not like Curry?
Un sourire de psychopathe comme seul Tim Curry sait le faire !

Parmi les meilleures suites de films de son époque, Maman j’ai Encore raté l’Avion parvint à sublimer la formule du premier film en amplifiant la portée de nombreuses situations. On y retrouve les mêmes types de gags dans le contexte d’une immense ville en lieu et place du semi huis clos que constitue la maison des McCallister. Le scénario va toujours plus loin dans les improbabilités alors que Kevin tombe nez à nez avec Harry et Marvin, qui viennent tout juste de s’échapper de prison pour se retrouver dans exactement le même quartier. Si la défense de la maison en travaux de son oncle enchaîne les pièges avec une violence parfois proches d’un Mortal Kombat, le passage le plus exquis reste celui où Kevin se sert d’un nouvel extrait des Anges aux Âmes Impures pour ridiculiser le personnel de l’hôtel. Une scène d’une absurdité magistrale qui souligne parfaitement le grand talent de Tim Curry, dont les différents faciès se savourent sans modération.

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« Mets-toi à genoux et dis-moi que tu m’aimes ! »
Fatality !

De la même manière que son prédécesseur, le film va au-delà de la simple comédie familiale en proposant des moments touchants porteurs des valeurs de l’esprit de Noël. Le personnage de Kevin montre qu’il murit dans sa conversation avec Monsieur Duncan, qui lui offre deux colombes symboliques avant de permettre à sa famille de passer un Noël couvert de magnifique cadeaux. Logiquement absent du scénario, le père Marley laisse alors sa place à une dame aux pigeons interprétée par Branda Fricker, avec qui il se lit d’amitié avant de lui remettre un des oiseaux. Concluant un diptyque ayant marqué toute une génération, Maman j’ai Encore raté l’Avion s’impose aisément comme un des films de Noël les plus intenses de l’histoire.

Mufasa Le Roi Lion, de Barry Jenkins

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Mufasa : Le Roi Lion - Film 2024 - AlloCinéDate de sortie : 18 décembre 2024 (1h 58min)
Réalisateur : Barry Jenkins
Comédiens de doublage : Tahar Rahim, Gwendal Marimoutou, Jamel Debbouze, Alban Ivanov, Daniel Kamwa, Rayane Bensetti, Anne Sila
Genre : Aventure
Nationalité : Américaine
Compositeurs : Dave Metzger, Nicholas Britell et Pharrell Williams
Scénariste : Jeff Nathanson
Sociétés de production : Walt Disney Pictures et Pastel Productions
Budget : 200
 millions de dollars

Simba et sa fille Kiara.

Préquel de l’adaptation en images de synthèse du Roi Lion sortie en 2019, Mufasa Le Roi Lion lève le voile sur le passé du père de Simba dans une toute nouvelle histoire racontée par Rafiki à Kiara, qui marque la première apparition de cette dernière dans un long métrage d’animation depuis Le Roi Lion 2. Semblable à celui du Petit Dinosaure, le scénario montre plusieurs troupeaux vivant dans des zones arides à la recherche d’une terre luxuriante, qui s’avère être la future Terre des Lions. D’abord enfant, Mufasa se retrouve séparé de ses parents et sauvé par Taka, un autre lionceau avec qui il se lie d’amitié.

La rencontre de deux frères.
Un antagoniste assez lisse mais non sans charisme.

On suit alors les mésaventures des deux personnages, d’abord enfants puis jeunes adultes, rapidement confrontés à un troupeau de lions blancs menés par Kiros, antagoniste qui cherche à régner sur ses semblables. Opérant un parallèle bienvenu entre passé et présent avec Kiara et Mufasa qui s’inquiètent pour leurs parents respectifs, le film traite des thèmes de la trahison et de ce qui fait la valeur de devenir roi. Tandis que le jeune Rafiki guide les héros vers l’arbre qu’il a aperçu dans ses rêves, Sarabi et Zazu s’invitent dans le récit, accompagnés par les commentaires de Timon et Pumbaa.

Sur le chemin de la Terre des Lions.
Un personnage touchant qui casse d’autant plus le manichéisme.

Personnage phare de Mufasa Le Roi Lion, Taka est présenté comme un être sensible pouvant provoquer l’empathie, blessé par la préférence de Sarabi pour son frère, et dont la lâcheté le conduit à le trahir avant de regretter son geste. Recevant sa cicatrice en sauvant une nouvelle fois Mufasa malgré sa rancœur, il n’adopte le nom de Scar qu’à la toute fin et effectue plusieurs clins d’œil au Roi Lion en agrippant Mufasa. Pourvu d’une réalisation mieux maîtrisée que son prédécesseur, le film est également porté par de superbes reprises musicales des compositions d’Hans Zimmer, dont les variations font directement écho aux passages les plus intenses du film de 1994. On trouve aussi des chansons de qualité comme « Moi qui rêvais d’avoir un frère », « Bye bye », « Il n’y a qu’un roi » et « La trahison ».

De très jolis paysages.
Un environnement neigeux très présent.

Du côté des doublages, Jean Reno et Michel Lerousseau laissent leur place à Tahar Rahim et Gwendal Marimoutou pour Mufasa et Scar. Rayane Bensetti, Anne Sila, Jamel Debbouze, Alban Ivanov et Daniel Kamwa reprennent quant à eux leurs doublages de Simba, Nala, Timon, Pumbaa et Rafiki. Tandis qu’Aurélie Konaté (Ralph 2.0, As Dusk Falls, Wish Asha et la Bonne Étoile) assure la voix de Sarabi, Zazu est cette fois-ci interprété par Alexis Tomassian (La Bande à Dingo, The Batman, Death Note). Terminant sur la naissance de Kion, petit frère de Kiara protagoniste de la série animée La Garde du Roi Lion, Mufasa Le Roi Lion s’impose comme un préquel très appréciable pour tout amateur de la Terre des Lions.

Juré N°2, un verdict de Clint Eastwood

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Date de sortie : 30 octobre 2024 (1h 54min)
Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs principaux : Nicholas Hoult, Toni Collette,
J. K. Simmons, Zoey Deutch, Kiefer Sutherland, Chris Messina, Gabriel Basso

Genre : Thriller
Nationalité : Américaine
Compositeur : Mark Mancina
Scénariste : Jonathan Abrams
Sociétés de production : Dichotomy, Gotham Group et Malpaso Productions
Budget : 35 millions de dollars

Un protagoniste pris au piège de ses propres actes.

Toujours en forme du haut de ses quatre-vingt-quatorze ans, Clint Eastwood (Et pour Quelques Dollars de Plus, Le Cas Richard Jewell, Cry Macho) propose déjà son quarante-et-unième film avec Juré N°2, thriller juridique dans lequel Nicholas Hoult (Mad Max Fury Road, Le Menu, Nosferatu) incarne Justin Kemp, citoyen américain sélectionné comme juré dans un procès pour meurtre. Futur père de famille et jeune mari relativement stable malgré un passif avec l’alcool, il se retrouve confronté à un important dilemme lorsqu’il réalise qu’il est possiblement à l’origine du crime dont il est question.

Un procès intense brillamment mené par Toni Collette.
JK Simmons toujours très bon dans ses seconds rôles.

À la manière d’autres classiques comme La Fille au Bracelet mais dans un style bien différent, le film place alors le spectateur comme juré tentant de trouver la vérité tandis que l’intrigue amène progressivement des indices, notamment via des flashbacks, qui ne font qu’amplifier le doute. Réalisé d’une main de maître, il compte d’autres acteurs brillants comme JK Simmons (la trilogie Spider-Man, Terminator Genisys, La La Land) qui interprète un juré ayant travaillé dans la police, ainsi que Toni Collette (À Couteaux Tirés, Nightmare Alley, Mickey 17), procureure qui compte bien remporter le procès. Francesca Eastwood (Jugé Coupable, Jersey Boys, Old), fille du réalisateur, y a également un petit rôle.

Jusqu’où aller pour faire innocenter l’accusé ?
Un couple au bord de l’éclatement.

Menant à réfléchir sur le sens de la justice et les intérêts personnels, Juré N°2 constitue également une critique du système judiciaire, pointant du doigt un peuple accusateur qui cherche le premier bouc émissaire venu ainsi que les chamailleries pouvant exister entre avocat et procureur, qui passeraient presque pour un vieux couple. Évoquant de surcroît la déformation professionnelle à travers les vieilles habitudes de l’ancien policier, il provoque également l’empathie du personnage principal, dont le sentiment de culpabilité se noie dans un suspense renforcé par l’intensité des musiques. Un très bon film du genre !

Stay Hungry, de Bob Rafelson

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Date de sortie : 10 mai 1976 (Brésil),
5 avril 1978 (France)

Réalisateur : Bob Rafelson
Acteurs principaux : Jeff Bridges, Sally Field, Arnold Schwarzenegger, Robert Golden Armstrong, Robert Englund
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Américaine
Compositeurs : Byron Berline et Bruce Langhorne
Scénariste : Bob Rafelson
Producteurs : Bob Rafelson et Harold Schneider
Budget : 5 millions de dollars

Un partenariat de choc !

Troisième film mettant en scène Arnold Schwarzenegger (Conan le Barbare, Terminator, Batman & Robin) après Hercule à New York et Le Privé, Stay Hungry place le chêne autrichien dans la peau de Joe Santo, culturiste qui s’entraîne pour la compétition de Mister Univers dans un gymnase convoité par Craig Blake, agent immobilier incarné par Jeff Bridges (Le Canardeur, King Kong, Tron). Ce dernier tient en réalité le premier rôle aux côtés de Sally Field (Jamais sans ma Fille, Madame Doubtfire, Forrest Gump), qui interprète la réceptionniste du club, et accessoirement l’ancienne amante de Joe, pour laquelle Craig s’éprend.

Une fâcheuse tendance à se déguiser en « Batman »…
Schwarzenegger encore en plein dans ses années culturisme !

Contemporain de Taxi Driver, Carrie au Bal du Diable ou encore Rocky, Stay Hungry se pare d’une réalisation très correcte mais son scénario peine à convaincre tant il s’y déroule peu d’événements intéressants, entre la soirée au country-club et la course-poursuite des culturistes dans les rues. Mettant en scène d’autres personnalités connues comme Robert Englund (Les Griffes de la Nuit, Le Fantôme de l’Opéra), le film ne comporte aucun doublage français mais il s’agit du tout premier dans lequel on peut entendre la véritable voix de Schwarzenegger, ce dernier ayant été précédemment doublé à cause de son fort accent autrichien. Bien qu’il ait obtenu le Golden Globe de la révélation masculine en 1977, Stay Hungry reste une simple curiosité à regarder une fois pour connaître les débuts de l’acteur.

Disponible depuis le 15 novembre 2024 chez Bubbel Pop Edition !

Contenu de l’édition :

  • Joanna Cassidy se souvient de Stay Hungry (12 min.)
  • La femme Alpha (6 min.)
  • Arnold devient Schwarzy, par Samuel Blumenfeld (16 min.)
  • La fin du nouvel Hollywood, par Jean-Baptiste Thoret (42 min.)
  • Inclus le livre VIVRE DANGEREUSEMENT par Christophe Chavdia (100 pages)

Format : Mediabook combo Blu-ray + DVD
Audio :  Anglais Dual Mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h42
Zone : B

Anora, palme d’or de Sean Baker

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Date de sortie : 17 octobre 2024 (Russie),
30 octobre 2024 (France)

Réalisateur : Sean Baker
Acteurs principaux : Mikey Madison, Mark Eydelshteyn, Youri Borissov, Karren Karagulian, Vache Tovmasyan, Ivy Wolk
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Américaine
Compositeur : Matthew Hearon-Smith
Scénariste : Sean Baker
Sociétés de production : Cre Film et FilmNation Entertainment
Budget : 6 millions de dollars

Le début d’une longue idylle !

Réalisé par Sean Baker (The Florida Project, Red Rocket) et lauréat de la palme d’or 2024, Anora se présente comme une comédie dramatique dans laquelle Mikey Madison (Once Upon a Time in Hollywood, Scream) incarne une stripteaseuse de Brooklyne dont la vie bascule lorsqu’elle rencontre Ivan, fils d’un oligarque russe auquel elle s’attache et qu’elle finit par épouser à Las Vegas pour échapper à sa situation peu reluisante. Alors que la nouvelle fait le tour des réseaux sociaux, les parents d’Ivan s’empressent de partir pour New York avec la ferme intention de faire annuler leur mariage.

Un couple (presque) inséparable.
Une insouciance non sans rappeler celle du Loup de Wall Street.

Semblable à un Cendrillon des temps modernes, Anora se démarque par la qualité de sa réalisation et l’interprétation de Mickey Madison, épatante de bout en bout, le reste du casting étant composé de nombreux acteurs russes dont Youri Borissov, connu pour avoir incarné Mikhaïl Kalachnikov dans son biopic en 2020. Pourvu d’une esthétique particulière entre les allusions sexuelles, l’introduction focalisée sur des fesses qui se dandinent et la violence marquée de certains passages, le film multiplie les scènes comiques et dérangeantes tandis que le scénario ne va pas forcément là où on l’attend.

Un scénario qui sait surprendre.
Une douloureuse redescente sur Terre.

Une gigantesque partie de cache-cache s’installe alors entre ceux qu’on appelle désormais « Ani » et « Vanya » pendant que le scénario effectue une vive critique de l’éducation donnée aux jeunes riches, allant bien au-delà d’une simple satire du mariage. L’héroïne est avant tout présentée comme la victime d’un système profondément conservateur et son langage cru offre une immersion totale, les doublages français s’avérant être de très bonne facture. Surprenant jusqu’à une fin soudaine venant clore un parcours marqué par la souffrance, Anora excelle dans son propos malgré quelques longueurs.

Mortal Kombat Legacy, de Kevin Tancharoen

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Date de sortie : 11 avril 2011 (saison 1),
26 septembre 2013 ( saison 2)

Réalisateur : Kevin Tancharoen
Acteurs principaux : Michael Jay White, Darren Shahlavi, Ian Anthony Dale, Cary-Hiroyuki Tagawa, Mark Dacascos
Genre : Arts martiaux, fantastique
Nationalité : Américaine
Compositeurs : Tyler Weiss, Dane DeViller et Christopher Alan Lee
Scénaristes : Kevin Tancharoen, Todd Helbing, Aaron Helbing, Josh Baizer et Marshall Johnson
Sociétés de production : NetherRealm Studios, Warner Bros. Interactive Entertainment et Warner Premiere Digital
Budget : 7 500 dollars

Jax, un des principaux personnages mis en avant.

Alors que la saga s’apprête à effectuer un nouveau départ sur PlayStation 3 et Xbox 360 en 2011, une web-série est lancée par Kevin Tancharoen, qui était déjà derrière le court métrage Mortal Kombat Rebirth l’année précédente. Intitulée Mortal Kombat Legacy, elle tente une approche plus moderne et réaliste du scénario le long de neuf épisodes présentant l’histoire des personnages principaux avant même que le royaume Terre soit menacé par Outremonde. La première saison commence alors par la traque de Kano, sous les traits de Darren Shahlavi (Alone in the Dark, Ip Man 2, Kickboxer Vengeance), par Sonya, Stryker et Jax, ce dernier étant joué par Michael Jay White (Universal Soldier, The Dark Knight, Mort Subite 2).

Le futur œil bionique de Kano.
Kitana et sa sœur ennemie.

Tandis que la tombée en désuétude des films de Johnny Cage est montrée d’une manière assez mélancolique, on suit l’histoire de Kitana et Mileena, élevées par Shao Kahn aux côtés de Sindel, Baraka et Shang Tsung effectuant aussi une apparition. Si Raiden perd étrangement ses pouvoirs en arrivant sur Terre au beau milieu d’un asile psychiatrique, Ian Anthony Dale (Very Bad Trip, Tekken, Sleeping Dogs) incarne Scorpion face à Sub-Zero pendant que Cyrax et Sektor s’apprêtent à être robotisés auprès d’Hydro, une machine très proche de Cyber Sub-Zero.

Les incontournables Scorpion et Sub-Zero.
Une affiche de saison 2 d’un goût particulier !

Efficacement mise en scène et pourvu de jolis effets spéciaux (la famille d’Hanzo gelée par les Lin Kuei), Mortal Kombat Legacy propose une transposition innovante de l’univers de la saga. Les passages animés donnent un cachet certain à la réalisation tandis que des clins d’œil au scénario sont présents dans chaque épisode. On voit ainsi pourquoi Kano se fait greffer un œil bionique, comment les bras de Jax deviennent inutilisables ou encore que c’est bien Quan Chi qui se fait passer pour Sub-Zero. Si le roi Jerrod est présent pour mieux accentuer le passé de Kitana, l’histoire de Johnny Cage a l’originalité d’être présentée sous la forme d’un reportage dans lequel Ed Boon, créateur de la saga, effectue un caméo dans le rôle du producteur Ed Goodman.

Liu Kang en mode rebelle !
Kung Lao, incarnation de la sagesse.

Sortie deux ans plus tard, la seconde saison poursuit étonnamment la lancée de la précédente avec dix épisodes venant creuser le passé de certains personnages en lieu et place du tournoi Mortal Kombat. Connaissant un important revirement de casting, la série ne conserve qu’Ian Anthony Dale et Samantha Tjhia pour les rôles de Scorpion et Kitana tandis que Sonya, Jax et Kano ne réapparaissent plus. Parmi les nouveaux venus, Liu Kang est présenté comme tueur à gages sous les traits de Brian Tee (Wolverine Le Combat de l’Immortel, Jurassic World, Ninja Turtles 2) suite à l’assassinat de sa fiancée. Interprété par Mark Dacascos (Double Dragon, Crying Freeman, Le Pacte des Loups), Kung Lao tente de le raisonner avant qu’il ne se fasse recruter par Shang Tsung, cette fois-ci incarné par Cary-Hiroyuki Tagawa (Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin, Dans les Griffes du Dragon Rouge, Soleil Levant), qui reprend alors son rôle dix-huit ans après le premier film de la saga.

Le clan du Shirai Ryu d’où provient Scorpion.
Un coup de vieux certain pour Cary-Hiroyuki Tagawa.

Le casting est aussi complété par Kenshi, qui se fait crever les yeux par Ermac avant de la vaincre par une fatalité, tout comme Kitana se retourne contre Mileena en lui tranchant la tête. Un des arcs narratifs les plus prenants reste celui d’Hanzo qui, pour protéger sa famille, se retrouve contraint de blesser mortellement Kuai Liang, joué par Harry Shum Jr (Tigre & Dragon 2, Everything Everywhere All at Once). Bien qu’il renoue une amitié d’enfance avec Bi-Han pour conclure une trêve entre leurs clans en guerre, il finit néanmoins par le tuer suite au massacre de sa famille, en copiant sa fatalité qui consiste à arracher la tête et la colonne vertébrale. Prévue pour être poursuivie dans une saison 3 devant entre autres faire apparaître Kabal, Mortal Kombat Legacy reste avortée depuis de longues années. Elle constitue toutefois une interprétation des plus singulières de l’univers de la saga qui aurait gagné à être approfondie dans un projet plus ambitieux.

Terminator, saga phare d’Arnold Schwarzenegger

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Terminator

 

Date de sortie : 26 octobre 1984 (Canada),
24 avril 1985 (France)

Réalisateur : James Cameron
Acteurs principaux : Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Michael Biehn, Paul Winfield, Lance Henriksen
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américaine
Compositeur : Brad Fiedel
Scénaristes : James Cameron et Gale Anne Hurd
Sociétés de production : Hemdale Film Corporation, Pacific Western Productions, Euro Film Funding et Cinema 84
Budget : 6,4 millions de dollars

« Belle soirée pour une balade. »

Grand classique de la science-fiction des années 1980, Terminator constitue le premier film majeur de James Cameron (Piranha 2, True Lies, Titanic), une œuvre ayant marqué son époque pour ses thématiques du voyage dans le temps et du danger des robots créés grâce aux progrès de l’intelligence artificielle. Prenant place à Los Angeles en 1984, il met en scène un cyborg, le Terminator, venu de l’an 2029 pour tuer Sarah Connor, jeune femme dont l’enfant à naître John Connor est sur le point de sauver l’humanité dans le futur. Brillamment interprété par Arnold Schwarzenegger (Stay Hungry, Conan le Barbare, Batman & Robin), ce modèle de robot bien difficile à différencier des humains cherche à supprimer une par une les trois Sarah Connor de l’annuaire pour être sûr d’accomplir sa mission. Afin de contrer cette dangereuse menace, Kyle Reese, un résistant humain joué par Michael Biehn (Aliens Le Retour, Abyss), est envoyé à la même époque par John Connor lui-même pour protéger sa mère et trouver un moyen d’anéantir le robot.

« Sarah Connor !? »
Une tension de tous les instants.

Proposant une vision des robots plus imposante et agressive que dans des classiques comme Star Wars, Alien et Blade Runner, Terminator alterne efficacement les scènes posées et les séquences d’action le long d’un scénario assez poussé dont l’intrigue dévoile les enjeux petit à petit. Les courses poursuites sont bien rythmées et Schwarzenegger incarne particulièrement bien le cyborg sans pitié prêt à tout pour arriver à ses fins, les explosions et les effets spéciaux à la pointe des années 1980 offrant un cachet particulier à la réalisation. Si Kyle Reese arbore un certain charisme au point d’avoir inspiré Solid Snake sur la jaquette du premier Metal Gear, Sarah Connor s’impose comme une héroïne emblématique de l’histoire du cinéma grâce à l’interprétation de Linda Hamilton (Sans Issue, Haute Trahison, Le Pic de Dante), ses péripéties et sa romance inscrites dans le futur s’avérant très convaincantes. Si Lance Henriksen (L’Étoffe des Héros, Mort ou Vif, Scream 3) et Bill Paxton (Un Flic à Chicago, Predator 2, Un Plan Simple) effectuent une courte apparition, Brian Thompson (Vampire vous avez dit Vampire, Full Contact, Mortal Kombat Destruction Finale) y concrétise son premier rôle au cinéma.

« Suis-moi si tu ne veux pas mourir ! »

Ill Be Back GIFs | TenorLe film propose notamment une évolution du robot des plus pertinentes : apparaissant d’abord comme s’il venait tout juste d’être créé, il se déplace et parle d’abord de manière très hachée et apprend à utiliser intelligemment le langage entre son imitation de voix, l’insulte qu’il répond à l’agent d’entretien et son instant d’humour avec l’iconique « Je reviendrai ! ». Le soin apporté à l’évolution de son apparence à la suite des dégâts qu’il subit est également à souligner. D’abord légèrement brûlé, son visage paraît écrasé avant que son œil bionique ne ressorte : un style qui a inspiré le personnage de Kano dans le jeu vidéo Mortal Kombat, jusqu’à sa fatalité où il arrache le cœur de son adversaire. Sa manière de surgir des flammes alors qu’il se retrouve entièrement robotique relève aussi d’une mise en scène impressionnante.

Un maquillage du plus bel effet !
Badass jusqu’au bout !

Le Terminator a en effet su inspirer de nombreuses œuvres, allant jusqu’à des séries animées comme Dragon Ball pour son sergent métallique, mais aussi Batman où l’homme chauve-souris est amené à affronter des androïdes similaires dans le double épisode « Cœur d’Acier », ainsi que son propre double dans l’épisode « Une Âme de Silicone ». Outre son influence pour plusieurs films des années 1980 à commencer par RoboCop, il donne également son nom à un des derniers ennemis rencontrés dans le jeu vidéo Secret of Mana. Assez ambitieux pour son époque, Terminator marque le meilleur rôle de la carrière d’Arnold Schwarzenegger et s’impose comme un incontournable du genre.

 

Terminator 2
Le Jugement Dernier

 

Date de sortie : 3 juillet 1991 (Amérique du Nord), 16 octobre 1991 (France)
Réalisateur : James Cameron
Acteurs principaux : Arnold Schwarzenegger, Edward Furlong, Robert Patrick, Linda Hamilton, Joe Morton, Earl Boen
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américaine
Compositeur : Brad Fiedel
Scénaristes : James Cameron et William Wisher Jr.
Sociétés de production : Carolco Pictures, Studiocanal, Lightstorm Entertainment et Pacific Western
Budget : 102 millions de dollars

Un jeune héros plein de ressources !

Il aura fallu plus de six ans à James Cameron pour recueillir le budget le plus élevé jamais utilisé dans l’industrie cinématographique en 1991 pour élaborer une suite d’envergure à son Terminator. Se déroulant onze ans après ce dernier, Terminator 2 met en scène Edward Furlong (Simetierre 2, Brainscan, American History X), qui signe son premier rôle au cinéma dans la peau d’un John Connor livré à lui-même à la suite de l’internement de sa mère pour ses propos sur les dangers futurs. Arnold Schwarzenegger y reprend son rôle du T-800 avec une entrée fracassante dans un bar où une bagarre éclate pour obtenir les vêtements et la moto d’un des caïds. Sa sortie badass armé d’un fusil sous l’indémodable « Bad To The Bone » de George Thorogood, déjà utilisée dans des films comme Christine et Junior le Terrible, annonce d’emblée l’atmosphère plus décomplexée de la narration.

« Baaaaad to the bone ! »
De loin le meilleur rôle de la carrière de Robert Patrick.

Moins sombre que son prédécesseur, Terminator 2 oppose alors le T-800 à un modèle de robot bien plus avancé baptisé T-1000, interprété par l’imposant Robert Patrick (Die Hard 2, Double Dragon, Copland). Le casting est bien sûr complété par Linda Hamilton, qui gagne fortement en charisme en incarnant une Sarah Connor désormais entraînée au combat et dont le style plus agressif semble avoir inspiré Sonya Blade de Mortal Kombat. Pourvu d’une réalisation toujours aussi maîtrisée, le film réinvente partiellement le scénario du premier volet avec un protagoniste à la fois traqué et protégé par deux personnages venus du futur. Le scénario joue alors habilement avec les préjugés du spectateur grâce à une mise en scène laissant croire que le T-800 veut tuer John tandis que la tenue policière du T-1000 suppose sa protection, jusqu’à leur arrivée simultanée qui dévoile habilement la supercherie.

Une Sarah Connor métamorphosée.
« Tes parents adoptifs sont morts. »

Bien plus porté sur l’action tout en approfondissant les liens entre les personnages, le film alterne les combats et les courses poursuites avec la relation entre John et le T-800, qui exécute ses ordres tout en apprenant à comprendre voire à ressentir le comportement humain. Quatre ans après RoboCop, le traitement de l’humanisation de l’androïde passe alors par le ressenti des sentiments avec des larmes qui coulent, mais aussi par une utilisation comique du langage des jeunes avec l’emblématique « Hasta la vista, baby ! ». Il est également amusant de voir que c’est cette fois-ci le T-800 qui lance la réplique « Viens avec moi si tu veux vivre ! » à Sarah Connor. En outre, le scénario est enrichi par la recherche du futur concepteur de Skynet afin d’empêcher l’anéantissement de l’humanité par le jugement dernier prévu en 1997, notamment avec la conviction qui l’emporte sur la force grâce aux restes du Terminator de 1984.

Un style ayant potentiellement inspiré Lara Croft.
T1000 GIFs | Tenor
Un adversaire des plus charismatiques.

Impressionnants de bout en bout, les pouvoirs du T-1000 rappellent fortement ceux de Gueule d’Argile dans l’univers de Batman. Prouesse technique impressionnante utilisant à la fois la technique du morphing et de l’animation en trois dimensions, le T-1000 peut en effet se glisser n’importe où sous forme liquide, prendre l’apparence d’une personne et l’imiter après être rentré en contact avec elle. Il peut également modeler ses mains pour les utiliser comme des armes blanches métalliques, résister à de puissantes explosions et se reconstituer comme le feraient Cell et Boubou dans Dragon Ball Z. Un juste retour des choses si on constate qu’Akira Toriyama a lui-même mis en scène des cyborgs dans un arc scénaristique à base de voyages dans le temps. Fort de ses inspirations et de son scénario mémorable, Terminator 2 s’impose aisément comme un des films hollywoodiens les plus aboutis de l’histoire du cinéma.

« Si une machine, un Terminator, a pu découvrir la valeur de la vie, peut-être le pouvons-nous aussi. »

 

Terminator 3
Le Soulèvement des Machines

 

Date de sortie : 2 juillet 2003 (Amérique du Nord), 6 août 2003 (France)
Réalisateur : Jonathan Mostow
Acteurs principaux : Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl, Claire Danes, Kristanna Loken, David Andrews
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américaine
Compositeur : Marco Beltrami
Scénaristes : John D. Brancato et Michael Ferris
Sociétés de production : C-2 Pictures, Intermedia Films, Mostow/Lieberman Productions et IMF Internationale Medien und Film GmbH & Co. 3. Produktions KG
Budget : 200 millions de dollars

Un héros qui tourne mal.

Douze ans après un Terminator 2 mémorable, James Cameron laisse sa place à Jonathan Mostow pour la réalisation d’un troisième film à la suite de négociations non concluantes. Terminator 3 met alors en scène un John Connor de vingt-deux ans tourmenté sous les traits de Nick Stahl (L’Homme Sans Visage, La Ligne Rouge, Sin City), qui refuse son destin et fuit constamment depuis le décès de sa mère. Bien que le jugement dernier ait été empêché, John sombre dans la drogue mais s’allie rapidement avec une jeune vétérinaire nommée Kate, interprétée par Claire Danes (Roméo + Juliette, U-Turn, Les Misérables), qu’il avait un peu connue au collège. Comme dans le précédent film, deux robots sont envoyés dans le passé : l’androïde T-X incarnée par Kristanna Loken (Taja de la série Mortal Kombat Conquest, BloodRayne) chargée d’éliminer les lieutenants de John Connor car ce dernier est introuvable, et le T-850 incarné par l’increvable Arnold Schwarzenegger.

Une antagoniste redoutable.
Schwarzy porteur funéraire !

Terminator 3 propose un scénario intéressant grâce à une traque oppressante et un trio qui se démarque de celui de son prédécesseur. Comme l’atteste la longue course poursuite au montage perfectible, la réalisation reste toutefois en deçà tandis que les personnages arborent un caractère plus convenu, la relation entre John et Kate manquant de subtilité. La T-X tire quant à elle son épingle du jeu avec de nouvelles capacités comme la connexion aux réseaux informatiques, l’analyse biochimique, la prise de contrôle de machines à distance et la customisation de son bras droit en lance-flammes ou en canon à plasma. Le T-850 est également bien exploité dans sa désobéissance à John, le fait que ce dernier le prenne pour celui de Terminator 2 et que ce soit lui qui le tue dans le futur après l’activation de Skynet.

Un visage non sans rappeler Double Face !
Une confrontation inévitable.

Le film alterne efficacement les scènes d’action et les dialogues sans lésiner sur l’humour entre le T-850 qui se retrouve avec des lunettes de soleil étoilées, ce dernier qui porte le cercueil de Sarah Connor rempli d’armes et les seins de la T-X qui peuvent gonfler pour amadouer les hommes. Alors que le jugement dernier s’avère finalement inévitable, les querelles entre Kate et John cessent et le désespoir du héros évolue en une prise de confiance allant de pair avec un final qualitativement surprenant qui mène vers la préparation de la résistance. Bien que moins réussi que ses prédécesseurs, Terminator 3 apporte une conclusion honorable à la trilogie d’origine, qui aurait tout à fait pu se suffire à elle-même.

 

Terminator Renaissance

 

Date de sortie : 21 mai 2009 (Amérique du Nord), 3 juin 2009 (France)
Réalisateur : Joseph McGinty Nichol
Acteurs principaux : Christian Bale, Sam Worthington, Bryce Dallas Howard, Anton Yelchin, Moon Bloodgood, Roland Kickinger
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américaine
Compositeur : Danny Elfman
Scénaristes : John D. Brancato et Michael Ferris
Sociétés de production : The Halcyon Company, Columbia Pictures, Lin Pictures en association avec Wonderland Sound and Vision
Budget : 200 millions de dollars

Un rôle dans lequel on n’aurait jamais imaginé Christian Bale.

Six ans après un Terminator 3 au succès critique mitigé, un nouvel épisode tourné simultanément surgit en salle sous la réalisation de Joseph McGinty, déjà connu pour ses deux adaptations de la série télévisée Drôles de Dames. Intitulé Terminator Renaissance, il se déroule essentiellement dans un futur en guerre de 2018 avec un John Connor adulte interprété par Christian Bale (Batman Begins, Le Prestige, Public Enemies). L’intrigue se concentre notamment sur Marcus Wright, condamné à mort joué par Sam Worthington (Avatar, Le Choc des Titans, Horizon Une Saga Américaine), qui part à la recherche de John après avoir rejoint des membres de la résistance.

Un jeune Kyle Reese en grande forme !
Un rendu hybride particulièrement réussi !

Parmi les personnages se trouvent aussi la femme de John sous les traits de la talentueuse Bryce Dallas Howard (La Jeune Fille de l’Eau, Spider-Man 3, Rocketman), le général de l’armée incarné par Michael Ironside (Top Gun, Total Recall, Starship Troopers) et une psychiatre jouée par Helena Bonham Carter (Charlie et la Chocolaterie, Sweeney Todd, Harry Potter et l’Ordre du Phénix). On a également la surprise de retrouver un Kyle Reese adolescent, qui assure un lien solide avec le premier film de la saga aux côtés d’autres clins d’œil, comme les répliques culte « Viens avec moi si tu veux vivre ! » et « Je reviendrai ! ».

« Toi et moi, nous sommes en guerre : nous nous affrontions déjà avant même notre naissance. »
Une révélation qui produit son effet !

Élu gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger n’apparaît quant à lui que sous la forme d’un T-800 ayant son visage récréé numériquement lors d’une séquence en laboratoire pouvant rappeler le combat final des deux premiers jeux Resident Evil. Terminator Renaissance tranche fortement avec ses prédécesseurs par ses scènes d’action effrénées et son univers postapocalyptique parsemé de drones et de robots qui guettent à chaque recoin. Très soigné au niveau de la réalisation et du rendu hybride des visages, le film vaut surtout pour l’intrigue autour de Marcus, dont la mission camouflée apporte une nouvelle réflexion sur la relation homme-machine. Un très bon film qui renouvelle efficacement la saga !

 

Terminator Genisys

 

Date de sortie : 24 juin 2015 (Indonésie),
1er juillet 2015 (France)

Réalisateur : Alan Taylor
Acteurs principaux : Arnold Schwarzenegger, Emilia Clarke, Jason Clarke, Jai Courtney, J. K. Simmons, Lee Byung-hun, Matt Smith
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américaine
Compositeur : Lorne Balfe
Scénaristes : Laeta Kalogridis et Patrick Lussier
Sociétés de production : Paramount Pictures, Skydance Productions, Annapurna Pictures et CPTC
Budget : 155 millions de dollars

L’iconique John Connor envoie son père Kyle Reese dans le passé…

Alors que les difficultés de négociation et les batailles juridiques n’en finissent plus de décider de l’évolution de la saga Terminator, Arnold Schwarzenegger effectue son grand retour dans un semi-reboot intitulé Terminator Genisys sous l’objectif d’Alan Taylor, qui avait participé à la réalisation des deux premières saisons de Games of Thrones avant de s’attaquer à Thor Le Monde des Ténèbres. Le film se déroule en 2029 alors que John Connor, incarné par Jason Clarke (Gatsby le Magnifique, Enfant 44, Simetierre) et d’office présenté comme le robuste leader de la résistance, s’en va attaquer Skynet avec son bras droit Kyle Reese pour en découdre définitivement. Mais c’était sans compter les ressources de l’intelligence artificielle, qui avait déjà programmé l’envoi d’un Terminator dans le passé afin d’éliminer Sarah Connor à la manière du film de 1984.

Une impression de déjà-vu qui s’installe rapidement.
« Viens avec moi si tu veux vivre ! »

Kyle se porte alors volontaire pour la secourir et se retrouve propulsé quarante-cinq ans en arrière dans un passé alternatif mêlant des événements des deux premiers films de la franchise avec de sympathiques clins d’œil. Entre un T-800 au visage jeune qui agresse une bande de punks, Kyle qui demande quel jour on est à un policier, ce dernier qui s’avère être un T-1000 sous les traits de Byung-Hun Lee (Le Bon, la Brute et le Cinglé, Red 2, Les Sept Mercenaires) et un deuxième T-800 qui vient affronter le premier, Terminator Genisys  joue efficacement avec les connaissances du spectateur. Interprétée par Emilia Clarke (Game of Thrones, Solo A Star Wars Story), Sarah Connor apparaît quant à elle modernisée avec un tempérament plus rebelle tout en étant axée sur l’humour.

« Vieux, pas obsolète. »
Un trio d’anthologie.

De son côté, Jai Courtney (Jack Reacher, Die Hard Belle Journée pour Mourir, Suicide Squad) joue un Kyle Reese moins charismatique qui se méfie beaucoup du T-800 avant de finalement s’entendre avec lui. Le casting est enrichi par la présence de JK Simmons (la trilogie Spider-Man, Whiplash, La La Land) dans le rôle d’un officier ayant survécu au T-1000 et compte également Matt Smith (Doctor Who, Last Night in Soho, House of the Dragon), dont le personnage fait littéralement basculer le personnage principal. S’emmêlant les pinceaux avec de nouveaux voyages dans le temps dont un vers le futur, le scénario a toutefois de quoi surprendre en faisant de John Connor la principale menace de l’humanité, une idée bienvenue qui apporte un renouveau appréciable.

Un antagoniste inattendu parmi les plus dangereux de la saga.
Des effets spéciaux à la pointe.

Pourvu d’effets spéciaux de grande qualité, le film s’intensifie toujours plus dans une surenchère de scènes d’action mais n’en oublie pas le retour de ses répliques culte avec les classiques « Je reviendrai ! » et « Viens avec moi si tu veux vivre ! » dans des contextes différents, mais aussi des nouvelles comme « Tu avances et tu ne te retournes pas ! » et surtout « Vieux, pas obsolète. », qui prend à contrepied la réplique du T-850 de Terminator 3. Malgré ses qualités qui en font un film tout à fait agréable, Terminator Genisys voit ses projets de suites annulés tandis que James Cameron effectue son retour comme producteur d’un reboot faisant directement suite aux deux premiers films de la saga. Une catastrophe qui fera replonger la franchise dans l’oubli…

 

Terminator Dark Fate

 

Date de sortie : 23 octobre 2019 (2h 09min)
Réalisateur : Tim Miller
Acteurs principaux : Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Mackenzie Davis, Gabriel Luna, Natalia Reyes
Genre : Science-fiction, action
Nationalité : Américaine
Compositeur : Junkie XL
Scénaristes : David S. Goyer, Billy Ray et Justin Rhode
Sociétés de production : Paramount Pictures, Skydance Productions, Twentieth Century Fox, Lightstorm Entertainment et Mid Atlantic Films
Budget : 185 millions de dollars

Un personnage qui n’a plus rien à voir avec celui qu’on a connu.

Quatre ans après un Terminator Genisys mésestimé malgré sa proposition intéressante, James Cameron effectue son retour comme producteur pour tenter de créer un Terminator 3 plus proche des deux premiers épisodes, rayant d’office les autres films de la chronologie. Qu’à cela ne tienne, c’est Tim Miller (connu pour la première adaptation de Deadpool) qui est choisi pour réaliser cet opus de la dernière chance. L’action prend place à Mexico en 2020 où une jeune femme de vingt-et-un ans incarnée par Natalia Reyes se retrouve menacée par le Rev-9, un dangereux cyborg polymorphe joué par Gabriel Luna (Free Love, The Last of Us). Pour le contrer, elle est aidée par une soldate génétiquement modifiée, elle aussi venue du futur, interprétée par Mackenzie Davis (Et (beaucoup) Plus si Affinités, Blade Runner 2049, Tully).

Un jeu d’acteur qui ne fait pas vraiment honneur à la saga.
Une certaine classe dans le maniement des armes à feu.

La Sarah Connor d’origine effectue un retour (presque) tonitruant grâce au charisme de Linda Hamilton, ou plutôt ce qu’il en reste. Car si elle arbore une dégaine particulièrement badass, son jeu d’actrice est à peine supérieur à celui de ses pauvres collègues. Et l’enterrement de la saga Terminator surgit définitivement lors qu’ils retrouvent la trace d’un nouveau T-800 sous les traits d’Arnold Schwarzenegger, celui-là même qui assassine un John Connor vidé de toute fougue sous les yeux impuissants de sa mère dans la piètre scène d’introduction qui annonce d’emblée la couleur du scénario. Reconstitué en images de synthèse, l’Edward Furlong de Terminator 2 n’y effectue alors qu’une brève apparition.

Un concept de dédoublement qui avait de quoi faire mouche.
Un affrontement qui aurait pu être épique.

Et que dire du repentir ridicule de ce T-800, qui a acquis une conscience en menant une vie paisible entre deux couches à changer. Exploiter les sentiments du robot était pourtant la suite logique de Terminator 2, mais la mise en place subit une telle aseptisation à en faire pâlir les pires films Marvel que le personnage en devient navrant. On pourrait encore sauver les scènes d’action quelque peu agréables si elles n’étaient pas aussi répétitives et mal mises en scènes, avec des personnages lambda qui ne risquent pas de provoquer la moindre empathie tellement l’expression de leurs larmes est téléphonée. Pas si désagréable durant sa première heure, Terminator Dark Fate touche tellement le fond pendant la seconde que l’on ne peut espérer qu’une chose : l’oublier bien vite au profit des précédents.

 

Terminator Zero

 

Date de sortie : 29 août 2024 (8 épisodes)
Réalisateur : Masashi Kudo
Comédiens de doublage : Thierry Hancisse, Pierre Tessier, Thaïs Laurent, Kylian Rehlinger, Ingrid Donnadieu, Léovanie Raud, Isabelle Ganz, Cyril Mazzotti, Mathieu Buscatto
Genre : Animation, science-fiction
Nationalité : Américaino-japonais
Compositeurs : Michelle Birsky et Kevin Henthorn
Scénariste : Mattson Tomlin
Sociétés de production : Production IG, No Brakes, Skydance Television et Netflix Animation

Des personnages attachants grâce à leur écriture.

Alors que la saga semble au point mort depuis le (cala)miteux Dark Fate, Terminator effectue un retour inattendu dans une série animée venant s’inscrire comme une sorte de reboot du scénario. L’action prend place à Tokyo en 1997 en mettant en scène un certain Malcolm Lee, scientifique ayant développé son propre système d’intelligence artificielle. Nommée Kokoro, elle est conçue pour empêcher Skynet d’aboutir au jugement dernier, que Lee a vu dans ses cauchemars. Veuf et père de trois enfants, il est sans surprise poursuivi par un Terminator venu du futur tandis qu’Eiko, soldate de la résistance en 2022, est envoyée dans le passé pour le protéger et annuler le lancement de Kokoro, qui pourrait s’avérer incontrôlable.

Malcolm et les dangers de l’IA.
La voyage dans le temps comme thème central.

Pourvu d’une direction artistique léchée et d’une animation de qualité, Terminator Zero se pare d’un magnifique cadre japonais pour offrir une nouvelle dimension à la saga. Accompagnée de doublages français qualitatifs avec une écriture moderne (« Deux poids, deux mesures ! »), la série met en avant le thème de la négligence parentale, Malcolm étant tellement accaparé par son projet qu’il ne trouve que trop peu de temps pour s’occuper de ses enfants. Leur nourrice Misaki s’impose alors rapidement comme personnage clé qui les empêche d’être livrés à eux-mêmes dans une ville mise à feu et à sang.

Des images terrifiantes.
Un adversaire robuste.

/!\ SPOILERS /!\ Tandis que le chaos s’abat sur Tokyo, le scénario prend en effet une tournure dramatique tandis que les enfants voient leurs rapports se bousculer et Misaki apprend en même temps que le spectateur qu’elle est elle aussi une cyborg. Le rapport de l’homme à la machine reste alors au cœur du scénario, cette dernière n’étant pas toujours une menace. Utilisant les codes de l’animation avec beaucoup de justesse, Terminator Zero se démarque alors fortement des films par son esthétique particulièrement violente dans des scènes où le sang arrose les décors façon Mortal Kombat. Une série surprenante qui octroie une seconde jeunesse à la saga !

Joker Folie à Deux, de Todd Phillips

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Date de sortie : 1er octobre 2024 (2h 18min)
Réalisateur : Todd Phillips
Acteurs principaux : Joaquin Phoenix, Lady Gaga, Brendan Gleeson, Catherine Keener, Zazie Beetz, Steve Coogan
Genre : Thriller musical
Nationalité : Américain
Compositrice : Hildur Guðnadóttir
Scénaristes : Todd Phillips et Scott Silver
Sociétés de production : Warner Bros., Bron Studios, DC Studios et Village Roadshow Pictures
Budget : 50
 millions de dollars

Une rencontre qui fait tout basculer.

Attendu de pied ferme après un premier film qui avait secoué le monde du cinéma en 2019, Joker Folie à Deux se concentre sur le procès d’Arthur Fleck deux ans après les émeutes qu’il avait engendrées à Gotham City. De nouveau sous les traits de Joaquin Phoenix (A Beautiful Day, Les Frères Sisters, Napoléon), il est interné à l’asile d’Arkham où il subit le courroux des gardiens, son geôlier étant incarné par Brendan Gleeson (Kingdom of Heaven, Harry Potter et les Reliques de la Mort, La Ballade de Buster Scruggs). Alors qu’il est amené à participer à une séance de musicothérapie, il se découvre une fascination réciproque pour Harleen Quinzel, interprétée par Lady Gaga (Sin City J’ai Tué Pour Elle, A Star is Born, House of Gucci).

Une mise en scène efficace malgré un curieux décalage avec le fond dramatique du scénario.
Un Harvey Dent étonnamment jeune et discret.

Adoptant le même ton lugubre et bouleversant que son prédécesseur, Joker Folie à Deux place ses deux protagonistes sur un même plan le long de nombreuses scènes de complicité aboutissant à des chansons réelles et imaginées, chorégraphiées lors de séquences rêvées en costume. S’installe alors une dissonance narrative qui donne un cachet particulier au film, bien que l’aspect comédie musicale paraisse un peu trop en décalage par rapport à la dramaturgie. Tandis que le scénario ne se dirige pas forcément là où le spectateur l’attend, Arthur devient de plus en plus pathétique avec les violences qu’il subit et la tristesse de sa chanson qu’il interprète par téléphone.

Une violence envers les minorités toujours aussi marquée.
Une réinterprétation surprenante du célèbre duo.

Plus psychologique qu’il n’y paraît, le film questionne également l’éventuelle schizophrénie du Joker par l’intermédiaire de son avocate, jouée par Catherine Keener (Into the Wild, Get Out, November Criminals). Une maladie qui fait écho à la présence du jeune Harvey Dent comme substitut du procureur sous les traits d’Harry Lawtey, le rôle mineur de ce dernier camouflant un clin d’œil du plus bel effet lors des dernières minutes. Alors que la relation entre le Joker et Harley s’amenuise, la violence soudaine des derniers actes aboutit à une fin ouverte inattendue tout en rappelant la série Gotham. Si son caractère perfectible l’empêche de faire aussi fort que son aîné, Joker Folie à Deux reste un des films expérimentaux les plus intéressants de l’année.