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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Souviens-toi l’Été Dernier : une saga horrifique largement inspirée de Scream

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Souviens-toi l’Été Dernier (1997)

Date de sortie : 17 octobre 1997 (États-Unis), 28 janvier 1998 (France)
Réalisateur : Jim Gillespie
Acteurs principaux : Jennifer Love Hewitt, Ryan Philippe, Freddie Prinze Jr, Sarah Michelle Gellar, Johnny Galecki, Bridgette Wilson et Muse Watson
Genre : Épouvante
Nationalité : Américaine
Compositeur : John Debney
Scénariste : Kevin Williamson
Sociétés de production : Mandalay Entertainment et Neal H. Moritz Production
Budget : 17
 millions de dollars

La fameuse nuit où tout a commencé.

Adaptation libre du roman Comme en un Mauvais Rêve écrit par Lois Duncan, Souviens-toi l’Été Dernier profite du succès de Scream pour remettre en avant le genre du slasher en s’inscrivant dans la droite lignée d’Halloween La Nuit des Masques. Premier film réalisé par Jim Gillespie, il met en scène quatre lycéens (Julie, Helen, Barry et Ray) qui heurtent accidentellement un inconnu sur une route côtière lugubre alors qu’ils faisaient une virée en voiture pour fêter leur dernier été ensemble avant leur départ pour l’université. Alors qu’ils se débarrassent du corps dans l’océan, ils concluent un pacte pour ne plus jamais parler de cette nuit-là. Mais un an plus tard, le cauchemar ressurgit quand Julie reçoit une lettre anonyme indiquant « Je sais ce que tu as fait l’été dernier. ».

Une inquiétante menace au crochet.
Des scènes de tension très efficaces.

Porté par des acteurs comme Jennifer Love Hewitt (Sister Act 2, Le Smoking, Sexy Devil), Ryan Philippe (Lame de Fond, Nowhere, Way of the Gun) et Freddie Prinze Jr. (Elle est Trop Bien, Wing Commander, Scooby-Doo), le film marque aussi le premier grand rôle au cinéma de Sarah Michelle Gellar (Scream 2, Sexe Intentions, The Grudge), quelques mois après les débuts de Buffy contre les Vampires. Le casting est ensuite complété par Johnny Galecki (Le Sapin a les Boules, Vanilla Sky, The Big Bang Theory), Bridgette Wilson (Last Action Hero, Mortal Kombat, Nixon) et Muse Watson (Assassins, Austin Powers L’Espion qui m’a Tirée, Prison Break).

Une découverte des cadavres directement héritée de Scream.
L’heure de la révélation approche…

Véritable métaphore du passage à l’âge adulte, Souviens-toi l’Été Dernier exploite efficacement les codes de l’épouvante pour traiter des thèmes de la culpabilité et du traumatisme. Pourvu d’une belle réalisation et d’un suspense efficace avec cet étrange individu vêtu d’un imperméable et armé d’un crochet qui harcèle les protagonistes, il se montre peu sanglant et prend le temps d’installer une certaine angoisse avant d’en arriver aux premiers meurtres. Au final assez classique, son scénario ne favorise toutefois pas suffisamment l’identité du tueur, dont l’identité reste peu évidente. Le film reste un bon représentant du genre, qui connaît alors deux suites, une série en 2021 pour un nouveau film en 2025.

 

Souviens-toi l’Été Dernier 2

Date de sortie : 13 novembre 1998 (États-Unis), 13 janvier 1999 (France)
Réalisateur : Danny Cannon
Acteurs principaux : Jennifer Love Hewitt, Freddie Prinze Jr, Brandy Norwood, Mekhi Phifer, Muse Watson, Jack Black
Genre : Épouvante
Nationalité : Américaine
Compositeur : John Frizzell
Scénaristes : Trey Callaway et Stephen Gaghan
Sociétés de production : Columbia Pictures, Mandalay Entertainment, Neal H. Moritz Production et Summer Knowledge LLC
Budget : 24
 millions de dollars

On prend (une partie) des mêmes et on recommence.

Suite directe du premier film, Souviens-toi l’Été Dernier 2 prend place un an après les meurtres de Southport alors que Julie étudie à Boston tout en souffrant de stress post-traumatique. Pour tenter d’oublier tout cela, sa colocatrice Karla, sous les traits de la chanteuse Brandy Norwood, lui fait gagner un week-end aux Bahamas en compagnie de leurs amis Will et Tyrell, ce dernier étant incarné par Mekhi Phifer (L’Armée des Morts, Divergente, Pandemic). Tout cela était évidemment bien trop beau pour être vrai car le cauchemar recommence dans leur hôtel avec une nouvelle série de meurtres.

Jack Black et le charisme déconcertant.
Des personnages énigmatiques.

Si Jennifer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr. reprennent leurs rôles, le quatuor fait également la connaissance d’une barmaid jouée par Jennifer Esposito, d’un étrange porteur de bagages incarné par Bill Cobbs (Le Sous-Sol de la Peur, Bodyguard, Demolition Man) ainsi que de Titus, un excentrique interprété par Jack Black (L’Histoire sans Fin III, Waterworld, Disjoncté) qui ne fume sans doute pas que des cigarettes. De son côté, Ray comprend que le tueur est de retour en rendant visite à Julie et s’empresse de la retrouver aux Bahamas afin d’en finir une bonne fois pour toutes.

Une mise en scène toujours aussi efficace.
Ben Willis rôde toujours !

Lui aussi pourvu d’une réalisation soutenue, Souviens-toi l’Été Dernier 2 ne réinvente pas la roue avec un scénario relativement classique mais tire son épingle du jeu en proposant un cadre plus original et un certain sentiment d’angoisse grâce au huis clos instauré dans l’hôtel. Le parallèle entre les événements des Bahamas et les mésaventures de Ray offre également une double narration bienvenue. Si Muse Watson reprend aussi son rôle, le twist final s’inspire d’autant plus de Scream qu’il met en scène un complice qui renforce l’intérêt de l’intrigue. Une suite convaincante !

 

Souviens-toi l’Été Dernier 3

Date de sortie : 21 juin 2006 (1h 32min)
Réalisateur : Sylvain White
Acteurs principaux : Brooke Nevin, Torrey DeVitto, David Paetkau, Seth Packard, Michael Flynn, Don Shanks
Genre : Épouvante
Nationalité : Américaine
Compositeur : Justin Caine Burnett
Scénaristes : Trey Callaway et Stephen Gaghan
Sociétés de production : Original Film, Mandalay Entertainment et Destination Films
Budget : 18
 millions de dollars

Une nouvelle bande de jeunes pris pour cible.

Sorti directement en vidéo huit ans après son prédécesseur, Souviens-toi l’Été Dernier 3 fait le choix de remplacer les protagonistes d’origine par de tous nouveaux personnages dans un scénario se déroulant sept ans plus tard. Lors d’une fête foraine pour le 4 juillet, quatre lycéens subissent la blague d’un de leurs amis, qui les poursuit déguisé en tueur au crochet jusqu’à faire tomber l’un d’eux d’un toit, qui s’empale accidentellement. Cherchant à faire taire ce qui s’est réellement passé en inventant un tueur de toutes pièces auprès de la police, ils se retrouvent tous confrontés à une réelle menace l’année suivante.

Un accident qui ne sera pas sans conséquence.
Une mise en scène toujours aussi exquise.

Reprenant le schéma narratif du premier épisode, le film innove ici et là avec hallucinations lors de scènes d’action pas toujours très lisibles à cause de trop nombreuses coupes. Pourvu d’une réalisation correcte et d’une mise en scène assez qualitative, il met principalement en scène Brooke Nevin, Torrey DeVitto (Les Frères Scott, Les Experts Miami, Castle), David Paetkau (Destination Finale 2, Alien versus Predator 2), Ben Easter et Don Shanks (Halloween 5). Si les références au premier film sont légion, le scénario n’omet pas l’importance du deuxième avec la présence d’un crochet venu tout droit des Bahamas.

Une apparition au charisme discutable.

Laissant croire à des cauchemars qui pourraient signifier que la menace est uniquement psychologique, Souviens-toi l’Été Dernier 3 se fournoie dans son propos pourtant ingénieux en laissant apparaître une version zombifiée de Ben Willis sous le manteau du pêcheur. Les meurtres étant bien réels, la seule explication serait que la mauvaise blague du début du film ait ressuscité le tueur d’origine, qui serait alors revenu hanter la nouvelle bande de jeunes. Un scénario perfectible qui sort du cadre réaliste, là où le choix de simples hallucinations (comme Roger qui semble se suicider en laissant croire qu’on lui a tranché la gorge) auraient été bien plus opportun.

 

Souviens-toi l’Été Dernier (2025)

Date de sortie : 16 juillet 2025 (1h 51min)
Réalisatrice : Jennifer Kaytin Robinson
Acteurs principaux : Madelyn Cline, Chase Sui Wonders, Jonah Hauer-King, Tyriq Withers, Sarah Pidgeon, Billy Campbell, Austin Nichols, Jennifer Love Hewitt, Freddie Prinze Jr
Genre : Épouvante
Nationalité : Américaine
Compositrice : Chanda Dancy
Scénaristes : Sam Lansky et Jennifer Kaytin Robinson
Sociétés de production : Columbia Pictures, Screen Gems et Original Film
Budget : 18
 millions de dollars

Une nouvelle génération confrontée à la malédiction de Southport.

Près de vingt ans après la trilogie d’origine, Souviens-toi l’Été Dernier effectue son grand retour au cinéma dans un quatrième film se déroulant près de trente ans après les premiers massacres de Southport. La ville a tenté d’oublier le passé en devenant une riche station balnéaire jusqu’à ce que cinq nouveaux lycéens reproduisent des événements similaires. Le casting est notamment porté par Madelyn Cline (Stranger Things, Glass Onion), Chase Sui Wonders (Generation, City on Fire), Jonah Hauer-King (This is the Night, La Petite Sirène), Sarah Pidgeon (Gotham, The Wilds), Billy Campbell (Les Aventures de Rocketeer, Dracula) et Austin Nichols (Le Jour d’Après, Les Frères Scott, The Walking Dead).

Une menace devenue iconique.
Le grand retour des survivants de l’époque.

Similaire à ses prédécesseurs, le film commence d’abord par quelques feintes puis se démarque en troquant l’homicide routier par un accident survenu après que le groupe, cette fois-ci composé de cinq personnages, s’est arrêté en pleine route. Traqués par un mystérieux tueur après avoir reçu un message un an plus tard, ils découvrent le passé de leur ville grâce à un podcast sur les meurtres et décident de se tourner vers les survivants du massacre de 1997. Jennifer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr. reprennent ainsi leurs rôles de Julie et de Ray tandis que Sarah Michelle Gellar effectue un caméo glaçant durant un cauchemar.

Des renvois efficaces au passé eu scénario.

S’inscrivant dans la lignée des récents Scream en faisant rencontrer des vétérans à une nouvelle génération de protagonistes, Souviens-toi l’Été Dernier s’en sort bien mieux que ces derniers grâce à un scénario qui prend plus de risques avec des mobiles meurtriers déjà plus cohérents. Si le choix d’enfin mettre en scène deux tueurs n’a plus rien d’original en 2025, faire porter le costume à un des témoins de l’accident ainsi qu’à un des héros d’origine a totalement de quoi surprendre. Tandis que le scénario semble vouloir aller plus loin avec Brandy Norwood qui reprend son rôle de Karla durant la scène post-générique, ce quatrième film prouve qu’une saga peut tout à fait sublimer son retour de longues années après si elle est soutenue par une réalisation et une écriture de qualité.

Dracula (2025) de Luc Besson

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Date de sortie : 30 juillet 2025 (2h09min)
Réalisateur : Luc Besson
Acteurs principaux : Caleb Landry Jones, Christoph Waltz, Matilda De Angelis, Zoë Bleu, Ewens Abid, David Shields
Genre : Épouvante, fantastique
Nationalité : Français
Compositeur : Danny Elfman
Scénariste : Luc Besson
Sociétés de production : LBP Productions et EuropaCorp
Budget : 45 millions de dollars

Caleb Landry Jones toujours au sommet.

Deux ans après un retour aux sources d’une redoutable efficacité avec l’excellent DogMan, Luc Besson place cette fois-ci Caleb Landry Jones (X-Men Le Commencement, Antiviral, Get Out) dans le rôle du prince Vladimir pour une nouvelle adaptation de Dracula fortement inspirée de celle de Francis Ford Coppola. L’introduction prend place en 1480 alors que la bien-aimée de Vlad se fait tuer durant une bataille, poussant ce dernier à violemment renier l’Église en transperçant un prêtre. À la fin du XIXème siècle, c’est cette fois-ci à Paris qu’il retrouve une jeune femme ressemblant à Elisabeta.

Une réception digne du Batman de Tim Burton !
Une très belle mise en scène.

S’il peut être surprenant de voir Luc Besson s’attaquer à un tel mythe, présenter le comte Dracula comme la victime d’une malédiction est finalement en parfaite cohérence avec sa manière de centrer son propos sur un personnage marginalisé. Si l’on retrouve des personnages comme Jonathan Harker, Mina ou encore son amie cette fois-ci appelée Maria sous les traits de Matilda De Angelis, Christoph Waltz (Big Eyes, Alita Battle Angel, Mourir Peut Attendre) y incarne un Abraham Van Helsing assez charismatique, bien que jamais nommé comme tel.

Christoph Waltz, chasseur de vampires.
Des plans somptueux.

Auréolé d’une belle réalisation, le film s’impose comme une adaptation convaincante du roman de Bram Stoker. Caleb Landry Jones y est une nouvelle fois incroyable par sa prestance, son parler et son faciès effrayant. Habituellement épaulé par Éric Serra, Luc Besson signe ici sa première collaboration avec Danny Elfman (Dumbo, Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Beetlejuice Beetlejuice), qui s’inspire efficacement des compositions de Wojciech Kilarf pour retranscrire toute la violence et le fatalisme du scénario. Une belle réussite qui montre que la réalisateur est plus que jamais de retour !

28 Jours Plus Tard, une trilogie initiée par Danny Boyle

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28 Jours Plus Tard

Date de sortie : 1er novembre 2002 (Royaume-Uni et Irlande), 28 mai 2003 (France)
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs principaux : Cillian Murphy, Naomie Harris, Megan Burns, Brendan Gleeson, Christopher Eccleston, Noah Huntley, Stuart McQuarrie, Ricci Harnett
Genre : Épouvante, science-fiction
Nationalité : Britannique
Compositeur : John Murphy
Scénariste : Alex Garland
Sociétés de production : British Film Council, en association avec DNA Films
Budget : 8
 millions de dollars

Jim perdu dans une ville dévastée.

Cinquième film réalisé par Danny Boyle (Trainspotting, Une Vie Moins Ordinaire, La Plage), 28 Jours Plus Tard marque la première collaboration du réalisateur britannique avec Alex Garland, qui officie comme scénariste. Démarrant avec une séquence choc qui montre des singes infectés s’échapper d’un laboratoire après s’être jetés sur une de leur sauveuse, le film annonce d’emblée la couleur avec la brutalité et la radicalité du monde à venir. Vingt-huit jours plus tard, Jim, un coursier marquant le premier rôle majeur au cinéma de Cillian Murphy (La Jeune-Fille à la Perle, Batman Begins, Anna), se réveille du coma dans une Londres vidée de ses habitants, en proie à une menace invisible et dépourvue de toute structure sociale.

Un trio de survivants qui va devoir se serrer les coudes.
Des effets flippants réussis.

Le réalisateur s’éloigne des codes traditionnels du film de zombies pour explorer une peur plus contemporaine au début des années 2000. Les infectés ne sont pas des morts-vivants classiques mais des personnes transformées en créatures virulentes capables de courir, à la manière des crimson heads du remake du jeu vidéo Resident Evil, sorti quelques mois plus tôt. Cette relecture nerveuse du mythe du zombie, alliée à une caméra granuleuse et un tournage en décors réels désertés à l’aube, confère au film un visuel réaliste donnant l’impression que l’action est filmée sur le vif. Si certaines scènes d’action abusent des coupes au montage, rendant la lisibilité parfois confuse, elles traduisent aussi un chaos brut et viscéral relativement innovant pour le genre.

Une menace bien plus grande que les infectés eux-mêmes.
Une déshumanisation particulièrement poignante.

Aux côtés de Cillian Murphy, Naomie Harris (Pirates des Caraïbes Le Secret du Coffre Maudit, Skyfall, Mowgli) se fait également connaître en interprétant une survivante déterminée tandis que Brendan Gleeson (Braveheart, Gangs of New York, Joker Folie à Deux) apporte une touche d’humanité désespérée dans ce monde en ruines. Militaire glaçant sous les traits de Christopher Eccleston (Petits Meurtres entre Amis, Les Autres, Doctor Who), Henry West incarne quant à lui une menace encore plus dangereuse : celle des hommes prêts à tout pour maintenir un ordre à leur avantage. 28 Jours Plus Tard s’interroge alors sur la condition humaine et les frontières de la barbarie, contribuant à relancer l’intérêt pour ce genre d’univers, à commencer par The Walking Dead, dont le comics commence à paraître un an plus tard. Son atmosphère oppressante et sa tension psychologique lui octroient une dimension politique et humaine qui le distingue fortement de ses prédécesseurs.

 

28 Semaines Plus Tard

Date de sortie : 9 mai 2007 (Jamaïque),
26 août 2007 (France)

Réalisateur : Juan Carlos Fresnadillo
Acteurs principaux : Robert Carlyle, Catherine McCormack, Imogen Poots, Rose Byrne, Jeremy Renner, Idris Elba
Genre : Épouvante, science-fiction
Nationalité : Hispano-britannique
Compositeur : John Murphy
Scénaristes : Rowan Joffé, Juan Carlos Fresnadillo, Enrique López Lavigne et Jesús Olmo
Sociétés de production : DNA Films, UK Film Council, Figment Films, Fox Atomic, Sogecine et Koan Films
Budget : 15
 millions de dollars

Une séquence choc qui confirme la dangerisoté des créatures.

Cinq ans après 28 Jours Plus Tard, Juan Carlos Fresnadillo succède à Danny Boyle pour le deuxième volet de la saga. Intitulé 28 Semaines Plus Tard, le film s’ouvre sur une séquence de survie brutale montrant des rescapés violemment surpris par l’arrivée d’infectés dans la maison de campagne où ils s’étaient réfugiés. Le réalisateur affiche alors dès les premières minutes un style frontal plus intense marqué par un certain désespoir de l’humanité. Vingt-huit semaines plus tard, l’épidémie est officiellement éradiquée et le Royaume-Uni placé sous contrôle militaire américain avec une zone sécurisée dans un quartier de Londres pour entamer la reconstruction. Le casting est entièrement renouvelé pour apporter un tout autre point de vue sur le scénario. Robert Carlyle (Le Monde ne Suffit pas, Trainspotting, Once Upon A Time) y incarne Don, père de famille rongé par la culpabilité après avoir abandonné sa femme pour sauver sa peau.

Une détresse parfaitement incarnée par Robrt Carlyle.
Quand la détresse laisse place à la trahison.

Imogen Poots (V pour Vendetta, Fright Night, Need for Speed) concrétise son premier rôle d’envergure au cinéma en interprétant sa fille Tammy qui, à l’aide de son jeune frère, parvient à sortir de la zone sécurisée pour retrouver leur ancienne maison. Alors que leur mère y réapparaît sous les traits de Catherine McCormack (Braveheart, The Tailor of Panama, Spy Game) à l’occasion d’un plan effroyable, le virus refait surface pour mieux engendrer le chaos sur la ville. Porté par une réalisation nerveuse qui ne lésine pas sur les coupes abruptes et les scènes de panique, 28 Semaines Plus Tard se montre plus intense et rythmé que son prédécesseur. Si cette frénésie nuit encore trop à la lisibilité de l’action, elle traduit aussi la violence incontrôlable d’un monde en ruines.

Les derniers survivants d’une ville ravagée.
Une tragédie qui coûte cher.

La gestion militaire donne également l’occasion de dénoncer l’impuissance des structures politique face à un ennemi invisible, les décisions expéditives de l’armée et les dilemmes moraux qui en découlent. Rose Byrne (Star Wars L’Attaque des Clones, Troie, Sunshine) y incarne à cette occasion une médecin militaire confrontée à l’échec de la science face au virus, tandis que Jeremy Renner (Démineurs, Missions Impossible Protocole Fantôme, Hansel et Gretel Chasseurs de Sorcières) interprète un sniper qui déserte l’armée pour sauver une partie de la population. Moins intimiste que 28 Jours Plus Tard, sa suite mise sur l’ampleur et la brutalité d’un effondrement en cours, le réalisateur ayant conservé la tension sourde qui faisait la force du premier film. Entre film d’horreur postapocalyptique et critique militaire, 28 Semaines Plus Tard confirme l’intérêt d’un univers où le virus n’est qu’un révélateur des instincts humains les plus sombres.

 

28 Ans Plus Tard

Date de sortie : 18 juin 2025 (1h 55min)
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs principaux : Alfie Williams, Aaron Taylor-Johnson, Jodie Comer, Ralph Fiennes, Edvin Ryding, Jack O’Connell et Erin Kellyman
Genre : Épouvante, science-fiction
Nationalité : Américano-britannique
Compositeur : Young Fathers
Scénariste : Alex Garland
Sociétés de production : Columbia Pictures, DNA Films, BFI et Decibel Films
Budget : 60
 millions de dollars

Leçon n°1 : avoir le courage de regarder.

Il a fallu dix-huit longues années pour que Danny Boyle revienne enfin à la franchise qu’il avait contribué à lancer, accompagné une nouvelle fois du scénariste Alex Garland. Intitulé 28 Ans Plus Tard, ce troisième volet adopte un style encore différent alors que des survivants ont appris à vivre durablement avec la menace, réfugiés sur une île isolée du continent par une chaussée lourdement gardée. Le casting est une fois de plus renouvelé avec un père de famille interprété par Aaron Taylor-Johnson (The King’s Man, Bullet Train, Nosferatu), qui amène son fils sous les traits d’Alfie Williams en dehors de la ville fortifiée afin de mettre en pratique ses leçons de tir à l’arc directement sur des infectés.

Une sortie qui devait nécessairement mal tourner.
Une course-poursuite qui rappelle fortement L’Attaque des Titans.

Au cœur d’un Royaume-Uni sauvage et reconquis par la nature comme par la folie, le film oppose frontalement la relative stabilité d’une communauté insulaire aux horreurs d’un monde extérieur redevenu primitif. La mise en scène, fidèle à l’esthétique crue des précédents volets, se densifie ici avec des images puissantes, comme des corps suspendus et des rituels tribaux. La narration fait ressurgir des figures à la fois tragiques et ambivalentes : Jodie Comer (Star Wars L’Ascension de Skywalker, Le Dernier Duel) incarne une survivante marquée par la perte tandis que Ralph Fiennes (The Reader, Mourir Peut Attendre, Le Menu) sort encore une fois des sentiers battus dans le rôle d’un médecin devenu chef communautaire habité par une vision du monde sacrificielle aboutissant à un culte des crânes.

Des airs de Cillian Murphy ?
Un rite qui a de quoi faire froid dans le dos.

Plus encore que ses prédécesseurs, le film flirte avec la fable horrifique, multipliant les séquences symboliques où les infectés semblent moins menaçants que les idéologies nées du désespoir. On y devine l’influence de The Last of Us pour la survie en duo armé d’un arc et la nature qui reprend ses droits, de The Walking Dead pour les infectés vieillissants et les survivants regroupés en communautés, ou encore L’Attaque des Titans pour les infectés imposants capables de donner des ordres aux autres membres de sa horde. On peut même y voir un clin d’œil à Brain Dead pour l’infectée qui accouche, à la différence que l’enfant né semble parfaitement sain. Fidèle à son goût pour le chaos esthétique, Danny Boyle signe un retour fascinant qui n’a pas peur d’explorer ce que deviennent les survivants quand ils cessent d’attendre la fin.

Superman (2025) de James Gunn

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Date de sortie : 8 juillet 2025 (2h 09min)
Réalisateur : James Gunn
Acteurs principaux : David Corenswet, Rachel Brosnahan, Nicholas Hoult, Edi Gathegi, Nathan Fillon, Isabela Merced
Genre : Super-héros, science-fiction
Nationalité : Américaine
Compositeurs : John Murphy et David Fleming
Scénariste : James Gunn
Sociétés de production : DC Studios, The Safran Company et Troll Court Entertainment, présenté par Warner Bros.
Budget : 225
 millions de dollars

Une belle équipe de vainqueurs !

Premier film du deuxième univers DC imaginé par James Gunn (Super, Les Gardiens de la Galaxie, The Suicide Squad), ce nouveau Superman s’inscrit dans le premier chapitre « Gods and Monsters » et fait le choix de directement rentrer dans le feu de l’action sans dépeindre les origines des personnages. On découvre alors un Clark Kent incarné par David Corenswet (The Politician, Hollywood, Twisters) déjà en couple avec une Lois sous les traits de Rachel Brosnahan (The Finest Hours, The Amateur) face à la mégalomanie de Lex Luthor, ingénieusement interprété par Nicholas Hoult (Mad Max Fury Road, Juré N°2, Nosferatu). Le chien Krypto apparaît également pour la première fois en prises de vue réelles lors de séquences essentiellement comiques ayant parfois la mauvaise manie de rappeler l’humour douteux des films Marvel.

Une relation sulfureuse dès les premiers instants.
Une forteresse de glace joliment retranscrite !

Si l’on peut saluer l’envergure de l’univers visuel proposé, nourri par une galerie de seconds rôles bien campés (Edi Gathegi (Twilight, X-Men Le Commencement) en Mister Terrific, Isabela Merced (Madame Web, Alien Romulus, The Last of Us) en Hawkgirl et Nathan Fillon qui prêtait déjà sa voix à Green Lantern dans les films d’animation DC), le film peine à offrir un véritable enjeu dramatique à ces personnages secondaires. Introduits dans des scènes d’exposition souvent expéditives, ils donnent le sentiment d’être là pour cocher des cases en vue des futurs films plutôt que pour réellement servir l’histoire de Superman. Des figures comme l’Ingénieure ou Metamorpho, pourtant intrigantes sur le papier, restent cantonnés au rang de figurants de luxe, comme si Gunn avait voulu caser tout le monde dès ce premier film au risque de saturer la narration. Sans parler de cette créature immense, lâchée par Luthor en plein Metropolis pour faire diversion.

Des seconds rôles à l’utilité et au charisme discutables…
Un face-à-face toujours aussi percutant.

Sur le plan technique, les effets spéciaux restent maîtrisés, les scènes d’action lisibles et le remix musical du thème de John Williams agit comme un liant émotionnel bienvenu. Mais tout cela ne suffit pas à masquer un scénario inutilement alambiqué, tiraillé entre sa volonté de bâtir une mythologie dense et celle de rester un divertissement familial, le ton oscillant péniblement entre légèreté pop et science-fiction verbeuse. Et si l’apparition finale de Supergirl sous les traits de Milly Alcock (House of the Dragon) ouvre des perspectives intéressantes, elle illustre aussi cette tendance à vouloir constamment teaser la suite, au détriment d’une conclusion solide laissant l’image d’un film de qualité. Au demeurant correct, cet énième Superman pourrait déjà faire partir le nouvel univers DC avec une balle dans le pied.

Lilo & Stitch : du dessin animé au remake live

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Lilo & Stitch (2002)

Date de sortie : 16 juin 2002 (Inde), 22 juin 2002 (France)
Réalisateurs : Dean DeBlois et Chris Sanders
Comédiens de doublages : Camille Donda, Emmanuel Garijo, Virginie Méry, Vincent Grass, Éric Métayer, Mouss Diouf
Genre : Animation
Nationalité : Américaine
Compositeur : Alan Silvestri
Scénaristes : Dean DeBlois et Chris Sanders
Société de production : Walt Disney Pictures
Budget : 80
 millions de dollars

Lilo et sa grande sœur Nani.

Emblématique de la nouvelle vague de films animés Disney des années 2000, Lilo & Stitch se démarque assez fortement de ses prédécesseurs en mettant en scène deux personnages incompris pourtant très différents. Si Lilo est une fillette hawaïenne qui pose de gros soucis à sa sœur Nani depuis la mort de leurs parents, Stitch est une petite créature proche d’un Gremlin issue d’expériences pratiquées sur une planète lointaine. D’abord appelé « Expérience 626 », il finit par s’échapper et atterrit sur Terre, poursuivi par son créateur le professeur Jumba et l’agent Pikly, spécialiste de la planète pouvant à la fois rappeler un zinzin de l’espace et Bob Razowski de Monstres et Cie.

La présidente du Grand Conseil compte bien récupérer 626.
Une amitié qui ne se fait pas attendre.

Le film aborde des thématiques rarement centrales dans les productions Disney : la solitude, le deuil et la marginalité. Car au-delà du caractère comique et farfelu du petit extraterrestre, Lilo & Stitch explore la détresse d’une enfant qui vient de perdre ses parents, dont le comportement turbulent masque une grande souffrance, ainsi que la lutte d’une sœur aînée qui tente de conserver sa garde. La présence de l’éducateur Cobra Bubbles, ancien agent du FBI reconverti en assistant social, apporte un contrepoint sérieux au quotidien de Nani et Lilo pour mieux souligner la précarité de leur situation familiale. Lui-même conçu pour détruire, Stitch découvre peu à peu la valeur de l’attachement et de la tendresse dans une trajectoire qui inverse les codes du monstre incompris.

L’agend Bubbles, entre comique et gravité.
La famille au centre du récit.

Musicalement, le film surprend aussi par son ancrage dans la culture hawaïenne et son hommage inattendu à Elvis Presley. Ses chansons servent de pont entre les univers : elles permettent à Lilo de partager sa passion, à Stitch d’apprendre les codes humains et au spectateur de s’ancrer dans une ambiance à la fois rétro et exotique. Ce mélange atypique contribue à la singularité du film aux côtés de ses antagonistes ambigus, notamment le capitaine Gantu, homme-requin plus maladroit que malveillant. On peut néanmoins regretter l’absence de chansons à l’ancienne et de personnages réellement charismatiques.

Une étonnante omniprésence d’Elvis Presley.
Des déguisements à s’y méprandre !

Si Camille Donda (Shanti dans Le Livre de la Jungle 2, Naminé dans Kingdom Hearts II, Zaza dans La Bande à Picsou 2017) prête sa voix à Lilo, c’est Emmanuel Garijo (Bobby dans Dingo & Max, Cait Sith dans Final Fantasy VII Advent Children, Toad dans Super Mario Bros.que l’on retrouve derrière Stitch et David Kawena. Succès au box-office, le film obtient une suite directement-to-video en 2005 intitulée Lilo & Stitch 2 Hawaï Nous avons un Problème. Il est aussi décliné en série animée de 2003 à 2006, dont les téléfilms Stitch et Leroy & Stitch constituent respectivement le prologue et l’épilogue. Un film live sorti en 2025 vient ensuite en proposer une réinterprétation.

 

Lilo & Stitch (2025)

Date de sortie : 21 mai 2025 (1h 48min)
Réalisateur : Dean Fleischer Camp
Acteurs principaux : Maia Kealoha, Sydney Agudong, Zach Galifianakis, Billy Magnussen, Kaipo Dudoit, Tia Carrere, Courtney B. Vance, Jason Scott Lee
Genre : Aventure, science-fiction
Nationalité : Américaine
Compositeur : Dan Romer
Scénaristes : Chris Kekaniokalani Bright et Mike Van Waes
Sociétés de production : Walt Disney Pictures et Rideback
Budget : 100
 millions de dollars

On prend les mêmes et on recommence !

Il a fallu près d’une vingtaine d’années pour que Lilo et Stitch reviennent sur le devant de la scène dans un remake en prises de vue réelles qui prend quelques libertés par rapport à son modèle. L’un des changements majeurs concerne les personnages extraterrestres, Jumba et Pikly, qui apparaissent un temps en animation 3D avant de se fondre parmi les humains. Un choix bancal pour tenter de mettre en avant les performances douteuses de Zach Galifianakis (Into the Wild, Very Bad Trip, Birdman) et Billy Magnussen (Into the Woods, Aladdin, Mourir Peut Attendre), atténuant de fait une part de la fantaisie et de l’étrangeté propres à l’univers d’origine.

Un rendu 3D très convaincant…
… finalement remplacé par des humains d’une grande fadeur.

Autre absence notable : celle du capitaine Gantu, évincé pour des raisons discutables, faisant ainsi du professeur Jumba le principal antagoniste. Sous les traits de Courtney B. Vance (Space Cowboys, Terminator Genisys, La Momie), Cobra Bubbles est davantage mis en retrait au profit de Madame Kekoa, incarnée par Tia Carrere (Dans les Griffes du Dragon Rouge, Wayne’s World, True Lies). Ces ajouts et retraits modifient l’équilibre narratif sans toutefois bouleverser le scénario et ses thématiques habituelles. On peut aussi noter la présence de Jason Scott Lee (Dragon L’Histoire de Bruce Lee, Tigre & Dragon 2, Mulan) qui apparaît en tant qu’employeur de Nani.

Sydney Fox de retour pour de nouvelles aventures !
Un personnage très secondaire qui vient une nouvelle fois confirmer son inutilité.

Le remake ajoute aussi des éléments originaux comme le canon portail, dispositif visuel venu appuyer la dimension science-fiction, le film bénéficiant d’effets spéciaux convaincants, notamment pour donner vie à Stitch, dont le design reste fidèle. Le personnage de Nani, désormais sur le départ pour l’université, se veut un peu plus développé. Un détail qui approfondit légèrement son rôle bien que ces ajouts restent modestes et n’apportent pas de changement majeur à l’intrigue principale. Au demeurant correct, le film ne se démarque pas suffisamment du dessin animé pour être totalement convaincant. En dépit de son succès commercial dû à la surexploitation de la figure de Stitch, préférez-lui le remake de Blanche-Neige, sorti quelques semaines plus tôt.

Le Seigneur des Anneaux La Guerre des Rohirrim, de Kenji Kamiyama

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Date de sortie : 4 décembre 2024 (Lettonie), 11 décembre 2024 (France)
Réalisateur : Kenji Kamiyama
Comédiens de doublage : Gérard Darier, Marion Gress, Augustin Bonhomme, Barbara Tissier, Vanina Pradier, Daniel Njo Lobé
Genre : Animation, guerre
Nationalité : Américano-japonaise
Compositeur : Stephen Gallagher
Scénaristes : Jeffrey Addiss, Will Matthews, Phoebe Gittins et Arty Papageorgiou
Sociétés de production : New Line Cinema, Warner Bros. Animation et Sola Entertainment
Budget : 30
millions de dollars

Le roi Helm Main-Marteau, accompagné de sa fille et d’un de ses fils.

Film d’animation américano-japonais réalisé par Kenji Kamiyama, Le Seigneur des Anneaux La Guerre de Rohirrim arrive dix ans après la trilogie du Hobbit par Peter Jackson. Se déroulant près de deux cents ans avant que Bilbon Sacquet ne prenne possession de l’anneau, il raconte l’histoire de la princesse Héra, fille du roi Helm Main-Marteau, qui se plaît à s’aventurer dans les environs sauvages du château jusqu’à tenter de nourrir un aigle géant pour l’apprivoiser. La situation bascule lors de la visite de Freca, un aristocrate venu présenter son fils Wulf, ami d’enfance d’Héra, pour un mariage avec cette dernière. Suite à son refus, la colère de Freca éclate tandis que Helm l’achève d’un seul coup de poing, engendrant ainsi la vengeance de son fils, qui convoite évidemment le trône

De quoi rappeler Bernard et Bianca au Pays des Kangourous !
Des créature effroyables issues de l’univers de Tolkien.

Introduit par la voix off d’Éowyn, toujours doublée par Barbara Tissier (Lady dans La Belle et le Clochard, Ranma fille et Bambou dans Ranma ½, Jessie dans Toy Story 2), le film propose une aventure épique qui reprend joliment la direction artistique de la trilogie cinématographique. Si le scénario reste simple et le prétexte de la guerre tout ce qu’il y a de plus convenu, sa mise en œuvre s’avère magistrale grâce à des personnages bien écrits, une héroïne charismatique et une animation de qualité. L’atmosphère sombre à la Game of Thrones ainsi que l’aspect sanglant et mortel des combats contribuent à offrir un cachet particulier au film.

Une héroïne courageuse.
Un combat final impressionnant.

S’inscrivant dans un contexte de concurrence pour la conservation des droits d’adaptation sur la franchise par Warner Bros, Le Seigneur des Anneaux La Guerre de Rohirrim peut laisser croire à un film animé qui n’était pas prévu pour faire partie de la licence. Il faut dire que les liens avec la saga ne sont pas très évidents, hormis l’apparition des orques, la mention du Mordor et de Gandalf ou encore l’apparition finale d’un personnage emblématique. Toujours est-il que le retour de la franchise sous la forme d’un long métrage d’animation fait vraiment plaisir à voir, qui plus est avec un scénario inédit et des personnages aussi qualitatifs malgré un certain classicisme.

Karaté Kid, saga d’arts martiaux d’anthologie

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Karaté Kid

Date de sortie : 22 juin 1984 (Amérique du Nord), 26 septembre 1984 (France)
Réalisateur : John Guilbert Avildsen
Acteurs principaux : Ralph Macchio, Noriyuki Pat Morita, Elisabeth Shue, Martin Kove, Randee Heller, William Zabka
Genre : Arts martiaux
Nationalité : Américaine
Compositeur : Bill Conti
Scénariste : Robert Mark Kamen
Sociétés de production : Columbia Pictures, Jerry Weintraub Productions et Delphi Films
Budget : 8
 millions de dollars

Un déracinement difficile à vivre.

Sous l’objectif de John Guilbert Avildsen, déjà connu pour avoir réalisé le premier Rocky, Karaté Kid fait partie de ces films culte d’arts martiaux des années 80 dans lequel Ralph Macchio (Up the Academy, Outsiders) incarne Daniel LaRusso, adolescent venant tout juste d’emménager à Los Angeles avec sa mère. Alors qu’il fait la connaissance de la jeune Ali Mills, lycéenne jouée par Elisabeth Shue (Cocktail, Retour vers le Futur 2, Hollow Man), il se retrouve vite confronté à son ex petit-ami Johnny Lawrence, qui lui inflige une belle correction pour ne pas l’avoir laissé la harceler.

La romance classique de tout film de l’époque.
Attraper des mouches avec des baguettes, un passe-temps comme un autre.

Régulièrement violenté par sa bande à moto, Daniel cherche à savoir se défendre et fait la connaissance de Nariyoshi Kesuke Miyagi, gardien de sa résidence interprété par l’excellent Noriyuki Pat Morita (Happy Days, Bloodsport 2, Inferno). Originaire d’Okinawa, ce dernier s’avère être un maître en arts martiaux avec qui il se lie d’amitié avant de l’entraîner pour un tournoi durant lequel il espère bien régler ses comptes avec Johnny. Un exercice atypique à base de corvées comme le lavage de voitures et la peinture d’une palissade, directement reprises du film hongkongais Retour à la 36ème Chambre. Saupoudré de romance, le film comporte aussi des moments plus dramatiques, comme lorsque Miyagi évoque la mort de sa femme suite à un accouchement.

L’iconique devanture du dojo Cobra Kai !
Un défi difficile à relever.

Rythmé par de sublimes mélodies composées à la flûte de Pan, Karaté Kid traite de thèmes comme le déracinement, la monoparentalité, mais aussi l’après-guerre avec l’entraînement au ton militarisé par l’imposant John Kreese, incarné par Martin Kove (La Course à la Mort de l’An 2000, Rambo II, Once Upon a Time in Hollywood). Contrairement à de nombreux longs métrages, le karaté y est présenté comme un art martial qui ne recherche pas la violence tout en étant pourvu d’une philosophie fondée sur l’équilibre du corps et de l’esprit. À travers la relation maître élève, le film partage efficacement des valeurs comme le respect de la sagesse et des traditions, ainsi que les bienfaits du travail et la force de la volonté. Un bon classique débutant une longue saga d’anthologie !

 

Karaté Kid II

Date de sortie : 20 juin 1986 (États-Unis, Turquie, Philippines), 6 août 1986 (France)
Réalisateur : John Guilbert Avildsen
Acteurs principaux : Ralph Macchio, Noriyuki Pat Morita, Danny Kamekona, Tamlyn Tomita, Nobu McCarthy, Yuji Okumoto 
Genre : Arts martiaux
Nationalité : Américaine
Compositeur : Bill Conti
Scénariste : Robert Mark Kamen
Sociétés de production : Columbia Pictures et Delphi V Productions
Budget : 13
 millions de dollars

Un habile teasing pour le troisième épisode.

Suite directe du premier film, Karaté Kid II reprend au moment même de la victoire de Daniel LaRusso sur Johnny Lawrence et débute par une scène mémorable d’abord prévue pour être placée à la fin de son prédécesseur. On y voit en effet M. Miyagi donner une leçon de karaté à John Kreese après que ce dernier a violemment brisé le trophée de son élève. Six mois plus tard, le passé de M. Miyagi ressurgit alors qu’il reçoit une lettre d’Okinawa lui apprenant que son père vit ses derniers instants. Décidant de faire le voyage, il est alors rapidement rejoint par Daniel, qui compte bien l’accompagner dans l’épreuve qui l’attend.

Une lettre à l’augure douteux.
L’escroc dans toute sa splendeur.

Très différent du premier volet bien que conservant le même esprit, le film change de cadre pour offrir de jolis panoramas asiatiques, les décors étant en réalité issus de l’île d’Oahu à Hawaï. Le scénario se concentre sur la dualité entre M. Miyagi et son meilleur ami Sato, tous deux ayant été épris de la même femme dans leur jeunesse. En parallèle, une autre romance s’installe à travers la cérémonie du thé entre Daniel et la jeune Kumiko, qui marque les débuts au cinéma de Tamlyn Tomita (Bienvenue au Paradis, Groom Service, Tekken), native d’Okinawa.

Une confrontation (presque) inévitable.
Tamlyn Tomita douée dès son plus jeune âge.

Tandis que Daniel se confronte à un nouveau rival, la dramaturgie du film se trouve accentuée par le décès du maître des deux hommes, les retrouvailles avec Yukie et le sort du village tout entier. Valorisé par les doublages de Roger Carel, M. Miyagi se montre toujours aussi convaincant dans ses actes et ses paroles. Karaté Kid II est également rythmé par des chansons aux styles variés comme « Glory of Love » par Peter Cetera, « Rock Around the Clock » par le chanteur britannique Paul Rodgers et « Earth Angel » par le groupe de R&B New Edition. Une suite qualitative qui montre le bon exemple !

« Daniel-San, ça pas être championnat : c’est moment de vérité ! »

 

Karaté Kid III

Date de sortie : 30 juin 1989 (Amérique du Nord), 19 juillet 1989 (France)
Réalisateur : John Guilbert Avildsen
Acteurs principaux : Ralph Macchio, Noriyuki Pat Morita, Thomas Ian Griffith, Sean Kanan, Robyn Lively, Martin Kove, Randee Heller
Genre : Arts martiaux
Nationalité : Américaine
Compositeur : Bill Conti
Scénariste : Robert Mark Kamen
Sociétés de production : Columbia Pictures et Weintraub International Group
Budget : 12,5
 millions de dollars

Le bonsaï, source de vitalité.

Tandis que Daniel et M. Miyagi sont de retour d’Okinawa, ce dernier perd son emploi suite à la destruction de leur immeuble devenu insalubre. Pour éviter qu’il se retrouve au chômage, Daniel utilise l’argent prévu pour son passage à l’université afin de monter un petit commerce, spécialisé dans la vente de bonsaïs. Pendant ce temps, John Kreese cherche à prendre sa revanche sur le vieux maître après avoir perdu ses élèves au dojo Cobra Kai. Il demande alors de l’aide à son ami Terry Silver, karatéka et homme d’affaire incarné par Thomas Ian Griffith (Kull le Conquérant, Vampires, TimeCop 2), qui concrétise son premier rôle au cinéma.

Une nouvelle rencontre féminine.
Terry Silver, l’entraîneur de mal.

Assez similaire au premier film, Karaté Kid III s’en démarque toutefois par la remise en question de son protagoniste, qui décide dans un premier temps de ne pas défendre son titre au prochain tournoi. Mais M. Miyagi refusant de l’entraîner face au redoutable Mike Barnes, il se tourne alors vers Silver, qui en profite pour lui asséner des exercices à la violence excessive cherchant à fragiliser ses membres et à métamorphoser son esprit. Au-delà de son jeu d’acteur caricatural avec sa coupe à la Steven Seagal, Thomas Ian Griffith interprète un personnage charismatique qui renouvelle efficacement le scénario.

Des plans d’une grande efficacité.
Mike Barnes, le Clubber Lang du karaté.

Désormais éloigné de Kumiko et n’ayant plus de nouvelles d’Ali, Daniel rencontre Jessica, jeune potière jouée par Robyn Lively (Twin Peaks, Ouija), avec qui il ne dépasse pas le stade de simple amitié. De son côté, Pat Morita est cette fois-ci doublé par Gérard Hernandez, connu pour ses voix reconnaissables dans Les Schtroumpfs, Myster Mask et Iznogoud, qui reprend efficacement le style de Roger Carel dans son imitation de l’Asiatique parlant français. Moins iconique que ses prédécesseurs mais tout à fait convenable et pourvu d’un combat final plus intense, Karaté Kid III conclut la trilogie d’origine d’une bien belle manière.

 

Miss Karaté Kid

Date de sortie : 3 août 1994 (1h 47min)
Réalisateur : Christopher Cain
Acteurs principaux : Hilary Swank, Noriyuki Pat Morita, Michael Ironside, Constance Towers, Walton Goggins, Jim Ishida
Genre : Arts martiaux
Nationalité : Américaine
Compositeur : Bill Conti
Scénariste : Mark Lee
Société de production : Columbia Pictures
Budget : 12
 millions de dollars

« Plus facile avec garçon. »

Cinq ans après la trilogie Karaté Kid, la saga change légèrement de cap pour terminer sous l’objectif de Christopher Cain. Noriyuki Pat Morita est en effet le seul à reprendre son rôle, Ralph Macchio laissant sa place à la jeune Hilary Swank (Buffy Tueuse de Vampires, Boys don’t Cry, Insomnia), qui concrétise son deuxième rôle au cinéma. Elle y incarne Julie Pierce, orpheline dont le grand-père a combattu aux côtés de Miyagi durant la seconde guerre mondiale. Alors que sa grand-mère doit s’absenter, ce dernier accepte de rester à Boston pour s’occuper d’elle et découvre qu’elle a une certaine appétence pour les arts martiaux.

De faux airs de John Travolta !
« Main gauche : frotter ; main droite : lustrer ! »

Miss Karaté Kid poursuit son balayage des idées reçues en troquant un adolescent à la situation plus classique par une jeune femme ayant des rapports compliqués avec l’autorité et la discipline. Une héroïne qui dépasse sa seule condition féminine en apprenant le karaté avec une méthode opposée à celle du colonel Dugan, interprété par Michael Ironside (Scanners, Top Gun, Total Recall), qui entraîne des élèves de son lycée à la manière de John Kreese. Charlie, le plus redoutable d’entre eux, constitue alors le premier rôle d’envergure de Walton Goggins (Shanghai Kid, La Mémoire dans la Peau, Fallout) au cinéma.

Petite escapade chez les moines.
De véritables liens père fille.

Moins marqué par les entraînements mais tout aussi pertinent que ses prédécesseurs, Miss Karaté Kid concentre davantage son scénario sur l’évolution de son héroïne, qui voit en Miyagi un véritable père de substitution, lui-même appréciant d’avoir une fille à qui transmettre sa passion. On peut également compter sur la présence d’Eric McGowen, joué par Chris Conrad (Johnny Cage dans Mortal Kombat Destruction Finale), membre de l’élite Alpha qui finit par refuser les méthodes de Dugan. Un bon film qui n’obtiendra toutefois jamais de suite à cause de son accueil plus tiède que pour les précédents.

 

The Karate Kid

Date de sortie : 10 juin 2010 (Indonésie, Corée du Sud, Malaisie, Singapour),
18 août 2010 (France)

Réalisateur : Harald Zwart
Acteurs principaux : Jaden Smith, Jackie Chan, Taraji P. Henson, Wenwen Han, Rongguang Yu, Zhenwei Wang
Genre : Arts martiaux

Nationalité : Américaino-chinoise
Compositeur : James Horner
Scénariste : Christopher Murphey
Sociétés de production : Columbia Pictures, Overbrook Entertainment, Sony Pictures Releasing, Jerry Weintraub Productions, China Film Group Corporation et Emperor Film Production
Budget : 40
 millions de dollars

Un protagoniste attachant parfaitement interprété par Jaden Smith.

Plus de quinze ans après la tétralogie d’origine, Karaté Kid effectue son grand retour sous la forme d’une toute nouvelle histoire dans laquelle Jaden Smith (À la Recherche du Bonheur, Le Jour où la Terre s’arrêta, After Earth) incarne Dre Parker, Américain de douze ans qui emménage avec sa mère à Pékin. Originellement présenté comme un remake du premier film avant que Karaté Kid Legends annonce qu’il rassemblera les deux univers, il en reprend la trame scénaristique globale avec de nouveaux personnages et un rôle de maître assuré par Jackie Chan (Niki Larson, Rush Hour, Shanghai Kid) qui, malgré le titre du film, enseigne le kung-fu.

Une romance plus développée que d’habitude.
« J’aime bien me battre quand j’ai des potes ! »

Joliment modernisée, l’histoire se veut bien plus action et parsemée de musiques contemporaines. Alors que Dre est confronté à Cheng et sa bande, leur altercation donne lieu à une longue course poursuite aboutissant à une superbe démonstration de M. Han, qui les corrige un à un. La romance entre le héros et Meiying, jeune Chinoise qu’il rencontre assez tôt, est également plus développée, tout comme sa mère se montre bien plus présente. Toujours aussi atypique, l’entraînement ne se déroule plus à base de corvées (seuls quelques clins d’œil sont lancés à ce niveau) mais allie habilement discipline et gestes répétés en corrigeant la manière que Dre a de toujours laisser sa veste par terre.

Un entraînement qui se démarque de celui des précédents films.
Une complicité très efficace.

Le tournoi lui-même se veut plus impressionnant, avec une intensité particulière au moment de la technique finale, ici appelée position du Cobra, avec laquelle Dre gagne le respect de ses vis-à-vis. Incarné par Yu Rongguang (Iron Monkey, Bons Baisers de Pékin, The Myth), leur maître s’avère autrement plus brutal tandis qu’une scène coupée le montre même en train de violenter Cheng avant que M. Han ne vienne l’affronter pour donner lieu à une superbe chorégraphie. Faisant partie des rares films à avoir été autorisés de tourner dans la Cité interdite, The Karate Kid ne connaît malheureusement pas de successeur. Il faut alors attendre 2018 pour retrouver la licence dans une suite des premiers films intitulée Cobra Kai, qui rallume la rivalité entre Daniel LaRusso et Johnny Lawrence.

 

Karate Kid Legends

Date de sortie : 8 mai 2025 (Chili, Équateur),
13 août 2025 (France)

Réalisateur : Jonathan Entwistle
Acteurs principaux : Jackie Chan, Ralph Macchio, Ben Wang, Joshua Jackson, Sadie Stanley, Ming-Na, Aramis Knight, Wyatt Oleff
Genre : Arts martiaux
Nationalité : Américaine
Compositeur : Dominic Lewis
Scénariste : Rob Lieber
Société de production : Columbia Pictures
Budget : 45
 millions de dollars

Nouvelle ville, nouvelle vie.

Quinze ans après le reboot de Karaté Kid mettant en scène Jackie Chan et seulement quelques mois après la fin de l’excellente série Cobra Kai, la saga revient une nouvelle fois au cinéma pour tenter de rassembler les deux univers. Débutant à Pékin, le scénario met en scène Li Fong, jeune maître de kung-fu sous les traits de Ben Wang, amené à déménager à New York suite au décès de son frère aîné à la suite d’un tournoi. Il est accompagné par sa mère, incarnée par Ming-Na (Chun Li dans Street Fighter L’Ultime Combat), qui lui interdit naïvement d’avoir recours à la violence. Prenant des cours particuliers auprès d’un jeune enseignant interprété par Wyatt Oleff (Les Gardiens de la Galaxie, Ça), Li fait la connaissance de Mia, jeune femme qui travaille dans la pizzeria de son père, ancien champion local de karaté.

L’incontournable élément déclencheur d’une future bagarre.
Confrontation dans le métro façon Les Guerriers de la Nuit.

Sans surprise, le film reprend le schéma du premier Karaté Kid et de son prédécesseur avec le déménagement d’une famille monoparentale, l’inévitable romance et le personnage principal qui se fait violenter par un rival. Mais en fier disciple de M. Han, c’est cette fois-ci le jeune héros qui se retrouve à entraîner le père de sa promise avant de finalement reprendre la responsabilité du tournoi. Bien que fidèle à l’esprit de la saga, Karate Kid Legends reste un peu trop axé sur le kung-fu. Ralph Macchio apparaît tardivement et son alchimie avec Jackie Chan ne vaut pas celle avec William Zabka.

Entraînement au rondin tournant.
Un rôle un peu trop secondaire pour Ralph Macchio.

Guidé par ses deux maîtres, Li parvient à combiner chaque style pour se hisser jusqu’à la finale du tournoi, assez spectaculaire au sommet d’un gratte-ciel. L’entraînement est rapide mais reste marqué par les chamailleries entre M. Han et Daniel, ainsi que par les cascades pour passer sous le portillon d’un métro. Malgré l’absence de Jaden Smith et le manque de références à Cobra Kai hormis un caméo final appréciable, Karate Kid Legends demeure un bon divertissement qui tente à sa manière de raviver la saga au cinéma.

Neo-Geo : le système d’arcade de SNK célèbre ses 35 ans !

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Date de sortie : 26 avril 1990 (MVS), 1er juillet 1991 (AES), Neo-Geo CD
(9 septembre 1994), Hyper Neo-Geo 64 (10 septembre 1997)

Fabricant : SNK
Génération : Quatrième
Type : Système d’arcade / console de salon
Nationalité : Japonaise
Unités vendues : 1,18 million
Fin de production : 19 octobre 2004
Meilleure vente : Samurai Shodown

Le système d’arcade SNK

image line up neo geo
Du baseball, des pouvoirs magiques, du shoot : what else ?

Nous célébrons aujourd’hui les 35 ans du Neo-Geo MVS (Multi Video System), système d’arcade créé par la firme SNK, connue jusque-là pour des jeux comme Ozma Wars, Vanguard, Athena, Ikari Warriors et Psycho Soldier. Pourvu d’un processeur 16-bit aux capacités largement supérieures à la Mega Drive et à la future Super Nintendo, il se montre très en avance sur son temps et compte bien remporter la bataille en mettant en avant des jeux techniquement éblouissants. Le 26 avril 1990, le Neo-Geo MVS arrive dans les salles d’arcade japonaises avec un line-up constitué de quatre jeux. Parmi les plus populaires, Baseball Stars Professional constitue un jeu de sport accessible aux animations et aux graphismes particulièrement engageants. De son côté, le jeu d’action plates-formes Magician Lord place le joueur dans la peau d’un magicien capable de se transformer en diverses créatures dans un univers fantastiques pouvant rappeler Ghost’sn Goblins. Outre Mahjong Kyoretsuden Nishi Nihon Hen, le jeu de tir à la troisième personne NAM-1975 consiste à tirer sur tout ce qui bouge vers le fond de l’écran en incarnant un militaire.

Le 26 juillet 1990, SNK met à disposition une console de salon à l’architecture similaire au Neo-Geo MVS pour un service de location de luxe exclusif au Japon. Nommée Neo-Geo AES, elle s’adresse à des clients fortunés comme des hôtels, des clubs privés et de rares particuliers. À cette époque, SNK ne croyait pas encore à la viabilité commerciale d’un système aussi cher dans les foyers, le coût des cartouches de jeu (minimum 200 dollars) et de la console (environ 600 dollars) étant jugé inaccessible pour le marché grand public. Durant cette période, quelques jeux AES circulent alors en versions limitées, la Neo-Geo constituant avant tout une vitrine technologique haut de gamme. Son prix prohibitif et ses rendus arcade perfect lui valent alors le nom de Rolls Royce des consoles. L’année 1990 se termine avec le jeu d’adresse Top Player’s Golf et League Bowling, le beat’em up Ninja Combat, le jeu de course de motos Riding Hero, le jeu d’action en vue subjective avec défilement automatique The Super Spy, le run’n gun futuriste Cyber-Lip ainsi que Puzzled, au concept fortement inspiré de Tetris.

 

La Rolls Royce des consoles

image 1991 neo geo
De bons classiques qui s’accumulent !

En 1991, le catalogue Neo-Geo s’enrichit avec de nouveaux jeux d’action à commencer par Legend of Success Joe, jeu de boxe adapté du manga Ashita no Joe, le jeu de combat de monstres King of the Monsters ainsi que plusieurs beat’em up. Parmi eux se trouvent le classique Burning Fight, le futuriste Eight Man sans profondeur de champ et l’enivrant Sengoku, qui mêle urbanisme moderne et Japon médiéval. On trouve aussi les shoot’em up à défilement vertical Ghost Pilots et Alpha Mission II, le jeu de plates-formes Blue’s Journey ainsi que Quiz Daisosasen The Last Count Down. Le 1er juillet 1991, la Neo-Geo AES est enfin commercialisée pour le grand public avec un line-up pourvu de pas moins de dix-huit jeux. On retrouve ainsi l’ensemble des jeux précédemment cités à l’exception de Legend of Success Joe, Burning Fight, Eight Man et Quiz Daisosasen The Last Count Down, qui sortent sur la machine un peu plus tard. Ces derniers sont alors précédés par Quiz Meitantei Neo & Geo Quiz Daisosasen Part 2 et Mina-san no Okage-sama Desu Dai Sugoroku Taikai.

Sur le second semestre de 1991, le système Neo-Geo s’émancipe avec le hack’n slash en vue à la première personne Crossed Swords, le jeu de sport Super Baseball 2020, le beat’em up Robo Army, le jeu de course de voitures en vue aérienne Thrash Rally et Bakatono-sama Mahjong Manyuki. Quelques mois après la folie Street Fighter II, qui révolutionne le genre du versus fighting en proposant huit personnages jouables, un système de jeu très riche et une jouabilité bluffante pour son époque, SNK entre en rivalité avec Capcom en lançant Fatal Fury : King of Fighters. Conçu par Takashi Nishiyama, ancien employé de Capcom à l’origine du premier Street Fighter, il propose d’incarner trois personnages, Terry Bogard, Andy Bogard et Joe Higashi, lors d’un tournoi organisé par Geese Howard, responsable de la mort du père des deux premiers. Loin d’égaler la qualité de Street Fighter II, il innove néanmoins par des combats qui peuvent se dérouler sur deux plans différents, idée qui sera reprise dans plusieurs épisodes.

 

Des jeux de combat à foison

image versus fighting neo geo
Des références devenues mythiques !

Sur les cent quarante-cinq jeux du Neo-Geo MVS, plus d’un tiers s’avèrent être des jeux de combat. En plein boum au début des années 90, le genre multiplie en effet ses références, ces dernières essayant de devenir le nouveau Street Fighter. Populaire dès ses débuts, Fatal Fury connaît rapidement de nombreuses suites afin de concurrencer les différentes itérations de Street Fighter II. On trouve ainsi Fatal Fury 2, son upgrade Fatal Fury Special ainsi que Fatal Fury 3 avant d’en venir à Real Bout Fatal Fury, Real Bout Fatal Fury Special, Real Bout Fatal Fury 2 pour terminer avec Garou Mark of the Wolves en 1999. Le 24 septembre 1992, SNK lance le premier épisode de la trilogie Art of Fighting, qui se démarque par des sprites impressionnants, des effets de zoom en plein affrontement et la première furie à apparaître dans un jeu de combat. Elle met principalement en avant Ryo Sakazaki et Robert Garcia, créés par Takashi Nishiyama et Hiroshi Matsumoto, anciens designers de chez Capcom.

Le 7 juillet 1993, SNK commence réellement à se démarquer de Street Fighter avec Samurai Shodown, dans lequel les personnages s’affrontent à l’arme blanche durant le Japon féodal. Pourvue de cinq épisodes principaux s’étalant jusqu’en 2004, la franchise est portée par le personnage d’Haohmaru, inspiré du légendaire Miyamoto Musashi. Le 25 août 1994, Street Fighter trouve enfin un concurrent à sa taille avec The King of Fighters ’94, premier épisode d’une longue saga qui puise principalement dans les castings de Fatal Fury et d’Art of Fighting tout en proposant des versions revisitées de personnages d’anciens jeux de SNK : Ikari Warriors et Psycho Soldier. Le jeu propose des affrontements inédits par équipes de trois et comporte des combattants nouvellement créés comme Kyo Kusanagi, Benimaru Nikaido, Goro Daimon et le redoutable Rugal Bernstein. Saga phare de SNK, The King of Fighters profite de sorties annuelles de 1994 à 2003 jusqu’à aboutir au cross-over SNK versus Capcom SVC Chaos, successeur du SNK versus Capcom de la Neo-Geo Pocket en réponse au diptyque Capcom versus SNK.

Pour accompagner ces franchises emblématiques, SNK innove avec le jeu de catch 3 Count Bout, Savage Reign, Kizuna Encounter Super Tag Battle et le diptyque The Last Blade, dont les personnages s’affrontent également à l’arme blanche. Le Neo-Geo accueille également de nombreux autres jeux de combat développés par d’autres sociétés. C’est notamment le cas d’ADK qui, en plus d’Aggressors of Dark Kombat et de Ninja Master’s, se démarque avec World Heroes, dans lequel s’affrontent des personnages issus de plusieurs époques, entre autres inspirés de Raspoutine, Bruce Lee ou encore Hulk Hogan. Il est suivi par World Heroes 2, World Heroes 2 Jet et World Heroes Perfect. On trouve aussi Galaxy Fight Universal Warriors et Waku Waku 7 de Sunsoft, Breakers et Breakers Revenge de Visco, Karnov’s Revenge de Data East, Fight Fever par les Coréens de Viccom, Far East of Eden Kabuki Klash par Racdym, Ragnagard par Saurus, Matrimelee par Noise Factory et Voltage Fighter Gowcaizer par Technos Japan. Ces derniers proposent également un jeu de combat adapté du film Double Dragon, qui obtient une suite spirituelle Rage of the Dragons en 2002.

Birdy, d’Alan Parker

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Date de sortie : 21 décembre 1984 (États-Unis), 22 mai 1985 (France)
Réalisateur : Alan Parker
Acteurs principaux : Matthew Modine, Nicolas Cage, John Harkins, Sandy Baron, Karen Young, Bruno Kirby, Nancy Fish, George Buck
Genre : Drame
Nationalité : Américaine
Compositeur : Peter Gabriel
Scénaristes : Sandy Kroopf et Jack Behr
Sociétés de production : A&M Films et TriStar
Budget : 12
 millions de dollars

Un amour inconditionnel pour les oiseaux.

Adaptation du roman éponyme de William Wharton par Alan Parker (Midnight Express, Fame, L’Usure du Temps), Birdy est un film dramatique sur deux amis d’enfance de retour à Philadelphie après avoir été marqués par la guerre du Vietnam. Nicolas Cage (Rusty James, Cotton Club, Arizone Junior) y incarne Alphonso, gravement blessé au visage, qui cherche à remettre sur pied Birdy, interprété par Matthew Modine (Full Metal Jacket, L’Île aux Pirates, L’Enfer du Dimanche). Traumatisé par ce qu’il a vécu, ce dernier séjourne en effet dans un hôpital psychiatrique, passant son temps à fixer le ciel en espérant s’y envoler comme un oiseau.

Le début d’une longue carrière pour Matthew Modine et Nicolas Cage.
Des séquences bienvenues sur la jeunesse des personnages.

Drame portant à la fois sur l’amitié, la liberté, la folie et les conséquences de la guerre, Birdy se démarque d’autres films du genre comme Rambo et Rain Man par son intrigue alternant entre le présent et le passé des personnages. Ayant tous deux été révélés par ce film, Nicolas Cage et Matthew Modine y sont très convaincants, notamment ce dernier pour son jeu d’acteur saisissant, alliant mutisme et prostration comme s’il était un animal apeuré. Le casting est en outre enrichi par la présence de Karen Young (9 Semaines ½, Les Dents de la Mer 4, Daylight), qui intervient comme soignante auprès de Birdy.

Un mal-être omniprésent.
Un duo particulièrement touchant.

Pourvu d’une réalisation de qualité, Birdy multiplie les plans originaux et s’avère être le premier film à utiliser une caméra tyrolienne dirigée par ordinateur, lors de la scène où Birdy rêve qu’il vole. Le personnage étant déjà illuminé avant son départ pour la guerre, il noue à plusieurs reprises une amitié touchante avec divers oiseaux au point de parfois se comporter comme eux. Composées par Peter Gabriel, les musiques mélancoliques et intrigantes renforcent fortement l’intérêt de la narration. Lauréat du grand prix spécial du jury au festival de Cannes de 1985, Birdy s’impose aisément comme un des films les plus emblématiques de son réalisateur.

Blanche-Neige (2025) de Marc Webb

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Date de sortie : 19 mars 2025 (1h 49min)
Réalisateur : Marc Webb
Acteurs principaux : Rachel Zegler, Gal Gadot, Andrew Burnap, Ansu Kabia, George Appleby, Hadley Fraser, Lorena Andrea
Genre : Fantastique, romance
Nationalité : Américaine
Compositeurs : Alan Menken (musiques), Pasek et Paul (chansons)
Scénaristes : Erin Cressida Wilson et Greta Gerwig
Sociétés de production : Marc Platt Productions et Walt Disney Pictures
Budget : 270
 millions de dollars

Une enfance heureuse avant que le drame n’arrive.

Plus de quatre-vingt-cinq ans après l’inauguration des longs métrages animés Disney, Blanche-Neige effectue son grand retour dans une adaptation en prises de vue réelles sous l’objectif de Marc Webb, essentiellement connu pour le diptyque The Amazing Spider-Man. Très fidèle au dessin animé, le film en profite pour développer ses personnages en introduisant l’enfance de son héroïne, interprétée par Rachel Zegler (West Side Story, Shazam La Rage des Dieux, Hunger Games La Ballade du Serpent et de l’Oiseau Chanteur), alors qu’elle récolte des pommes en compagnie de ses parents. Incarnée par Gal Gadot (Fast & Furious 4, Wonder Woman, Mort sur le Nil), la méchante reine arbore un certain charisme avec un costume et une prestance rappelant ceux de Maléfique.

Gal Gadot porte bien son personnage malgré un jeu d’actrice assez convenu.
Une chanson iconique.

Pourvu de jolis décors recréés, le film propose de nombreux changements bienvenus pour moderniser son scénario. Blanche-Neige est ainsi réécrite pour devenir une héroïne brave et courageuse, qui sait affronter le danger quand il le faut. Contrairement au dessin animé, elle rentre d’ailleurs en confrontation à plusieurs reprises avec la reine. Si la transformation en sorcière est visuellement réussie, la procédure est un peu trop rapide et sa nouvelle apparence se veut moins marquante que dans le dessin animé. Outre les sept nains recréés en images de synthèse, le prince est remplacé par Jonathan, un hors-la-loi accompagné d’une troupe non sans rappeler Robin des Bois.

L’emblématique miroir magique au mur.
Les septs nains bien reconstitués.

Comportant plusieurs nouvelles chansons comme « Notre monde est beau », « Il suffit d’un souhait », « Des problèmes de princesse » et « Le monde en couleurs », le film fait diversion en réinterprétant des mélodies connues dans un ordre différent. La chanson « Sifflez en travaillant » arrive cette fois-ci après « Heigh-Ho », Blanche-Neige effectuant le ménage avec les nains à la place des animaux après avoir appris à Simplet à siffler. Si « La Tyrolienne des nains » est toujours présente sous le nom « The silly song », on note le disparition des chansons « Un sourire en chantant », « Bluddle-Uddle-Um-Dum » et « Un jour mon prince viendra », cette dernière ayant sans doute été jugée comme étant un peu trop ancrée dans le passé. La reine possède cette fois-ci sa propre chanson avec « J’ai tous les droits », aux paroles et à l’interprétation perfectibles mais suffisamment intenses pour faire son effet.

Une reine prête à tout pour arriver à ses fins.
Une romance bien plus travaillée que dans le dessin animé d’origine.

La dernière partie du film lorgne davantage du côté de la réécriture tandis que Blanche-Neige part sauver son royaume après avoir été réveillée par le baiser de Jonathan. Alors que les nains viennent leur prêter main forte, Simplet se veut globalement plus mélancolique et trouve même l’usage de la parole. Si on aurait apprécié un combat final au château, la reine retrouve étonnamment son apparence normale et est finalement vaincue après avoir brisé son miroir magique. Efficacement doublée par Emmylou Homs (Anna dans La Reine des Neiges, Emma Watson dans La Belle et la Bête, Jenna Ortega dans les Scream), Rachel Zegler confirme son talent d’actrice en incarnant Blanche-Neige avec beaucoup de justesse. Un remake live très réussi qui apporte un nouveau souffle à cette pierre angulaire de l’histoire de Disney !