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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Blanche-Neige et les Sept Nains, premier Disney d’une longue lignée

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Date de sortie : 4 février 1938 (États-Unis),
6 mai 1938 (France)

Réalisateur : David Hand
Comédiens de doublage : Valérie Siclay, Sylvie Genty, Katy Vail, Jean-Claude Donda, Bernard Alane, Patrice Dozier, Gérard Rinaldi
Genre : Animation
Nationalité : Américaine
Compositeurs : Leigh Harline et Paul J. Smith
Scénaristes : Ted Sears, Otto Englander, Earl Hurd, Dorothy Ann Blank, Richard Creedon, Dick Rickard, Merrill De Maris et Webb Smith
Société de production : Walt Disney Productions
Budget : 1,48
 millions de dollars

« Miroir magique au mur, qui a beauté parfaite et pure ? »

Adapté du conte éponyme des frères Grimm plus d’un siècle après sa parution, Blanche-Neige et les Sept Nains constitue le premier long-métrage d’animation réalisé par les studios Disney et le tout premier de l’histoire du cinéma à être à la fois sonore et en couleurs. Sorti en plein âge d’or d’Hollywood à l’aube de la seconde guerre mondiale, il éclipse ses prédécesseurs argentins réalisés par Quirino Cristiani en raison de son impact à l’international. Le film marque en effet une importante étape dans le cinéma d’animation par ses innovations techniques et artistiques avec un budget encore inédit approchant le million et demi de dollars.

L’esclave du miroir magique, condamné à répondre aux incessantes questions de la reine.
« Lèvres rouges comme la rose, cheveux noirs comme l’ébène, teint blanc comme la neige… »

À une époque où l’héroïne constitue encore la princesse à sauver dans un registre très manichéen, le scénario prend place dans un univers fantastique dirigé par la belle-mère de Blanche-Neige, une reine malveillante qui ne se soucie que des apparences. Elle demande chaque jour à son miroir magique qui est la plus belle du royaume, jusqu’au jour où ce dernier lui répond qu’il s’agit désormais de sa fille adoptive, malgré les haillons qu’elle l’oblige à porter. Tandis qu’elle ordonne à son fidèle chasseur de ramener le cœur de Blanche-Neige après l’avoir tuée dans les bois, celui-ci ne peut s’y résoudre et l’incite à fuir pour sauver sa vie, ce qui l’amène rapidement à la demeure de sept nains qui possèdent tous un nom en rapport à leur caractère.

« Heigh-ho ! Heigh-ho ! On rentre du boulot ! »
« Allons qu’à présent s’exerce ton charme magique ! »

Auréolé d’une réalisation de très grande qualité avec un style d’animation directement repris des courts métrages Disney mettant en scène Mickey, Donald et Dingo, Blanche-Neige et les Sept Nains se situe aussi dans la lignée des cultissimes Silly Symphonies, où la musique et la vie animée priment sur le reste. Impressionnant lors de passages clés comme la transformation de la reine en sorcière, il a la particularité de placer tellement son prince au second plan que ce dernier est simplement mentionné comme étant le « prince charmant », sans posséder son propre nom. Un gimmick parodié par la saga Shrek de nombreuses années plus tard, dans laquelle le prince s’appelle réellement Charmant.

Une transformation à l’effroi très réussi.
Rarement Disney n’aura aussi bien exprimé le sadisme.

Précurseur de toute une génération de grands classiques Disney, Blanche-Neige et les Sept Nains inaugure la présence de chansons venues rythmer la narration. On en trouve des romantiques comme « Un sourire en chantant » et « Un jour mon prince viendra », des joyeuses comme « Sifflez en travaillant » et la célèbre « Heigh-Ho » des nains qui rentrent de la mine, certaines virant parfois au comique à l’image de « Bluddle-Uddle-Um-Dum » et de « La Tyrolienne des nains ». Initiés en 1938 avant d’être réenregistrés en 1962, les doublages ont connu une troisième version lors de la sortie film en DVD en 2001. Parmi les comédiens se trouvent alors Sylvie Genty (Maléfique dans Kingdom Hearts, VF de Sigourney Weaver depuis 2009) pour Blanche-Neige, Pierre Tessier (Chris O’Donnell dans Batman Forever et Batman & Robin, James Marsden dans Il était une fois, Liu Kang dans Mortal Kombat Shaolin Monks) pour le prince ou encore Marc Alfos (VF de Russell Crowe depuis 1997, Ben dans Pocahontas, le sergent de Toy Story) pour le chasseur.

L’emblématique sorcière aux attributs reconnaissables.
« Vois apparaître sur le fruit le symbole de ce qui détruit ! »

Si Simplet est le seul nain dont le jeune âge le prive de la parole, Prof est de son côté interprété par Jean-Claude Donda (Flagada Jones dans La Bande à Picsou et Myster Mask, Dracula dans Batman contre Dracula), Atchoum par Bernard Alane (le colporteur dans Aladdin, Clopin dans Le Bossu de Notre-Dame) et Dormeur par Patrice Dozier (le magicien dans Rayman, Elmer des Looney Tunes depuis 1997). On trouve également Gérard Rinaldi (Tony le cuisinier dans La Belle et le Clochard, le chef Louis dans La Petite Sirène, Dingo dans Dingo & Max) pour Grincheux, Jean-Loup Horwitz (Abis Mal dans Le Retour de Jafar, Marvin le Martien des Looney Tunes) pour Joyeux et Michel Mella (Daniel Stern dans Maman j’ai raté l’Avion, Banzaï dans Le Roi Lion, Porky Pig des Looney Tunes) pour Timide.

Un coup de grâce magistral.
« Un premier baiser d’amour… »

Parmi les œuvres les plus influentes de la pop culture, Blanche-Neige et les Sept Nains est adapté en jeu vidéo sur Game Boy Color en 2001 avant de devenir un des mondes principaux de Kingdom Hearts Birth by Sleep sur PlayStation Portable en 2010. L’année suivante, la série Once Upon A Time propose une réécriture mêlant plusieurs contes de fées avec des alter ego de Blanche-Neige, de la méchante reine et du chasseur, respectivement incarnés par Ginnifer Goodwin, Lana Parilla et Josh Dallas. On peut également citer la sympathique Blanche-Neige et le Chasseur, l’excellente adaptation du comics Fables par Telltale Games The Wolf Among Us ainsi que le remake live avec Rachel Zegler et Gal Gadot, sorti le 19 mars 2025.

Mickey 17, de Bong Joon-ho

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Date de sortie : 28 février 2025 (Corée du Sud),
5 mars 2025 (France)

Réalisateur : Bong Joon-ho
Acteurs principaux : Robert Pattinson, Naomi Ackie, Steven Yeun, Toni Collette, Mark Ruffalo
Genre : Science-fiction
Nationalité : Américaine, sud-coréenne
Compositeur : Jung Jae-il
Scénariste : Bong Joon-ho
Sociétés de production : Kate Street Picture Company, Offscreen et Plan B Entertainment
Budget : 150
 millions de dollars

Quand tu n’as pas lu ton contrat de travail jusqu’au bout…

Adaptation du roman Mickey7 d’Edward Ashton par Bong Joon-ho (Snowpiercer, Okja, Parasite), Mickey 17 est un film de science-fiction atypique dans lequel Robert Pattinson (Life, The Lighthouse, The Batman) incarne un employé d’une expédition cherchant à coloniser une planète recouverte de glace. Mickey est engagé comme remplaçable dans des missions dangereuses ou utilisé comme cobaye pour des expérimentations mortelles. À chaque fois qu’il meurt, il devient une nouvelle itération de lui-même, son corps étant régénéré avec la plupart de ses souvenirs par une technologie interdite sur Terre.

Une machine à dupliquer plus vraie que nature.
Mickey 17 rencontre Mickey 18.

Alors qu’il entame une relation avec Nasha, agente de sécurité incarnée part Naomi Ackie (The Young Lady, Star Wars L’Ascension de Skywalker, Blink Twice), Mickey passe pour mort en tentant de capturer une créature autochtone sous les yeux de son ami Timo, joué par Steven Yeun (The Walking Dead, Burning, Minari). De retour dans ses quartiers, il découvre alors que son clone Mickey 18 l’a déjà remplacé et entame un combat à mort avec lui. Mais la présence de multiples étant interdite, le dirigeant de la colonie Kenneth Marshall et sa femme, interprétés par Mark Ruffalo (Zodiac, Shutter Island, Pauvres Créatures) et Toni Collette (À Couteaux Tirés, Nightmare Alley, Juré N°2), comptent bien mettre un terme à leurs agissements.

Un antagoniste qui sombre un peu trop dans la caricature facile.
Une romance est-elle possible quand on n’est qu’un simple clone ?

Mettant en scène un concept original au cinéma, le film traite efficacement des enjeux du clonage et de la maltraitance animale à travers un scénario qui met en avant la nécessité de voir bien au-delà des apparences. Robert Pattinson se montre très convaincant dans son incarnation de deux personnalités bien distinctes tandis que Mark Ruffalo représente parfaitement le politique en rêve de conquête avec un comportement des plus caricaturaux. Réalisé d’une main de maître et pourvu de musiques d’une grande intensité, Mickey 17 s’impose comme un des films emblématiques de la carrière du réalisateur coréen.

Les Guerriers de la Nuit, de Walter Hill

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Date de sortie : 1er février 1979 (Australie),
27 août 1980 (France)

Réalisateur : Walter Hill
Acteurs principaux : Michael Beck, James Remar, Dorsey Wright, Thomas G. Waites, Brian Tyler, David Harris, Tom McKitterick
Genre : Thriller, action
Nationalité : Américaine
Compositeur : Barry De Vorzon
Scénaristes : David Shaber et Walter Hill
Société de production : Paramount Pictures
Budget : 4
 millions de dollars

Une cause perdue d’avance.

Adaptation du roman The Warriors de Sol Yurick lui-même inspiré de l’Anabase de Xénophon, Les Guerriers de la Nuit est un thriller dans lequel de nombreux gangs newyorkais tentent de s’unifier face aux forces de l’ordre. Mais alors qu’un certain Luther, interprété par David Patrick Kelly (Commando, Sailor et Lula, The Crow), assassine le leader du mouvement en accusant publiquement le gang des Warriors, ces derniers se retrouvent traqués par tous les autres sur le chemin de leur quartier d’origine. Le gang est dirigé par Michael Beck et incarné par des figures comme James Remar (Cotton Club, Le Grand Tournoi, Mortal Kombat Destruction Finale), Dorsey Wright (Hair, Ragtime) et Thomas G. Waites (The Thing).

Une dégaine qui en impose !
Une menace omniprésente.

Réalisé par Walter Hill (Driver, Les Rues de Feu, Double Détente), le film dépeint une vision sombre du New York des années 1970, qui devient un véritable dédale menaçant parsemé de graffitis et de zones délabrées. Une ambiance à la fois inquiétante et surréaliste est instaurée par l’utilisation d’un éclairage nocturne mettant en valeur les lumières artificielles de la ville. La tension et le sentiment de claustrophobie sont alors fortement accentués par les contrastes entre la lumière et l’obscurité des métros. Tandis que chaque gang est doté d’un look unique et stylisé, les couleurs vives et contrastées qui les représentent contribuent à faire ressortir une atmosphère théâtrale dans les rues.

L’incontournable métro des quartiers malfamés.
Le meilleur moyen d’en finir par la ruse.

Ayant à sa sortie suscité une controverse pour sa représentation de la violence urbaine, Les Guerriers de la Nuit a par ailleurs été acclamé pour son style visuel et musical, la bande originale mêlant efficacement rock et disco avec des chansons comme « Nowhere to Run » par Arnold McCuller, « In the City » par Joe Walsh et « Last of an Ancient Breed » par Desmond Child. Film culte de toute une génération, il provoque une influence importante sur la pop culture, inspirant notamment les jeux vidéo pour le genre du beat’em up urbain, son héritage ayant engendré de grands classiques comme Double Dragon, Final Fight et Streets of Rage.

Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola

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Date de sortie : 15 août 1979 (États-Unis),
26 septembre (France)

Réalisateur : Francis Ford Coppola
Acteurs principaux : Martin Sheen, Frederic Forrest, Sam Bottoms, Albert Hall, Laurence Fishburne, Marlon Brando, Robert Duvall, Dennis Hopper, Harrison Ford
Genre : Drame, guerre
Nationalité : Américaine
Compositeurs : Carmine Coppola, Francis Ford Coppola, Mickey Hart et Randy Hansen
Scénaristes : John Milius, Francis Ford Coppola et Michael Herr
Société de production : United Artists
Budget : 31
millions de dollars

« Accuser un homme de meurtre au Vietnam… autant filer des PV pour excès de vitesse aux 24 Heures du Mans. »

Transposition libre du roman Au Cœur des Ténèbres de Joseph Conrad, Apocalypse Now fait partie des films les plus emblématiques de la carrière de Francis Ford Coppola (Le Parrain, Conversation Secrète, Dracula). Traitant de la condition des soldats par l’intermédiaire des impacts psychologiques engendrés par la guerre du Vietnam à la manière de son contemporain Voyage au Bout de l’Enfer, il place Martin Sheen (La Balade Sauvage, Dead Zone, Wall Street) dans la peau du capitaine Willard, chargé par les services secrets américains d’exécuter le colonel Kurtz. Interprété par Marlon Brando (La Comtesse de Hong-Kong, Le Parrain, Superman), ce dernier a en effet pris la commandement d’un groupe de Mnong pour éliminer les groupes ennemis avec des méthodes d’une violence particulièrement malsaine.

Robert Duvall à fond dans son rôle.
La jeunesse sacrifiée par le gouvernement américain.

Avec l’aide de son équipage comportant des hommes joués par des acteurs comme Frederic Forrest (Coup de Cœur, Tucker, The Two Jakes) et Albert Hall (Malcolm X, Get on the Bus, Benjamin Gates et le Livre des Secrets), Willard doit alors traverser le fleuve pour atteindre le camp dans les profondeurs de la jungle. Outre un caméo d’Harrison Ford (American Graffiti, Star Wars IV, Les Aventuriers de l’Arche Perdue), le casting s’élargit avec un des premiers rôles de Laurence Fishburne (Rusty James, Cotton Club, Matrix) au cinéma, le lieutenant-colonel Kilgore incarné par Robert Duvall (MASH, THX 1138, La Légende de Jesse James) et un journaliste sympathisant de Kurtz sous les traits de Dennis Hopper (Pendez-les Haut et Court, Massacre à la Tronçonneuse 2, Blue Velvet).

« Dans le merdier qu’était devenu le Vietnam, il était devenu difficile de ne pas patauger. »
Un Marlon Brando glaçant.

 Lauréat de la Palme d’Or en 1979, Apocalypse Now s’impose comme le véritable fer de lance de toute une série de films sur les violences de la guerre du Vietnam. On peut citer Rambo, mais aussi Platoon, dans lequel le premier rôle est confié au fils de Martin Sheen, ou encore Full Metal Jacket. L’acte final auprès du colonel Kurtz demeure parmi les plus glauques des films du genre, Marlon Brando y apparaissant comme un gourou sanguinaire tel que le sera le personnage de Big Boss dans l’excellent Metal Gear 2 en 1990. Le film est aussi marqué par une bande originale puissante venant renforcer l’intensité du scénario. On y trouve notamment la mélancolique « The Ends » des Doors lors de la séquence d’ouverture, les entraînantes « Satisfaction » des Rolling Stones et « Susie Q » réinterprétée par Flash Cadillac and the Continental Kids, mais aussi la « Chevauchée des Walkyries » de Richard Wagner, qui illustre la folie guerrière de Kilgore alors qu’il envoie plusieurs hélicoptères à l’abattoir.

Voyage au Bout de l’Enfer, de Michael Cimino

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Date de sortie : 22 février 1979 (Australie),
7 mars (France)

Réalisateur : Michael Cimino
Acteurs principaux : Robert De Niro, Christopher Walken, Meryl Streep, John Cazale, John Savage, George Dzundza
Genre : Drame, guerre
Nationalité : Américaine
Compositeur : Stanley Myers
Scénariste : Deric Washburn
Sociétés de production : EMI Films et Universal Pictures
Budget : 15 millions de dollars

Le calme avant la tempête.

Sorti un an après Les Boys de la Compagnie C, Voyage au Bout de l’Enfer constitue le premier film américain traitant du traumatisme et des impacts psychologiques engendrés par la guerre du Vietnam. Le scénario met en avant l’amitié de trois ouvriers américains qui se portent volontaires pour servir comme soldats sans avoir anticipé les séquelles physiques ou psychologiques qu’ils porteraient ensuite. Composé par Stanley Myers, le thème principal « Cavatina » exprime d’emblée toute la mélancolie qui rappelle la vie tranquille et languissante de Clairton, ville de Pennsylvanie où débute l’action. Le film est également rythmé par des chansons comme « Can’t Take My Eyes Off You » par Frankie Valli et puise dans le folklore russe pour « Katiouchka » et « Korobouchka », reprise dans le jeu vidéo Tetris.

Une passion pour la chasse qui ne saurait trop durer.
Un tournage aux conditions particulièrement difficiles.

Le trio principal est incarné par Robert De Niro (Le Parrain 2, Taxi Driver, Raging Bull), John Savage (Hair, Salvador, Le Parrain 3) et Christopher Walken (Les Chiens de Guerre, Dangereusement Vôtre, Batman Returns), qui signe son premier rôle majeur au cinéma. Si Meryl Streep (Kramer contre Kramer, La Mort aux Enchères, Out of Africa) y concrétise également une de ses premières prestations, il s’agit du dernier film dans lequel apparaît John Cazale (Le Parrain, Conversation Secrète, Un Après-Midi de Chien). Étalant son récit dramatique sur pas moins de trois heures, Voyage au Bout de l’Enfer entame par une longue partie en Amérique avant d’en venir aux horreurs du conflit pour ensuite mieux retrouver la civilisation de Clairton.

Le début de la descente vers la folie.
Un rapprochement plus que prévisible.

Le film est notamment connu pour la scène où les Viêt-Cong obligent les héros prisonniers à se livrer à une séance de torture psychologique mortelle à base de roulette russe. Controversé pour son absence de base historique factuelle et son tournage éprouvant, ce passage symbolise en réalité le sacrifice des jeunes soldats envoyés à la guerre par le gouvernement américain en mêlant habilement hasard, folie et instinct de survie. Auréolé de cinq oscars dont celui du meilleur film, celui du meilleur réalisateur et celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Christopher Walken, Voyage au Bout de l’Enfer fait partie des films les plus acclamés de son époque et les plus emblématiques sur la guerre du Vietnam.

Nosferatu (2024) de Robert Eggers

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Date de sortie : 25 décembre 2024 (2h 12min)
Réalisateur : Robert Eggers
Acteurs principaux : Nicholas Hoult, Lily-Rose Depp, Bill Skarsgard, Aaron Taylor-Johnson, Willem Dafoe, Emma Corrin, Ralph Ineson
Genre : Drame, épouvante
Nationalité : Américaine
Compositeur : Robin Carolan
Scénariste : Robert Eggers
Sociétés de production : 1492 Pictures, Focus Features et Stillking Films et Studio 8
Budget : 50 millions de dollars

Lily-Rose Depp, nouvelle égérie du cinéma d’épouvante.

Quarante-cinq ans après Nosferatu Fantôme de la Nuit de très bonne facture, c’est au tour de Robert Eggers (The Witch, The Lighthouse, The Northman) de tenter de moderniser le grand classique de Friedrich Wilhelm Murnau. Exprimant d’emblée une volonté de faire différemment, Nosferatu axe davantage le scénario sur les dérives religieuses et introduit des personnages inspirés du Dracula de Bram Stoker. Nicholas Hoult (Mad Max Fury Road, Le Menu, Juré N°2) interprète alors le clerc de notaire Thomas Hutter, inspiré de Jonathan Harker, tandis que Lily-Rose Depp (Planetarium, Le Roi, The Idol) incarne une Ellen Hutter qui rappelle Mina Harker.

Un magnifique plan rappelant les débuts du scénario de La Belle et la Bête.
Un Nicholas Hoult aux expressions impeccables.

Inspiré par Arthur Holmwood, Friedrich Harding apparaît quant à lui sous les traits d’Aaron Taylor-Johnson (The King’s Man, Bullet Train, The Fall Guy), sa femme Anna Harding, jouée par Emma Corrin (Pennyworth, The Crown, Deadpool & Wolverine), étant de son côté équivalente à Lucy Westenra. Outre Herr Knock repris de R.M. Renfield et le docteur Wilhelm Sievers inspiré de John Seward, Willem Dafoe (Spider-Man, Nightmare Alley, Pauvres Créatures) incarne l’excentrique professeur Albin Eberhart Von Franz, faisant directement écho à Abraham Van Helsing.

Une colorimétrie et des jeu d’ombres et de lumières du plus bel effet.
Un Nosferatu à l’apparence hideuse moyennement convaincante.

Correctement réalisé, Nosferatu propose de belles idées de mise en scène avec de superbes plans extérieurs de nuit offrant une impression de noir et blanc. Le film insiste également beaucoup sur l’effroi des personnages comme le montrent le faciès terrifié de Thomas Hutter ainsi que le visage d’Ellen sur lequel ressort l’ombre des griffes du comte Orlok, interprété par Bill Skarsgard (Ça, Assassination Nation, The Crow). Si la volonté de montrer une créature hideuse est à saluer, son rendu n’est pas très convaincant au point de le faire davantage ressembler à un zombie, y compris dans sa manière de déguster ses victimes avec une violence bien plus explicite. Sa voix monstrueuse saccadée n’est également pas du plus bel effet.

Pour qui sonne le glas…
Un personnage imparfait mais au tempérment appréciable.

D’une manière générale, le film se veut un peu trop long et abuse de jumpscares dès ses premières minutes, simultanément à des apparitions immondes qui nuisent à la proposition. L’aspect religieux y est également trop présent, entre Knock qui conclut un pacte avec Orlok et un nombre excessif de scènes de possession qui laisseraient presque croire que l’on se trouve face à un nouvel épisode de L’Exorciste. D’abord assez quelconque, le jeu d’actrice de Lily-Rose Depp gagne toutefois en caractère dès lors que son personnage commence à se rebeller. Se terminant sur un plan d’une laideur redoutable, ce Nosferatu se place clairement en-dessous de ses prédécesseurs sans pour autant manquer d’intérêt grâce à ses qualités intrinsèques.

David Lynch : entre onirisme et réalité

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Un réalisateur au style unique.

À la fois peintre, photographe, musicien, mais surtout connu pour ses talents de scénariste et de réalisateur, David Lynch vient de nous quitter à l’aube de ses soixante-dix-neuf ans. Caractérisée par imagerie onirique, une conception sonore méticuleuse, un surréalisme dérangeant et une exploration des aspects les plus sombres de la condition humaine, sa carrière se compose de dix films auxquels il faut ajouter plusieurs courts métrages. Il commence en 1977 avec Eraserhead, film expérimental de body horror tourné en noir et blanc marquant les débuts de sa collaboration avec Jack Nance, qu’il remet en scène par cinq fois. Sa renommée décolle réellement en 1980 avec Elephant Man, biographie dramatique dans laquelle John Hurt incarne Joseph Merrick, surnommé ainsi à cause de ses difformités, ce qui lui vaut une nomination pour l’oscar du meilleur réalisateur. Il poursuit les années 80 avec la première adaptation cinématographique du roman de science-fiction Dune ainsi que Blue Velvet, thriller néo-noir qui rassemble Kyle MacLachlan, Isabella Rossellini, Laura Dern et Dennis Hopper, lui valant ainsi une deuxième nomination aux oscars.

Une œuvre reconnaissable parmi mille.
Un artiste aux multiples talents.

Les années 90 lui offrent un rayonnement international avec la cocréation de la série Twin Peaks et l’obtention de la Palme d’Or pour Sailor et Lula, comédie dramatique porté par la romance entre Nicolas Cage et Laura Dern, accompagnés de Willem Dafoe. S’ensuivent le préquel Twin Peaks Fire Walk With Me, le thriller psychologique Lost Highway avec Bill Pullman, Patricia Arquette et Balthazar Getty, ainsi qu’Une Histoire Vraie, film dramatique rassemblant Richard Farnsworth, Sissy Spacek et Harry Dean Stanton. Les années 2000 marquent l’arrivée de ses deux derniers films : Mulholland Drive, drame néo-noir porté par Naomi Watts et Laura Harring, ainsi qu’Inland Empire, qui rassemble Laura Dern, Jeremy Irons et Justin Theroux. Auréolé d’un Lion d’Or d’honneur à la Mostra de Venise en 2006 et d’un Oscar d’honneur en 2019, David Lynch restera à jamais gravé dans le paysage du cinéma expérimental.

Nosferatu Fantôme de la Nuit, de Werner Herzog

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Date de sortie : 17 janvier 1979 (1h 47min)
Réalisateur : Werner Herzog
Acteurs principaux : Klaus Kinski, Isabelle Adjani, Bruno Ganz, Roland Topor, Jacques Dufilho, Walter Ladengast
Genre : Épouvante
Nationalité : Franco-allemande
Compositeur : Popol Vuh
Scénariste : Werner Herzog
Sociétés de production : Werner Herzog Filmproduktion, Gaumont et Zweites Deutsches Fernsehen
Budget : 2,5 millions de marks

Un comte qui sait veiller au confort de ses hôtes.

Remake du Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau qui le précède de plus d’un demi-siècle, Nosferatu Fantôme de la Nuit apporte une touche moderne au grand classique de l’épouvante sous l’objectif et la plume de Werner Herzog. Ayant cette fois-ci obtenu les droits d’adaptation, le nom de Dracula est clairement mentionné. Le comte est ici incarné par Klaus Kinski (Et Pour Quelques Dollars de Plus, Les Nuits de Dracula, Aguirre La Colère de Dieu) tandis que Jonathan Harker, héros du roman de Bram Stoker, est interprété par Bruno Ganz (L’Échiquier de la Passion, Les Ailes du Désir, The Reader).

Des plans à l’effroi redoutablement efficace.
Une victime au regard tétanisé.

Très proche de celui d’origine, le scénario mène alors Harker au fin fond des Carpates pour conclure la vente d’une maison auprès du comte malgré les mises en garde des villageois des alentours. Prisonnier et vidé de son énergie, il laisse alors Dracula prendre la mer pour s’éprendre de sa femme Lucy, sous les traits d’Isabelle Adjani (La Gifle, L’Histoire d’Adèle H, Subway). D’un teint profondément livide, cette dernière surprend dès l’introduction alors qu’elle se réveille en sursaut face à l’écran. La séquence d’ouverture présente en effet des sculptures difformes issues du musée des momies de Guanajuato, représentant des victimes du choléra survenu au Mexique en 1833.

Des séquences iconiques.
Un souffrance particulièrement appuyée.

Réalisé d’une main de maître avec des plans impeccables sublimés par la musique macabre du groupe Popol Vuh, le film expose brillamment le côté solitaire et torturé du vampire, Klaus Kinski concrétisant une prestation aussi mélancolique qu’effrayante. Méconnaissable une fois de retour chez lui, Jonathan Harker évolue quant à lui d’une manière inattendue tandis que des hordes de rats répandent la peste à Wismar. Rendant hommage à l’œuvre de Bram Stoker tout en conservant l’apparence dérangeante de l’antagoniste imaginée par Murnau, Nosferatu Fantôme de la Nuit s’impose comme un classique solide mettant en scène le célèbre comte.

L’Histoire sans Fin, une trilogie fantastique

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L’Histoire sans Fin

 

Date de sortie : 6 avril 1984 (Allemagne de l’Ouest), 21 novembre 1984 (France)
Réalisateur : Wolfgang Petersen
Acteurs principaux : Barret Oliver, Noah Hathaway, Deep Roy, Tilo Prückner, Moses Gunn, Sydney Bromley, Patricia Hayes, Tami Stronach
Genre : Fantastique, aventure
Nationalité : Américaine
Compositeurs : Klaus Doldinger et Giorgio Moroder
Scénaristes : Wolfgang Petersen et Herman Weigel
Sociétés de production : Constantin Film, Bavaria Film, Westdeutscher Rundfunk et Dieter Geissler Filmproduktion
Budget : 27 millions de dollars

Un héros introverti et solitaire.

Adaptation de la première moitié du roman éponyme de Michael Ende par Wolfgang Petersen (Dans la Ligne de Mire, Troie), L’Histoire sans Fin est un film d’aventure fantastique dans lequel le jeune Barret Oliver (Frankenweenie, DARYL, Cocoon) incarne Bastien, garçon de dix ans qui cherche à s’évader d’un quotidien morose en se plongeant dans un livre récupéré sur le chemin de l’école. Il se retrouve alors plongé dans le monde de Fantasia, menacé par le Néant et un loup féroce nommé Gmork, et y suit la quête d’Atreyu, incarné par Noah Hathaway, enfant de son âge parti à la recherche d’un remède pour l’impératrice et ainsi sauver le monde.

Une monture volante qui a bien pu inspirer Flammy de Secret of Mana.
Une scène traumatisante qui détone fortement avec le reste du film.

Auréolé d’un univers aux panoramas magnifiques, le film nous mène à la rencontre de divers créatures comme un golem mangeur de pierre, la tortue géante Morla, le dragon Falkor, les statues de Sphinx faisant office d’oracle sudérien ou encore un escargot de course dirigé par un petit homme sous les traits de Deep Roy (Flash Gordon, La Planète des Singes, Charlie et la Chocolaterie). La beauté des musiques renforce pleinement le sentiment d’aventure, la chanson « The NeverEnding Story » étant composée par Giorgio Moroder et chantée par Limahl, ex-membre du groupe Kajagoogoo, accompagné par Ann Calvert.

Une épreuve qui ne laisse pas le droit à l’erreur.
Une apparition finale émouvante.

Derrière son aspect tout public, le film dévoile aussi une part sombre à travers plusieurs passages, notamment celui des marécages de la mélancolie où le cheval d’Atreyu s’enfonce dans la vase : une scène terriblement triste ayant marqué toute une génération. Utilisant la mise en abîme pour révéler l’implication de Bastien dans l’avenir de Fantasia, il présente son univers comme un symbole de l’épanouissement de la fantaisie de l’homme, sa destruction étant imminente à cause des gens qui ont perdu espoir et oublié leurs rêves. Entre les réactions par intermittence du jeune lecteur et l’émotion engendrée par l’apparition de l’impératrice, L’Histoire sans Fin s’impose aisément comme un des plus beaux films fantastiques des années 1980.

 

 

L’Histoire sans Fin II
Un Nouveau Chapitre

 

Date de sortie : 25 octobre 1990 (Allemagne), 13 février 1991 (France)
Réalisateur : George Trumbull Miller
Acteurs principaux : Jonathan Brandis, Kenny Morrison, Clarissa Burt, John Wesley Shipp, Martin Umbach, Alexandra Johnes, Thomas Hill
Genre : Fantastique, aventure
Nationalité : Américaine
Compositeur : Robert Folk
Scénariste : Karin Howard
Sociétés de production : Warner Bros. Pictures, Bavaria Film, Cinevox Filmproduktion, Dieter Geissler Filmproduktion et Kennedy Miller Productions
Budget : 35
millions de dollars

Bastien de retour pour une nouvelle aventure.

Adaptation libre de la seconde moitié du roman par George Trumbull Miller (toute ressemblance avec le réalisateur d’un certain Mad Max serait fortuite), L’Histoire sans Fin II reprend les thèmes de son prédécesseur avec un jeune Bastien qui se réfugie dans les livres pour oublier ses soucis du quotidien. Ignorant les conseils du libraire qui lui précise que la relecture d’un livre modifierait son histoire, il se retrouve de nouveau à Fantasia, cette fois-ci menacé par la sorcière Xayide, qui tente de prendre son contrôle en incitant Bastien à formuler des vœux pour que sa machine à souvenir lui fasse oublier la mission confiée par l’impératrice.

Des antagonistes à l’inspiration douteuse…
Très douteuse…

À l’exception de Thomas Hill qui reprend le rôle de l’antiquaire M. Koreander, le casting est entièrement remanié. Bastien est cette fois-ci joué par Jonathan Brandis (Ça – Il est revenu, Ladybugs, Sidekicks) tandis qu’Atreyu arbore un style indien sous les traits de Kenny Morrison. Le film adopte un ton plus léger et moins sombre, avec des musiques qualitatives mais moins iconiques. De leur côté, les personnages arborent des costumes bien plus kitsch, comme l’oiseau humanoïde Nimbli et ses longues plumes blanches, Triface et ses multiples visages ou encore ces espèces d’insectes géants à la face tout simplement hideuse.

L’impératrice de nouveau en danger.
Une coopération qui fait plaisir à voir.

Le principal intérêt du film réside dans le duo formé par Bastien et Atreyu, qui coopèrent cette fois-ci directement avant que leur relation ne soit complexifiée par les manigances de Xayide, le héros ayant ensuite tendance à s’enténébrer. Interprété par John Wesley Shipp, le père de Bastien est quant à lui bien plus impliqué tandis qu’il comprend enfin l’importance du livre en enquêtant sur la disparition de son fils avant de réussir à communiquer avec lui à travers sa lecture. Une suite clairement en deçà, mais qui ne manque pas de qualités.

 

 

L’Histoire sans Fin 3
Retour à Fantasia

 

Date de sortie : 27 octobre 1994 (Allemagne), 5 juillet 1995 (France)
Réalisateur : Peter MacDonald
Acteurs principaux : Jason James Richter, Melody Kay, Jack Black, Carole Finn, Ryan Bollman, Freddie Jones, Julie Cox
Genre : Fantastique, aventure
Nationalité : Américaine
Compositeur : Peter Wolf
Scénaristes : Karin Howard et Jeff Lieberman
Sociétés de production : CineVox, Dieter Geissler Filmproduktion, Studios de Babelsberg, Media Investment Club, Videal GmbH et Bibo TV Studiobetriebs
Budget : 25
millions de dollars

Une dernière aventure pour Bastien.

Sous la direction de Peter MacDonald, réalisateur de Rambo III mais aussi du futur Légionnaire, L’Histoire sans Fin 3 propose un tout nouveau scénario absent du roman avec un Bastien adolescent qui s’entend toujours aussi mal avec ses semblables, notamment Nicole, la fille de sa belle-mère. Il choisit alors de se réfugier à Fantasia pour échapper à un groupe d’élèves hostiles, connu sous le nom du gang des mauvais. Mais alors que ces derniers prennent possession du livre, le chaos s’abat sur Fantasia et Bastien cherche à retourner dans le monde réel pour le leur reprendre.

Un rendu qui ne fait pas vraiment hommage à son époque.
Un nouveau personnage que l’on retrouve dans la série animée.

L’intégralité du casting se voit une nouvelle fois remanié, à commencer par Bastien qui apparaît sous les traits de Jason James Richter, déjà connu pour son rôle dans Sauvez Willy. On trouve également un des derniers rôles de Freddie Jones (Elephant Man, Dune, Sailor et Lula), qui incarne le bibliothécaire, mais surtout un des tout premiers rôles de Jack Black (Demolition Man, Disjoncté, Mars Attacks), qui s’amuse dans son interprétation de Slip, leader du gang des mauvais qui passe son temps à railler Bastien en l’appelant « Balthazar ». Pour la première fois dans la saga, la majeure partie de l’aventure se déroule dans le monde réel, Bastien étant principalement accompagné de Falkor et d’un arbre humanoïde appelé Barky, tandis qu’Atreju est étrangement absent.

Jack Black dans toute sa splendeur !
Quand le concept de mauvais goût prend finalement tout son sens…

Réalisé par-dessus la jambe avec un budget rachitique, L’Histoire sans Fin 3 constitue une grosse série B qui se rapproche parfois du nanar. Pourvu de décors en carton et d’une bande originale bercée par un rock douteux, le film accumule les couleurs flashy et les effets spéciaux totalement surfaits. Le rendu des personnages façon Tortues Ninja III est assez consternant, la palme de l’immondice revenant sans doute au personnage à la grosse tête, qui ressemble à un mauvais clonage du docteur Neo Cortex de Crash Bandicoot. Un film passable confirmant qu’il était grand temps de s’arrêter !

Nosferatu le Vampire (1922) le classique de Murnau vu cent ans après

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Date de sortie : 16 février 1922 (Pays-Bas),
27 octobre 1922 (France)

Réalisateur : Friedrich Wilhelm Murnau
Acteurs principaux : Max Schreck, Gustav von Wangenheim, Alexander Granach, Greta Schröder, Georg H. Schnell, Ruth Landshoff
Genre : Épouvante

Nationalité :
Allemande

Compositeur : Hans Erdmann
Scénariste : Henrik Galeen
Société de production : Prana Film Berlin GmbH
Budget : non communiqué

Un duo qui n’est pas au bout de ses surprises.

Adaptation du Dracula de Bram Stoker réalisée par Friedrich Wilhelm Murnau en 1922, Nosferatu le Vampire fait partie des œuvres culte les plus anciennes de l’histoire du cinéma. Pionnier du genre de l’épouvante, le réalisateur puise dans l’expressionnisme allemand pour exprimer la distorsion des objets et des corps, les visages et les décors arborant des formes dérangeantes à plusieurs reprises. Le scénario prend place en 1838 alors que le jeune clerc de notaire Thomas Hunter part en Transylvanie pour vendre une propriété à un mystérieux comte résidant dans un château. Apercevant une image représentant la femme d’Hunter durant la transaction, il commence à répandre le chaos en cherchant à se l’approprier.

Cacher une partie du visage pour mieux suggérer l’effroi.
Un regard implacable.

Film muet réalisé en noir et blanc, Nosferatu le Vampire alterne des textes racontant l’histoire avec des prises de vue en vingt-quatre images par seconde. Originellement teinté, il tombe toutefois à seize images par seconde pour une durée d’une heure trente. Le jaune est par exemple utilisé pour exprimer le jour et la lumière, le vert et le bleu représentent la nuit tandis que le rose fait office de lever ou de coucher du soleil. Le film ayant été tourné de jour, les couleurs servent à donner un repère visuel pour compléter les indices contextuels que sont, par exemple, les lampes ou les bougies allumées. Utilisant efficacement les jeux d’ombres et de lumières, le film use de temps à autres du stop-motion ou de l’image en négatif.

Un faciès des plus effrayants.
Un plan devenu iconique !

Certains plans marquants expriment redoutablement l’horreur, comme ce moment où Thomas Hunter entrouvre une porte pour apercevoir le comte qui le fixe au loin. Malgré l’âge, Nosferatu le Vampire conserve une saveur unique grâce à des compositions donnant l’illusion qu’une seule et unique musique berce l’intégralité du métrage. Le film traite bien sûr du thème du mal, mais aussi de l’étranger et du désir sexuel avec l’épidémie de peste et le sacrifice d’Ellen. Les producteurs n’ayant pas pu s’acquitter des droits d’auteur, le comte porte ici le nom d’Orlock tandis que la patronyme Nosferatu serait dérivé du roumain « nesuferitu », désignant alors l’innommable, le démon.

Le démon observe depuis sa prison.
Une fin étincelante.

Ayant engendré un puissant héritage, le film obtient un remake en 1979 par Werner Herzog intitulé Nosferatu Fantôme de la Nuit alors que Tobe Hooper s’en inspire la même année pour Les Vampires de Salem, basé sur un roman de Stephen King. Si E. Elias Merhige réalise en 2000 une adaptation romancée du tournage du film intitulée L’Ombre du Vampire, Tim Burton fait une référence à Nosferatu le Vampire dans plusieurs de ses films, comme dans le plan final de la fenêtre d’Edward aux Mains d’Argent ou par l’intermédiaire du personnage incarné par Christopher Walken dans Batman Returns, dont la noirceur lui fait porter le nom de Max Shreck, interprète du comte Orlock dans le film de Murnau.

Des combats de boss mythiques.
Une inspiration très éclectique.

Outre le remake de Robert Eggers sorti en 2024, le personnage de Nosferatu reste fortement représenté dans la pop culture. Sur Super Nintendo, on trouve par exemple le vampire à tête de rongeur Nosfera dans Secret of Mana, les vampires Nosfe et Ratu dans Illusion of Time ou encore un jeu Nosferatu au gameplay inspiré de Prince of Persia. Sur PlayStation, un des boss de Castlevania Symphony of the Night s’appelle le comte Orlox tandis qu’une invocation diabolique de Final Fantasy VIII porte le nom de Nosferatu. De son côté, Resident Evil Code Veronica nomme Nosferatu un boss ayant subi des expériences lui faisant sortir des pattes d’insecte dans le dos. Un incontournable aux influences multiples !

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