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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Man on the Moon, quand Jim Carrey rencontre Miloš Forman

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Date de sortie : 22 décembre 1999 (Amérique du Nord), 15 mars 2000 (France)
Réalisateur : Miloš Forman
Acteurs principaux : Jim Carrey, Danny DeVito, Courtney Love, Paul Giamatti, Vincent Schiavelli, Peter Bonerz, Jerry Lawler
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Anglo-germano-américano-japonais
Compositeur : R.E.M.
Scénaristes : Scott Alexander et Larry Karaszewski
Sociétés de production : Universal Pictures, Mutual Film Company, Jersey Films et Cinehaus
Budget : 52
millions de dollars

Un homme de spectacle atypique !

En pleine reconversion dans la comédie dramatique à la fin des années 90 avec les cultissimes Disjoncté et The Truman Show, Jim Carrey passe sous l’objectif de Miloš Forman (Vol Au-Dessus d’un Nid de Coucou, Amadeus, Valmont) dans un biopic sur la vie du comique américain Andy Kaufman. Un personnage particulier cherchant à se démarquer des gags conventionnels sur scène, sorte de mise en abyme de Jim Carrey lui-même à cette période. Alors qu’il dupe tout le monde en troquant son homme étranger avec une belle imitation d’Elvis Presley, Kaufman attire l’attention de son futur agent George Shapiro, joué par Danny DeVito (Batman Returns, LA Confidential, Virgin Suicides).

Un comédien de grand talent.
Danny DeVito, toujours dans les bons coups.

Alors que ce dernier lui décroche le rôle du mécanicien Latka Gravas dans la série Taxi, aux côtés de DeVito lui-même et de Christopher Lloyd (Retour vers le Futur, Qui veut la Peau de Roger Rabbit, La Famille Addams), Kaufman surprend encore son public en s’associant au chanteur Tony Clifton, qu’il incarne en réalité sur scène en accord avec son partenaire créatif Bob Zmuda, sous les traits de Paul Giamatti (Donnie Brasco, Il faut Sauver le Soldat Ryan, La Planète des Singes). Alors qu’il multiplie les émissions entre Saturday Night Live ou encore Fridays sur ABC, dont le directeur est interprété par l’iconique Vincent Schiavelli (Taking Off, Ghost, Demain ne Meurt Jamais), Kaufman se lance dans le catch auprès du lutteur professionnel Jerry Lawler, incarné par lui-même. Après avoir entamé une relation avec la lutteuse Lynne Marguiles, incarnée par la chanteuse Courtney Love, un cancer du poumon lui est diagnostiqué, aboutissant à un final tragique.

Une frontière entre fiction et réalité qui s’amenuise.
Un artiste unique en son genre.

Man on the Moon se révèle alors bien plus qu’un simple biopic : c’est une plongée vertigineuse dans l’art de la performance, où la frontière entre réalité et fiction tend à s’effacer. Miloš Forman, avec une mise en scène à la fois tendre et décalée, capture l’essence d’un artiste inclassable, obsédé par l’idée de bousculer les attentes du public, quitte à se perdre dans ses propres illusions. Entre rire et mélancolie, le film interroge la quête d’authenticité dans un monde où tout n’est que spectacle et laisse une impression durable, comme un rêve éveillé dont on ne sort pas tout à fait indemne. Une œuvre à part, aussi particulière que son sujet, qui résonne longtemps après le générique.

Super Mario Bros : le jeu iconique de Nintendo célèbre ses 40 ans

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Date de sortie : 13 septembre 1985 (Japon), 18 octobre 1985 (Amérique du Nord), 1er septembre 1986 (Europe)
Développeur : Nintendo
Concepteurs : Shigeru Miyamoto, Takashi Tezuka
Genre : Plates-formes

Nationalité : Japonais
Compositeur : Koji Kondo
Système d’origine : Famicom

image header super mario bros

 

La révolution du side scrolling

image super mario bros
Une évolution qui bouleverse l’histoire.

Apparu pour la première fois dans Donkey Kong sous le nom de Jumpman avant de devenir l’antagoniste de Donkey Kong Jr. et de faire équipe avec Luigi dans l’iconique Mario Bros. sur borne d’arcade, Mario passe définitivement au stade supérieur le 13 septembre 1985 avec Super Mario Bros. sur Famicom. Souhaitant aller au-delà des écrans fixes de Donkey Kong tout en conservant l’idée des écrans successifs du Pitfall d’Activision, son concepteur Shigeru Miyamoto exploite le système de défilement horizontal déjà présent dans des jeux comme Pac-Land pour instaurer ce qui devient le nouveau standard à suivre durant plus d’une décennie. Marquant le début de la plus grande saga de jeux de plates-formes de l’histoire tout en faisant de Mario la mascotte de Nintendo, Super Mario Bros. innove fortement par sa structure ouverte et intuitive avec des niveaux variés utilisant ingénieusement la palette de couleurs limitée de la machine pour créer des environnements distincts. L’immersion est également renforcée par les effets sonores et les mélodies composées par Koji Kondo, le thème principal devenant iconique de manière instantanée. Il est en outre possible pour un second joueur d’y incarner Luigi, frère de Mario déjà apparu dans Mario Bros, de manière alternée avec ce dernier.

Super Mario Bros. introduit des mécaniques devenues incontournables comme les power-up (le champignon qui fait grandir, la fleur qui permet d’envoyer des boules de feu, l’étoile qui rend momentanément invincible), la difficulté progressive, les niveaux thématiques (plaine, sous-sol, aquatique, château) et les boss de fin de monde avec la première apparition de Bowser. Tortue mutante cracheuse de flammes, ce dernier a en effet enlevé la princesse Peach, que Mario doit délivrer en parcourant huit monde de quatre niveaux qui se terminent à chaque fois par un château avec affrontement. Pourvu d’un gameplay très précis à base de sauts avec un personnage capable de courir, le jeu innove aussi par des chemins secrets menant à des warp zones qui propulsent le joueur à un niveau bien plus avancé. Phénomène culturel immédiat, Super Mario Bros. s’impose comme un best-seller relançant l’industrie du jeu vidéo après le krach de 1983 et imposant la console de salon comme un objet de divertissement incontournable dans les foyers.

  

Deux Super Mario Bros. 2 pour le prix d’un

image 2 super mario bros
Deux jeux radicalement différents.

Après le succès fulgurant de Super Mario Bros, il était impensable de ne pas faire perdurer la licence. Et alors que The Legend of Zelda inaugure le périphérique Famicom Disk System le 21 février 1986, Super Mario Bros. 2 arrive le 3 juin de cette même année avec un simple mode solo mais Luigi jouable d’emblée. Si Mario est plus maniable et court plus vite, Luigi a l’avantage de sauter plus haut mais se montre plus difficile à contrôler à cause de son importante distance de freinage. Composé de huit mondes principaux eux aussi pourvus de quatre niveaux, le jeu reprend l’exacte structure de son prédécesseur avec les mêmes musiques et des graphismes légèrement plus détaillés. La différence majeure vient de sa difficulté, qui augmente de manière exponentielle au fil des niveaux. Ces derniers comportent désormais des champignons empoisonnés, des warp zones piégées qui renvoient le joueur en arrière et des rafales de vent qui dévient sa trajectoire.

Si certains sauts requièrent une extrême précision au point d’obliger le joueur à rebondir sur un ennemi volant pour ne pas tomber dans le vide, les plantes Piranha rouges font leur apparition tandis qu’on peut croiser des Paratroopas dans certains niveaux sous-marins ou encore des Bloups volants dans des niveaux classiques. Pour pimenter le tout, Super Mario Bros. 2 propose un neuvième monde caché pour qui parvient à terminer le jeu sans utiliser aucune warp zone, ainsi que les mondes A, B, C et D si le jeu est parcouru huit fois de suite, avec des variantes de niveaux globalement plus difficiles. À l’opposé d’un Zelda II qui ose fortement le changement avec une action qui passe d’une vue aérienne à une vue de côté, Super Mario Bros. 2 est finalement considéré comme trop similaire à son prédécesseur pour une sortie occidentale, sa difficulté légendaire étant également jugée inadaptée pour un tel public.

Alors que la licence Mario commence à s’émanciper au-delà de l’industrie du jeu vidéo avec le long métrage animé Super Mario Bros. The Great Mission to Rescue Princess Peach, sorti en VHS dans des quantités très limitées au Japon, il est rapidement question que l’Occident ait son propre Super Mario Bros. 2. Pour cela, Nintendo choisit de se baser sur Yume Kojo Doki Doki Panic, un jeu de plates-formes dans l’univers des Mille-et-Une Nuits paru en 1987, dans lequel les quatre personnages jouables sont remplacés par Mario, Luigi, Toad et Peach avec chacun ses capacités. Si Mario est le plus équilibré, Luigi saute plus haut mais ramasse les objets lentement, Toad saute moins haut mais se montre le plus fort tandis que Peach est la plus faible mais elle peut planer quelques secondes en utilisant sa robe. Sorti le 9 octobre 1988 et composé de vingt niveaux découpés en sept mondes, le jeu contraste fortement avec le premier Super Mario Bros. par un gameplay consistant à jeter des projectiles sur les ennemis pour les vaincre. Il peut s’agir de légumes, d’objets ou d’ennemis eux-mêmes, leur sauter dessus ne suffisant plus à les écraser.

Il est désormais possible de se concentrer pour effectuer un grand saut, d’emprunter des échelles et des portes menant à de nouvelles zones, de faire exploser certaines surfaces avec des bombes et de gagner jusqu’à deux points de vie supplémentaires en trouvant des champignons dans un monde parallèle, accessible en créant une porte grâce à une potion magique. L’univers se veut en effet très différent et porté sur l’onirisme, Mario devant se sortir d’un mauvais rêve dans lequel il a été plongé. De nombreuses créatures créées pour l’occasion deviennent iconiques pour la saga : c’est par exemple le cas du mystérieux Shy Guy, Phanto qui nous poursuit quand on attrape une clé ou encore Birdo, boss présent dans pratiquement chaque fin de niveau à qui il faut renvoyer trois fois l’œuf qu’il nous projette. Pourvu de graphismes bien plus détaillés et de musiques enchanteresses, Super Mario Bros. 2 met en scène des boss de fin de monde uniques en leur genre comme Mowser la souris, Tryclyde le serpent à trois têtes, Fryguy la boule de feu géante, Clawgrip le crabe et Wart le crapaud, responsable du somme de Mario. Un excellent jeu unique en son genre ayant marqué toute une génération !

 

La NES à son paroxysme

image 3 super mario bros
Une pépite qui reste encore de très loin un des meilleurs épisodes à ce jour.

Le 23 octobre 1988, la saga passe un cap phénoménal avec l’arrivée de Super Mario Bros. 3, qui sublime totalement la formule du premier épisode avec de nouveaux éléments de gameplay et de nombreux niveaux répartis en huit mondes sur autant de cartes à la progression semi-linéaire. Fortement attendu au point d’éclipser la Mega Drive de Sega qui paraît six jours plus tard, ce troisième épisode sort dans un premier temps du scénario habituel avec sept contrées à délivrer, leurs rois ayant été métamorphosés en créatures par les sbires de Bowser. La mise en scène se veut originale avec une séquence théâtralisée dès l’introduction et des graphismes qui exploitent la NES comme jamais. Les nouvelles transformations de Mario constituent la principale innovation du titre. Toujours capable de courir, il peut gagner en vitesse puis s’envoler sous le forme d’un raton-laveur. Plus tard, le costume de Tanooki lui permet en plus de se transformer quelques secondes en statue invulnérable tandis qu’il peut vaincre plus de types d’ennemis habillé en Frère Marteau.

En se promenant sur une carte, on a parfois le choix entre plusieurs niveaux tout en pouvant accéder à des maisons en forme de champignon octroyant un objet aléatoire au joueur. De nombreux objets comme des champignons, des fleurs, des feuilles et des étoiles peuvent ainsi être stockés dans une réserve utilisable avant de commencer un niveau. Un autre moyen de gagner un objet est d’affronter les Frères Marteau qui se promènent aux alentours dans une petite zone dédiée. Parmi les nouveaux objets, on trouve aussi des nuages permettant de passer à travers un niveau sur la carte, des ailes P pour s’envoler à volonté mais aussi des flûtes cachées faisant le même son que dans The Legend of Zelda. Variantes des warp zones, elles permettent de se téléporter bien plus loin dans le jeu, ce qui est bien utile vu la durée de l’aventure et l’absence de pile de sauvegarde dans la cartouche.

Les cartes comportent aussi des mini-jeux permettant de gagner des vies, à base de roulette ou de cartes à retourner, tandis qu’il est possible de faire apparaître des maisons champignons secrètes et des bateaux remplis de pièces d’or selon le score obtenu ou le nombre de pièces ramassées. Bien plus varié que ses prédécesseurs, Super Mario Bros. 3 multiplie les passages remplis de pièces et permet de gagner de nombreuses vies en obtenant des cartes à rassembler à chaque fin de niveau. La coopération à deux joueurs se trouve alors bien plus poussée car il n’est plus nécessaire que Mario et Luigi terminent tous deux chaque niveau. Il est notamment possible de s’affronter dans des arènes rappelant le jeu d’arcade Mario Bros. et même de se voler des cartes obtenues en fin de niveau, le perdant laissant sa place à l’autre joueur.

Pour remplacer les châteaux de Bowser, chaque niveau comporte une ou plusieurs forteresses dans lesquelles apparaissent les Boo, fantômes qui se figent et arrêtent de poursuivre le personnage quand il les regarde de face. Le gardien des lieux est à chaque fois Boom Boom, un Koopa plus puissant nécessitant d’être touché trois fois pour être vaincu. Arrivé au château de chaque monde, le niveau final se déroule sur un bateau volant à défilement automatique, truffé de canons, de chalumeaux et d’ennemis cachés dans le sol. Chacun des sept bateaux est gardé par un sbire de Bowser, dont le nom est toujours tiré d’un musicien célèbre : on trouve alors Larry Koopa, Morton Koopa, Wendy O. Koopa, Iggy Koopa, Roy Koopa, Lemmy Koopa et Ludwig von Koopa. Il faut alors attendre le huitième monde pour que Peach soit enlevé par Bowser et terminer l’aventure en terrassant ce dernier.

En 1989, Mario multiplie ses apparitions animées avec une première série de trois OAV de quinze minutes inspirée des contes traditionnels Momotarō, Issun-bōshi et Blanche-Neige. La série The Super Mario Bros. Super Show propose quant à elles cinquante-deux épisodes à la qualité d’animation discutable tandis que la série The Adventures of Super Mario Bros. 3 en comporte deux fois moins l’année suivante. C’est aussi en 1989 que le film Vidéokid l’Enfant Génial effectue la promotion de Super Mario Bros. 3 en le montrant en avant-première lors de l’épreuve finale peu avant sa sortie américaine. Un grand chef-d’œuvre ayant fortement marqué l’histoire de la machine !

 

Les débuts sur Game Boy

image doctor mario super mario land
À la rencontre de Daisy dans le royaume de Sarasaland.

Après une trilogie Super Mario Bros. des plus percutantes sur NES, il est temps pour Nintendo de se tourner vers l’avenir avec de nouvelles machines à l’horizon. Le 21 avril 1989 sort la Game Boy, héritière des Game & Watch qui s’impose comme la première console portable grand public à accueillir des cartouches interchangeables. Parmi les quatre jeux de son line-up se trouve Super Mario Land, nouvel épisode dans lequel le plombier quitte le Royaume Champignon pour Sarasaland, contrée dont les niveaux sont inspirés de l’Égypte antique, du Triangle des Bermudes, de l’Île de Pâques et de la Chine antique. Il doit y secourir une nouvelle princesse, Daisy, enlevée par un extraterrestre du nom de Tatanga. Il s’agit du premier jeu de la saga pour lequel Shigeru Miyamoto ne fait pas partie de l’équipe de développement, la réalisation étant confiée à Satoru Okada, connu pour ses travaux sur Metroid et Kid Icarus.

Arrivé seulement six mois après Super Mario Bros. 3, Super Mario Land contraste fortement avec ce dernier. Le jeu servant de démo technique pour le lancement de la Game Boy, console monochrome aux capacités limitées pour assurer les ventes et limiter les coûts de production, il donne le sentiment d’un retour en arrière avec une réalisation sommaire, seulement douze niveaux et deux power-up. On ne trouve en effet que le champignon qui fait grandir et une balle rebondissante qui remplace les boules de feu, en plus des vies représentées par des cœurs et de l’étoile qui rend momentanément invincible sous un remix de la deuxième partie du « Galop Infernal d’Orphée aux Enfers » de Jacques Offenbach.

Rapide à parcourir et relativement facile, Super Mario Land a le mérite de proposer une ambiance différente grâce aux compositions d’Hirokazu Tanaka et des mondes qui possèdent leur propre bestiaire. On retrouve toutefois l’équivalent des Goomba, des Koopa qui explosent une fois écrasés, des plantes Piranha et des Bill Ball. Chaque boss est différent et le jeu varie les plaisirs avec deux phases de shoot’em up, sous l’eau puis dans l’espace. Les niveaux ont aussi la particularité de s’achever par deux portes, réussir à atteindre celle en hauteur permettant de participer à un stage bonus pour gagner des vies ou un power-up. Alors que la Game Boy s’impose rapidement tandis que la NES continue d’enchaîner les hits en 1990, Mario commence à se diversifier avec Doctor Mario, puzzle-game commun aux deux machines dans lequel le joueur doit détruire des virus rouges, bleus et jaunes en les alignant avec des pilules de même couleur.

 

L’apparition de Yoshi

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Jamais la plateforme 2D n’avait atteint un tel niveau !

Le 21 novembre 1990, tout bascule avec la sortie de la très attendue Super Famicom, dont le line-up se compose du jeu de course futuriste F-Zero et de Super Mario World, la quatrième aventure principale du plombier. Arborant une direction artistique encore différente et un rehaussement graphique conséquent, il réalise l’exploit d’aller encore plus loin que Super Mario Bros. 3 avec une forte évolution de sa formule. Les mondes ne sont plus séparés en plusieurs cartes, mais forment une grande et unique carte reliant les niveaux entre eux à travers plusieurs chemins possibles. Mieux encore, certains niveaux possèdent une clé et une serrure menant à une sortie alternative qui débouche bien souvent sur un niveau secret. Le gameplay évolue lui aussi avec un système d’envol amélioré : la feuille laisse sa place à la plume, qui offre une cape à Mario lui permettant de s’élancer dans les airs de manière plus fluide et sur une certaine durée avec un peu de pratique.

Si les costumes de Tanooki et de Frère Marteau disparaissent, la principale innovation reste l’apparition de Yoshi, petit dinosaure servant de monture à Mario, capable de l’éjecter et d’avaler certains ennemis. Il sert également de point de vie supplémentaire car une collision le fait fuir sans que Mario subisse de dégât. Il obtient en outre une capacité spéciale selon la couleur de la carapace de tortue qu’il avale : une verte se recrache telle quelle, une rouge permet de cracher trois boules de feu, une jaune effectue un petit séisme à chaque atterrissage et une bleue permet de s’envoler momentanément. La réserve d’objets sur la carte disparaît aussi au profit de la capacité de stocker un seul objet utilisable au moment souhaité pendant un niveau.

Si les forteresses sont toujours présentes avec un quatuor de tricératops sur plateformes tournantes en guise de boss, les maisons hantées deviennent les principaux niveaux intermédiaires avec des énigmes à résoudre pour trouver le bon chemin et de nombreuses sortes de fantômes, dont un Boo de grande taille servant de boss caché. Les bateaux volants sont quant à eux remplacés par des tours gardées par les sbires de Bowser, que l’on affronte dans un ordre différent et selon des configurations bien plus variées. Regorgeant de secrets, la carte cache en outre quatre interrupteurs de couleur permettant de faire apparaître des blocs dans les niveaux. Si les jaunes servent à obtenir un champignon et les verts une plume, ils facilitent l’accès à certaines zones et peuvent permettre de trouver plus facilement la Star Road, environnement secret dans lequel trouver la sortie secrète de chaque niveau est nécessaire pour avancer et ainsi atteindre le Special World, qui regroupe les niveaux les plus difficile du jeu.

Parvenant à surpasser le pourtant exceptionnel Super Mario Bros. 3, Nintendo atteint déjà un certain aboutissement en faisant de Super Mario World un chef-d’œuvre ultime encore inégalé aujourd’hui. En plus de la série animée éponyme de treize épisodes sortie en 1991, Yoshi permet à Mario de se diversifier toujours plus en apparaissant dans tout un tas de jeux à son effigie. Porte-étendard des puzzle-games, il est par deux fois à l’affiche sur NES et Game Boy avec Mario & Yoshi et Yoshi’s Cookie, ce dernier ayant également droit à une version Super Nintendo. On le retrouve également dans le jeu de tir Yoshi’s Safari, qui exploite tant bien que mal le Super Scope de la machine.

Suite du dossier à paraître petit à petit !

Pulp Fiction, palme d’or de Quentin Tarantino

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Date de sortie : 11 septembre 1994 (Mexique, Corée du Sud), 26 octobre 1994 (France)
Réalisateur : Quentin Tarantino
Acteurs principaux : John Travolta, Samuel Jackson, Bruce Willis, Uma Thurman, Ving Rhames, Harvey Keitel, Tim Roth, Christopher Walken
Genre : Drame, gangster
Nationalité : Américain
Compositeur : aucun
Scénariste : Quentin Tarantino
Sociétés de production : Jersey Films, A Band Apart et Miramax
Budget : 8 millions de dollars

« Peut-être que ta méthode de massage diffère de la mienne, mais je t’assure que toucher les pieds d’une fille et lui glisser la langue dans le sanctuaire des sanctuaires, c’est vraiment pas du même ordre. »

Tenant son nom des pulp magazines connus pour leur violence graphique et leurs dialogues acerbes, Pulp Fiction met principalement en scène John Travolta (Grease, Blow Out, Staying Alive) et Samuel Jackson (True Romance, Une Journée en Enfer, Incassable) dans le rôle de Vincent Vega et Jules Winnfield, deux malfrats chargés de récupérer une mystérieuse mallette pour leur patron Marsellus Wallace, joué par Ving Rhames (Outrages, L’Échelle de Jacob, Mission Impossible). La qualité d’écriture ne se fait pas attendre avec des dialogues succulents durant leur chemin en voiture, animés par des débats sur les massages des pieds des femmes et les variétés de burgers sous l’entraînante « Jungle Boogie » de Kool & The Gang. La scène où Jules et Vincent s’incrustent chez les mecs ayant volé la mallette symbolise à elle seule toute la violence, le comique et la psychopathie (la citation de la Bible apprise par cœur sans en comprendre le sens « juste parce que ça en jette ») de l’œuvre.

« Quoi c’est ton pays, ça, « Quoi » ? Fais un effort : on parle quelle langue à Quoi !? »
« Si Butch se réfugie en Indochine, je veux un bonze dans chaque bol de riz prêt à lui plomber les molaires. »

La troisième grande partie de Pulp Fiction est portée par le personnage de Butch, boxeur incarné par Bruce Willis (Piège de Cristal, Le Dernier Samaritain, Hudson Hawk), recherché par Marsellus pour avoir tué un de ses hommes lors d’un match sur le ring. Une course poursuite effrénée durant laquelle il pète un câble car sa copine a laissé sa montre en or dans leur appartement. On comprend pourquoi il y tient tant lors d’une analepse où un militaire joué par Christopher Walken (Voyage au Bout de l’Enfer, Dangereusement Vôtre, Batman Returns) lui raconte étant enfant comment son père lui a gardé une montre familiale en la fourrant dans son anus pour la cacher à ses ennemis avant de la lui remettre. La violence continue de plus belle alors que Marsellus se retrouve prisonnier d’un vendeur d’armes après avoir essayé de le descendre dans sa boutique, Butch le délivrant du flic tortionnaire sous les traits de Peter Greene (The Mask, Usual Suspects), la musique de fond « Commanche » du groupe de rock The Revels assurant un décalage narratif appréciable.

« Comme y avait pas d’autres cachettes, il se l’est mise dans le c*l. Fallait avoir du courage pour le faire, se la mettre dans le c*l. »
« – Que personne ne bouge et tout se passera bien ! – Si un seul d’entre vous fait un geste, bande d’enfoirés, ce sera l’exécution sommaire pour vous tous jusqu’au dernier ! »

Deux ans après un Reservoir Dogs singulier ayant servi de coup d’essai à Quentin Tarantino, le réalisateur affirme son style en exploitant de nouveau l’univers mafieux et la narration désordonnée avec Pulp Fiction, film qui fait s’entremêler plusieurs histoires avec une intrigue soutenue, truffée de dialogues poignants et de scènes violentes parfois composées de situations comiques. L’introduction annonce d’emblée la couleur alors qu’un mec interprété par Tim Roth (Rob Roy, Groom Service, La Planète des Singes) et sa copine par Amanda Plummer (The Fisher King, Le Bazaar de l’Épouvante, Nostradamus) déjeunent dans le restaurant qu’ils comptent braquer après avoir estimé qu’il serait moins risqué de s’en prendre à des banques car ses dernières s’en foutent sous prétexte qu’elles sont assurées. Le générique se lance alors sous l’iconique reprise façon pop rock de la musique folklorique grecque « Misirlou » par Dick Dale.

Un petit rôle pour Tarantino en la présence d’Harvey Keitel.

Alors que les passages se succèdent, les dernières pièces du puzzle se rassemblent par l’intermédiaire de scènes venant s’intercaler à différents moments. Après que Jules et Vincent ont récupéré la mallette, on découvre par exemple qu’un quatrième mec était planqué derrière une porte et loupe tous ses tirs avant de se faire dégommer à son tour. L’ironie du scénario se poursuit au moment où Vincent explose malencontreusement la cervelle du dernier survivant des lieux dans leur voiture, obligeant les deux lascars à se faire aider par Winston Wolf, sosie de Vito Corleone interprété par Harvey Keitel (The Two Jakes, Thelma & Louise, La Leçon de Piano). Un nettoyage assez comique durant lequel Tarantino apparaît dans le rôle d’un neveu de Marsellus Wallace, et qui explique pourquoi Jules et Vincent sont habillés comme des touristes quand ils ramènent la mallette, dont le contenu reste un mystère du début à la fin. La dernière scène du film rejoint alors brillamment la première alors qu’ils s’interposent face aux braqueurs du restaurant.

« Je me demande pourquoi on raconte des conneries et qu’on parle pour ne rien dire. Histoire de se mettre en confiance ? »
Pulp Fiction GIFs | Tenor
« « C’est la vie » say the old folks, it goes to show you never can tell ! »

Une des scènes les plus culte se déroule alors que Vincent doit passer une soirée avec Mia Wallace, la femme de son patron interprétée par la sulfureuse Uma Thurman (Les Liaisons Dangereuses, Mad Dog and Glory, Batman & Robin), afin de lui tenir compagnie pendant son absence. Un passage dans un club durant lequel on peut apercevoir un autre acteur de Reservoir Dogs, Steve Buscemi (Darkside Les Contes de la Nuit Noire, Barton Fink, Desperado), dans le rôle du serveur déguisé en Buddy Holly. Leur dîner berce le film d’autres musiques emblématiques des années 1960 comme « Son of a Preacher Man » de Dusty Springfield, « Bullwinkle Part II » de The Centurians et surtout « You Never Can Tell » de Chuck Berry, sur laquelle ils assurent un twist des plus classieux. La reprise de « Girl, You’ll Be a Woman Soon » de Neil Diamond par le groupe de rock Urge Overkill symbolise efficacement tout le tragique du personnage de Mia, et son overdose toute la poisse du personnage de Vincent auprès du dealer incarné par Eric Stoltz (La Mouche 2, Memphis Belle, Les Quatre Filles du Docteur March), doublé par l’excellent Emmanuel Curtil. Véritable orgie de citations culte et générateur de mèmes récompensé par la palme d’or au festival de Cannes de 1994, Pulp Fiction demeure une des œuvres les plus marquantes de son époque et le meilleur film de gangsters de la carrière de Quentin Tarantino.

Outrages, de Brian de Palma

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Date de sortie : 18 août 1989 (États-Unis),
10 janvier 1990 (France)

Réalisateur : Brian De Palma
Acteurs principaux : Michael J. Fox, Sean Penn, Don Harvey, John C. Reilly, John Leguizamo, Thuy Thu Le, Ving Rhames
Genre : Guerre, drame
Nationalité : Américain
Compositeur : Ennio Morricone
Scénariste : David Rabe
Sociétés de production : Columbia Pictures et Art Linson Productions
Budget : 22,5 millions de dollars

Un jour comme les autres dans la tension du conflit.

Ouvertement inspiré de l’incident de la colline 192 survenu en novembre 1966 pendant la guerre du Vietnam, Outrages place Michael J. Fox (Class 1984, Retour vers le Futur, Teen Wolf) dans la peau de Max Eriksson, soldat novice tentant péniblement de trouver un sens au conflit alors que les Vietcongs menacent la survie de son bataillon jusque dans le village allié où ils trouvent refuge. Dirigé par le sergent Tony Meserve sous les traits de Sean Penn (Taps, L’Impasse, The Game), il fait également équipe avec des soldats incarnés par Don Harvey (Creepshow 2, Die Hard 58 Minutes pour Vivre, Hudson Hawk), John C. Reilly (Jours de Tonnerre, Gangs of New York, Aviator) et John Leguizamo (Vengeance, Super Mario Bros, Smoke), ces deux derniers effectuant leurs grands débuts au cinéma.

Une protestation qui tourne mal.
Le courage de se dresser contre les abus de ses alliés.

Alors que son ami Brownie se fait mortellement piéger par les balles ennemies durant un temps de pause, Meserve décide de kidnapper une vietnamienne jouée par Thu Thuy Le pour abuser de son corps durant leur prochaine mission. Croyant d’abord à une plaisanterie, Eriksson réalise l’horreur de la situation dans laquelle il se trouve, se retrouvant incapable d’agir malgré des convictions qui diffèrent des membres de son équipe. Même en tentant de dénoncer le viol collectif et le meurtre de la jeune femme à ses supérieurs, il se retrouve face à l’impassibilité du lieutenant Reilly, interprété par Ving Rhames (L’Échelle de Jacob, Le Soul-Sol de la Peur, Pulp Fiction), qui témoigne de toute la corruption d’un système qui cherche à éviter les ennuis en ignorant des crimes d’une certaine gravité.

Un meurtre d’une violence inouïe.
Une hiérarchie qui ne souhaite pas que ça s’ébruite.

Réalisé par Brian De Palma (Scarface, Les Incorruptibles, Mission Impossible), Outrages fait partie de ces films qui traitent du pire de la condition humaine en temps de guerre. Pourvu d’une belle réalisation et d’un dramatique renforcé par les compositions mélancoliques d’Ennio Morricone (la trilogie du dollar, Mon Nom est personne, Le Professionnel), il met en lumière la violence qui a pu exister entre les soldats, le bizutage de ceux qui osent protester et la tabou des viols commis par l’armée. Un film aussi éprouvant à regarder que l’a été son tournage, durant lequel Sean Penn avait réellement pourri Michael J. Fox pour rester à fond dans son rôle.

« Vous avez fait un mauvais rêve. […] Mais c’est fini maintenant ! »

Souviens-toi l’Été Dernier : une saga horrifique largement inspirée de Scream

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Souviens-toi l’Été Dernier (1997)

Date de sortie : 17 octobre 1997 (États-Unis), 28 janvier 1998 (France)
Réalisateur : Jim Gillespie
Acteurs principaux : Jennifer Love Hewitt, Ryan Philippe, Freddie Prinze Jr, Sarah Michelle Gellar, Johnny Galecki, Bridgette Wilson et Muse Watson
Genre : Épouvante
Nationalité : Américaine
Compositeur : John Debney
Scénariste : Kevin Williamson
Sociétés de production : Mandalay Entertainment et Neal H. Moritz Production
Budget : 17
 millions de dollars

La fameuse nuit où tout a commencé.

Adaptation libre du roman Comme en un Mauvais Rêve écrit par Lois Duncan, Souviens-toi l’Été Dernier profite du succès de Scream pour remettre en avant le genre du slasher en s’inscrivant dans la droite lignée d’Halloween La Nuit des Masques. Premier film réalisé par Jim Gillespie, il met en scène quatre lycéens (Julie, Helen, Barry et Ray) qui heurtent accidentellement un inconnu sur une route côtière lugubre alors qu’ils faisaient une virée en voiture pour fêter leur dernier été ensemble avant leur départ pour l’université. Alors qu’ils se débarrassent du corps dans l’océan, ils concluent un pacte pour ne plus jamais parler de cette nuit-là. Mais un an plus tard, le cauchemar ressurgit quand Julie reçoit une lettre anonyme indiquant « Je sais ce que tu as fait l’été dernier. ».

Une inquiétante menace au crochet.
Des scènes de tension très efficaces.

Porté par des acteurs comme Jennifer Love Hewitt (Sister Act 2, Le Smoking, Sexy Devil), Ryan Philippe (Lame de Fond, Nowhere, Way of the Gun) et Freddie Prinze Jr. (Elle est Trop Bien, Wing Commander, Scooby-Doo), le film marque aussi le premier grand rôle au cinéma de Sarah Michelle Gellar (Scream 2, Sexe Intentions, The Grudge), quelques mois après les débuts de Buffy contre les Vampires. Le casting est ensuite complété par Johnny Galecki (Le Sapin a les Boules, Vanilla Sky, The Big Bang Theory), Bridgette Wilson (Last Action Hero, Mortal Kombat, Nixon) et Muse Watson (Assassins, Austin Powers L’Espion qui m’a Tirée, Prison Break).

Une découverte des cadavres directement héritée de Scream.
L’heure de la révélation approche…

Véritable métaphore du passage à l’âge adulte, Souviens-toi l’Été Dernier exploite efficacement les codes de l’épouvante pour traiter des thèmes de la culpabilité et du traumatisme. Pourvu d’une belle réalisation et d’un suspense efficace avec cet étrange individu vêtu d’un imperméable et armé d’un crochet qui harcèle les protagonistes, il se montre peu sanglant et prend le temps d’installer une certaine angoisse avant d’en arriver aux premiers meurtres. Au final assez classique, son scénario ne favorise toutefois pas suffisamment l’identité du tueur, dont l’identité reste peu évidente. Le film reste un bon représentant du genre, qui connaît alors deux suites, une série en 2021 pour un nouveau film en 2025.

 

Souviens-toi l’Été Dernier 2

Date de sortie : 13 novembre 1998 (États-Unis), 13 janvier 1999 (France)
Réalisateur : Danny Cannon
Acteurs principaux : Jennifer Love Hewitt, Freddie Prinze Jr, Brandy Norwood, Mekhi Phifer, Muse Watson, Jack Black
Genre : Épouvante
Nationalité : Américaine
Compositeur : John Frizzell
Scénaristes : Trey Callaway et Stephen Gaghan
Sociétés de production : Columbia Pictures, Mandalay Entertainment, Neal H. Moritz Production et Summer Knowledge LLC
Budget : 24
 millions de dollars

On prend (une partie) des mêmes et on recommence.

Suite directe du premier film, Souviens-toi l’Été Dernier 2 prend place un an après les meurtres de Southport alors que Julie étudie à Boston tout en souffrant de stress post-traumatique. Pour tenter d’oublier tout cela, sa colocatrice Karla, sous les traits de la chanteuse Brandy Norwood, lui fait gagner un week-end aux Bahamas en compagnie de leurs amis Will et Tyrell, ce dernier étant incarné par Mekhi Phifer (L’Armée des Morts, Divergente, Pandemic). Tout cela était évidemment bien trop beau pour être vrai car le cauchemar recommence dans leur hôtel avec une nouvelle série de meurtres.

Jack Black et le charisme déconcertant.
Des personnages énigmatiques.

Si Jennifer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr. reprennent leurs rôles, le quatuor fait également la connaissance d’une barmaid jouée par Jennifer Esposito, d’un étrange porteur de bagages incarné par Bill Cobbs (Le Sous-Sol de la Peur, Bodyguard, Demolition Man) ainsi que de Titus, un excentrique interprété par Jack Black (L’Histoire sans Fin III, Waterworld, Disjoncté) qui ne fume sans doute pas que des cigarettes. De son côté, Ray comprend que le tueur est de retour en rendant visite à Julie et s’empresse de la retrouver aux Bahamas afin d’en finir une bonne fois pour toutes.

Une mise en scène toujours aussi efficace.
Ben Willis rôde toujours !

Lui aussi pourvu d’une réalisation soutenue, Souviens-toi l’Été Dernier 2 ne réinvente pas la roue avec un scénario relativement classique mais tire son épingle du jeu en proposant un cadre plus original et un certain sentiment d’angoisse grâce au huis clos instauré dans l’hôtel. Le parallèle entre les événements des Bahamas et les mésaventures de Ray offre également une double narration bienvenue. Si Muse Watson reprend aussi son rôle, le twist final s’inspire d’autant plus de Scream qu’il met en scène un complice qui renforce l’intérêt de l’intrigue. Une suite convaincante !

 

Souviens-toi l’Été Dernier 3

Date de sortie : 21 juin 2006 (1h 32min)
Réalisateur : Sylvain White
Acteurs principaux : Brooke Nevin, Torrey DeVitto, David Paetkau, Seth Packard, Michael Flynn, Don Shanks
Genre : Épouvante
Nationalité : Américaine
Compositeur : Justin Caine Burnett
Scénaristes : Trey Callaway et Stephen Gaghan
Sociétés de production : Original Film, Mandalay Entertainment et Destination Films
Budget : 18
 millions de dollars

Une nouvelle bande de jeunes pris pour cible.

Sorti directement en vidéo huit ans après son prédécesseur, Souviens-toi l’Été Dernier 3 fait le choix de remplacer les protagonistes d’origine par de tous nouveaux personnages dans un scénario se déroulant sept ans plus tard. Lors d’une fête foraine pour le 4 juillet, quatre lycéens subissent la blague d’un de leurs amis, qui les poursuit déguisé en tueur au crochet jusqu’à faire tomber l’un d’eux d’un toit, qui s’empale accidentellement. Cherchant à faire taire ce qui s’est réellement passé en inventant un tueur de toutes pièces auprès de la police, ils se retrouvent tous confrontés à une réelle menace l’année suivante.

Un accident qui ne sera pas sans conséquence.
Une mise en scène toujours aussi exquise.

Reprenant le schéma narratif du premier épisode, le film innove ici et là avec hallucinations lors de scènes d’action pas toujours très lisibles à cause de trop nombreuses coupes. Pourvu d’une réalisation correcte et d’une mise en scène assez qualitative, il met principalement en scène Brooke Nevin, Torrey DeVitto (Les Frères Scott, Les Experts Miami, Castle), David Paetkau (Destination Finale 2, Alien versus Predator 2), Ben Easter et Don Shanks (Halloween 5). Si les références au premier film sont légion, le scénario n’omet pas l’importance du deuxième avec la présence d’un crochet venu tout droit des Bahamas.

Une apparition au charisme discutable.

Laissant croire à des cauchemars qui pourraient signifier que la menace est uniquement psychologique, Souviens-toi l’Été Dernier 3 se fournoie dans son propos pourtant ingénieux en laissant apparaître une version zombifiée de Ben Willis sous le manteau du pêcheur. Les meurtres étant bien réels, la seule explication serait que la mauvaise blague du début du film ait ressuscité le tueur d’origine, qui serait alors revenu hanter la nouvelle bande de jeunes. Un scénario perfectible qui sort du cadre réaliste, là où le choix de simples hallucinations (comme Roger qui semble se suicider en laissant croire qu’on lui a tranché la gorge) auraient été bien plus opportun.

 

Souviens-toi l’Été Dernier (2025)

Date de sortie : 16 juillet 2025 (1h 51min)
Réalisatrice : Jennifer Kaytin Robinson
Acteurs principaux : Madelyn Cline, Chase Sui Wonders, Jonah Hauer-King, Tyriq Withers, Sarah Pidgeon, Billy Campbell, Austin Nichols, Jennifer Love Hewitt, Freddie Prinze Jr
Genre : Épouvante
Nationalité : Américaine
Compositrice : Chanda Dancy
Scénaristes : Sam Lansky et Jennifer Kaytin Robinson
Sociétés de production : Columbia Pictures, Screen Gems et Original Film
Budget : 18
 millions de dollars

Une nouvelle génération confrontée à la malédiction de Southport.

Près de vingt ans après la trilogie d’origine, Souviens-toi l’Été Dernier effectue son grand retour au cinéma dans un quatrième film se déroulant près de trente ans après les premiers massacres de Southport. La ville a tenté d’oublier le passé en devenant une riche station balnéaire jusqu’à ce que cinq nouveaux lycéens reproduisent des événements similaires. Le casting est notamment porté par Madelyn Cline (Stranger Things, Glass Onion), Chase Sui Wonders (Generation, City on Fire), Jonah Hauer-King (This is the Night, La Petite Sirène), Sarah Pidgeon (Gotham, The Wilds), Billy Campbell (Les Aventures de Rocketeer, Dracula) et Austin Nichols (Le Jour d’Après, Les Frères Scott, The Walking Dead).

Une menace devenue iconique.
Le grand retour des survivants de l’époque.

Similaire à ses prédécesseurs, le film commence d’abord par quelques feintes puis se démarque en troquant l’homicide routier par un accident survenu après que le groupe, cette fois-ci composé de cinq personnages, s’est arrêté en pleine route. Traqués par un mystérieux tueur après avoir reçu un message un an plus tard, ils découvrent le passé de leur ville grâce à un podcast sur les meurtres et décident de se tourner vers les survivants du massacre de 1997. Jennifer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr. reprennent ainsi leurs rôles de Julie et de Ray tandis que Sarah Michelle Gellar effectue un caméo glaçant durant un cauchemar.

Des renvois efficaces au passé eu scénario.

S’inscrivant dans la lignée des récents Scream en faisant rencontrer des vétérans à une nouvelle génération de protagonistes, Souviens-toi l’Été Dernier s’en sort bien mieux que ces derniers grâce à un scénario qui prend plus de risques avec des mobiles meurtriers déjà plus cohérents. Si le choix d’enfin mettre en scène deux tueurs n’a plus rien d’original en 2025, faire porter le costume à un des témoins de l’accident ainsi qu’à un des héros d’origine a totalement de quoi surprendre. Tandis que le scénario semble vouloir aller plus loin avec Brandy Norwood qui reprend son rôle de Karla durant la scène post-générique, ce quatrième film prouve qu’une saga peut tout à fait sublimer son retour de longues années après si elle est soutenue par une réalisation et une écriture de qualité.

Dracula (2025) de Luc Besson

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Date de sortie : 30 juillet 2025 (2h09min)
Réalisateur : Luc Besson
Acteurs principaux : Caleb Landry Jones, Christoph Waltz, Matilda De Angelis, Zoë Bleu, Ewens Abid, David Shields
Genre : Épouvante, fantastique
Nationalité : Français
Compositeur : Danny Elfman
Scénariste : Luc Besson
Sociétés de production : LBP Productions et EuropaCorp
Budget : 45 millions de dollars

Caleb Landry Jones toujours au sommet.

Deux ans après un retour aux sources d’une redoutable efficacité avec l’excellent DogMan, Luc Besson place cette fois-ci Caleb Landry Jones (X-Men Le Commencement, Antiviral, Get Out) dans le rôle du prince Vladimir pour une nouvelle adaptation de Dracula fortement inspirée de celle de Francis Ford Coppola. L’introduction prend place en 1480 alors que la bien-aimée de Vlad se fait tuer durant une bataille, poussant ce dernier à violemment renier l’Église en transperçant un prêtre. À la fin du XIXème siècle, c’est cette fois-ci à Paris qu’il retrouve une jeune femme ressemblant à Elisabeta.

Une réception digne du Batman de Tim Burton !
Une très belle mise en scène.

S’il peut être surprenant de voir Luc Besson s’attaquer à un tel mythe, présenter le comte Dracula comme la victime d’une malédiction est finalement en parfaite cohérence avec sa manière de centrer son propos sur un personnage marginalisé. Si l’on retrouve des personnages comme Jonathan Harker, Mina ou encore son amie cette fois-ci appelée Maria sous les traits de Matilda De Angelis, Christoph Waltz (Big Eyes, Alita Battle Angel, Mourir Peut Attendre) y incarne un Abraham Van Helsing assez charismatique, bien que jamais nommé comme tel.

Christoph Waltz, chasseur de vampires.
Des plans somptueux.

Auréolé d’une belle réalisation, le film s’impose comme une adaptation convaincante du roman de Bram Stoker. Caleb Landry Jones y est une nouvelle fois incroyable par sa prestance, son parler et son faciès effrayant. Habituellement épaulé par Éric Serra, Luc Besson signe ici sa première collaboration avec Danny Elfman (Dumbo, Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Beetlejuice Beetlejuice), qui s’inspire efficacement des compositions de Wojciech Kilarf pour retranscrire toute la violence et le fatalisme du scénario. Une belle réussite qui montre que la réalisateur est plus que jamais de retour !

28 Jours Plus Tard, une trilogie initiée par Danny Boyle

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28 Jours Plus Tard

Date de sortie : 1er novembre 2002 (Royaume-Uni et Irlande), 28 mai 2003 (France)
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs principaux : Cillian Murphy, Naomie Harris, Megan Burns, Brendan Gleeson, Christopher Eccleston, Noah Huntley, Stuart McQuarrie, Ricci Harnett
Genre : Épouvante, science-fiction
Nationalité : Britannique
Compositeur : John Murphy
Scénariste : Alex Garland
Sociétés de production : British Film Council, en association avec DNA Films
Budget : 8
 millions de dollars

Jim perdu dans une ville dévastée.

Cinquième film réalisé par Danny Boyle (Trainspotting, Une Vie Moins Ordinaire, La Plage), 28 Jours Plus Tard marque la première collaboration du réalisateur britannique avec Alex Garland, qui officie comme scénariste. Démarrant avec une séquence choc qui montre des singes infectés s’échapper d’un laboratoire après s’être jetés sur une de leur sauveuse, le film annonce d’emblée la couleur avec la brutalité et la radicalité du monde à venir. Vingt-huit jours plus tard, Jim, un coursier marquant le premier rôle majeur au cinéma de Cillian Murphy (La Jeune-Fille à la Perle, Batman Begins, Anna), se réveille du coma dans une Londres vidée de ses habitants, en proie à une menace invisible et dépourvue de toute structure sociale.

Un trio de survivants qui va devoir se serrer les coudes.
Des effets flippants réussis.

Le réalisateur s’éloigne des codes traditionnels du film de zombies pour explorer une peur plus contemporaine au début des années 2000. Les infectés ne sont pas des morts-vivants classiques mais des personnes transformées en créatures virulentes capables de courir, à la manière des crimson heads du remake du jeu vidéo Resident Evil, sorti quelques mois plus tôt. Cette relecture nerveuse du mythe du zombie, alliée à une caméra granuleuse et un tournage en décors réels désertés à l’aube, confère au film un visuel réaliste donnant l’impression que l’action est filmée sur le vif. Si certaines scènes d’action abusent des coupes au montage, rendant la lisibilité parfois confuse, elles traduisent aussi un chaos brut et viscéral relativement innovant pour le genre.

Une menace bien plus grande que les infectés eux-mêmes.
Une déshumanisation particulièrement poignante.

Aux côtés de Cillian Murphy, Naomie Harris (Pirates des Caraïbes Le Secret du Coffre Maudit, Skyfall, Mowgli) se fait également connaître en interprétant une survivante déterminée tandis que Brendan Gleeson (Braveheart, Gangs of New York, Joker Folie à Deux) apporte une touche d’humanité désespérée dans ce monde en ruines. Militaire glaçant sous les traits de Christopher Eccleston (Petits Meurtres entre Amis, Les Autres, Doctor Who), Henry West incarne quant à lui une menace encore plus dangereuse : celle des hommes prêts à tout pour maintenir un ordre à leur avantage. 28 Jours Plus Tard s’interroge alors sur la condition humaine et les frontières de la barbarie, contribuant à relancer l’intérêt pour ce genre d’univers, à commencer par The Walking Dead, dont le comics commence à paraître un an plus tard. Son atmosphère oppressante et sa tension psychologique lui octroient une dimension politique et humaine qui le distingue fortement de ses prédécesseurs.

 

28 Semaines Plus Tard

Date de sortie : 9 mai 2007 (Jamaïque),
26 août 2007 (France)

Réalisateur : Juan Carlos Fresnadillo
Acteurs principaux : Robert Carlyle, Catherine McCormack, Imogen Poots, Rose Byrne, Jeremy Renner, Idris Elba
Genre : Épouvante, science-fiction
Nationalité : Hispano-britannique
Compositeur : John Murphy
Scénaristes : Rowan Joffé, Juan Carlos Fresnadillo, Enrique López Lavigne et Jesús Olmo
Sociétés de production : DNA Films, UK Film Council, Figment Films, Fox Atomic, Sogecine et Koan Films
Budget : 15
 millions de dollars

Une séquence choc qui confirme la dangerisoté des créatures.

Cinq ans après 28 Jours Plus Tard, Juan Carlos Fresnadillo succède à Danny Boyle pour le deuxième volet de la saga. Intitulé 28 Semaines Plus Tard, le film s’ouvre sur une séquence de survie brutale montrant des rescapés violemment surpris par l’arrivée d’infectés dans la maison de campagne où ils s’étaient réfugiés. Le réalisateur affiche alors dès les premières minutes un style frontal plus intense marqué par un certain désespoir de l’humanité. Vingt-huit semaines plus tard, l’épidémie est officiellement éradiquée et le Royaume-Uni placé sous contrôle militaire américain avec une zone sécurisée dans un quartier de Londres pour entamer la reconstruction. Le casting est entièrement renouvelé pour apporter un tout autre point de vue sur le scénario. Robert Carlyle (Le Monde ne Suffit pas, Trainspotting, Once Upon A Time) y incarne Don, père de famille rongé par la culpabilité après avoir abandonné sa femme pour sauver sa peau.

Une détresse parfaitement incarnée par Robrt Carlyle.
Quand la détresse laisse place à la trahison.

Imogen Poots (V pour Vendetta, Fright Night, Need for Speed) concrétise son premier rôle d’envergure au cinéma en interprétant sa fille Tammy qui, à l’aide de son jeune frère, parvient à sortir de la zone sécurisée pour retrouver leur ancienne maison. Alors que leur mère y réapparaît sous les traits de Catherine McCormack (Braveheart, The Tailor of Panama, Spy Game) à l’occasion d’un plan effroyable, le virus refait surface pour mieux engendrer le chaos sur la ville. Porté par une réalisation nerveuse qui ne lésine pas sur les coupes abruptes et les scènes de panique, 28 Semaines Plus Tard se montre plus intense et rythmé que son prédécesseur. Si cette frénésie nuit encore trop à la lisibilité de l’action, elle traduit aussi la violence incontrôlable d’un monde en ruines.

Les derniers survivants d’une ville ravagée.
Une tragédie qui coûte cher.

La gestion militaire donne également l’occasion de dénoncer l’impuissance des structures politique face à un ennemi invisible, les décisions expéditives de l’armée et les dilemmes moraux qui en découlent. Rose Byrne (Star Wars L’Attaque des Clones, Troie, Sunshine) y incarne à cette occasion une médecin militaire confrontée à l’échec de la science face au virus, tandis que Jeremy Renner (Démineurs, Missions Impossible Protocole Fantôme, Hansel et Gretel Chasseurs de Sorcières) interprète un sniper qui déserte l’armée pour sauver une partie de la population. Moins intimiste que 28 Jours Plus Tard, sa suite mise sur l’ampleur et la brutalité d’un effondrement en cours, le réalisateur ayant conservé la tension sourde qui faisait la force du premier film. Entre film d’horreur postapocalyptique et critique militaire, 28 Semaines Plus Tard confirme l’intérêt d’un univers où le virus n’est qu’un révélateur des instincts humains les plus sombres.

 

28 Ans Plus Tard

Date de sortie : 18 juin 2025 (1h 55min)
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs principaux : Alfie Williams, Aaron Taylor-Johnson, Jodie Comer, Ralph Fiennes, Edvin Ryding, Jack O’Connell et Erin Kellyman
Genre : Épouvante, science-fiction
Nationalité : Américano-britannique
Compositeur : Young Fathers
Scénariste : Alex Garland
Sociétés de production : Columbia Pictures, DNA Films, BFI et Decibel Films
Budget : 60
 millions de dollars

Leçon n°1 : avoir le courage de regarder.

Il a fallu dix-huit longues années pour que Danny Boyle revienne enfin à la franchise qu’il avait contribué à lancer, accompagné une nouvelle fois du scénariste Alex Garland. Intitulé 28 Ans Plus Tard, ce troisième volet adopte un style encore différent alors que des survivants ont appris à vivre durablement avec la menace, réfugiés sur une île isolée du continent par une chaussée lourdement gardée. Le casting est une fois de plus renouvelé avec un père de famille interprété par Aaron Taylor-Johnson (The King’s Man, Bullet Train, Nosferatu), qui amène son fils sous les traits d’Alfie Williams en dehors de la ville fortifiée afin de mettre en pratique ses leçons de tir à l’arc directement sur des infectés.

Une sortie qui devait nécessairement mal tourner.
Une course-poursuite qui rappelle fortement L’Attaque des Titans.

Au cœur d’un Royaume-Uni sauvage et reconquis par la nature comme par la folie, le film oppose frontalement la relative stabilité d’une communauté insulaire aux horreurs d’un monde extérieur redevenu primitif. La mise en scène, fidèle à l’esthétique crue des précédents volets, se densifie ici avec des images puissantes, comme des corps suspendus et des rituels tribaux. La narration fait ressurgir des figures à la fois tragiques et ambivalentes : Jodie Comer (Star Wars L’Ascension de Skywalker, Le Dernier Duel) incarne une survivante marquée par la perte tandis que Ralph Fiennes (The Reader, Mourir Peut Attendre, Le Menu) sort encore une fois des sentiers battus dans le rôle d’un médecin devenu chef communautaire habité par une vision du monde sacrificielle aboutissant à un culte des crânes.

Des airs de Cillian Murphy ?
Un rite qui a de quoi faire froid dans le dos.

Plus encore que ses prédécesseurs, le film flirte avec la fable horrifique, multipliant les séquences symboliques où les infectés semblent moins menaçants que les idéologies nées du désespoir. On y devine l’influence de The Last of Us pour la survie en duo armé d’un arc et la nature qui reprend ses droits, de The Walking Dead pour les infectés vieillissants et les survivants regroupés en communautés, ou encore L’Attaque des Titans pour les infectés imposants capables de donner des ordres aux autres membres de sa horde. On peut même y voir un clin d’œil à Brain Dead pour l’infectée qui accouche, à la différence que l’enfant né semble parfaitement sain. Fidèle à son goût pour le chaos esthétique, Danny Boyle signe un retour fascinant qui n’a pas peur d’explorer ce que deviennent les survivants quand ils cessent d’attendre la fin.

Superman (2025) de James Gunn

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Date de sortie : 8 juillet 2025 (2h 09min)
Réalisateur : James Gunn
Acteurs principaux : David Corenswet, Rachel Brosnahan, Nicholas Hoult, Edi Gathegi, Nathan Fillon, Isabela Merced
Genre : Super-héros, science-fiction
Nationalité : Américaine
Compositeurs : John Murphy et David Fleming
Scénariste : James Gunn
Sociétés de production : DC Studios, The Safran Company et Troll Court Entertainment, présenté par Warner Bros.
Budget : 225
 millions de dollars

Une belle équipe de vainqueurs !

Premier film du deuxième univers DC imaginé par James Gunn (Super, Les Gardiens de la Galaxie, The Suicide Squad), ce nouveau Superman s’inscrit dans le premier chapitre « Gods and Monsters » et fait le choix de directement rentrer dans le feu de l’action sans dépeindre les origines des personnages. On découvre alors un Clark Kent incarné par David Corenswet (The Politician, Hollywood, Twisters) déjà en couple avec une Lois sous les traits de Rachel Brosnahan (The Finest Hours, The Amateur) face à la mégalomanie de Lex Luthor, ingénieusement interprété par Nicholas Hoult (Mad Max Fury Road, Juré N°2, Nosferatu). Le chien Krypto apparaît également pour la première fois en prises de vue réelles lors de séquences essentiellement comiques ayant parfois la mauvaise manie de rappeler l’humour douteux des films Marvel.

Une relation sulfureuse dès les premiers instants.
Une forteresse de glace joliment retranscrite !

Si l’on peut saluer l’envergure de l’univers visuel proposé, nourri par une galerie de seconds rôles bien campés (Edi Gathegi (Twilight, X-Men Le Commencement) en Mister Terrific, Isabela Merced (Madame Web, Alien Romulus, The Last of Us) en Hawkgirl et Nathan Fillon qui prêtait déjà sa voix à Green Lantern dans les films d’animation DC), le film peine à offrir un véritable enjeu dramatique à ces personnages secondaires. Introduits dans des scènes d’exposition souvent expéditives, ils donnent le sentiment d’être là pour cocher des cases en vue des futurs films plutôt que pour réellement servir l’histoire de Superman. Des figures comme l’Ingénieure ou Metamorpho, pourtant intrigantes sur le papier, restent cantonnés au rang de figurants de luxe, comme si Gunn avait voulu caser tout le monde dès ce premier film au risque de saturer la narration. Sans parler de cette créature immense, lâchée par Luthor en plein Metropolis pour faire diversion.

Des seconds rôles à l’utilité et au charisme discutables…
Un face-à-face toujours aussi percutant.

Sur le plan technique, les effets spéciaux restent maîtrisés, les scènes d’action lisibles et le remix musical du thème de John Williams agit comme un liant émotionnel bienvenu. Mais tout cela ne suffit pas à masquer un scénario inutilement alambiqué, tiraillé entre sa volonté de bâtir une mythologie dense et celle de rester un divertissement familial, le ton oscillant péniblement entre légèreté pop et science-fiction verbeuse. Et si l’apparition finale de Supergirl sous les traits de Milly Alcock (House of the Dragon) ouvre des perspectives intéressantes, elle illustre aussi cette tendance à vouloir constamment teaser la suite, au détriment d’une conclusion solide laissant l’image d’un film de qualité. Au demeurant correct, cet énième Superman pourrait déjà faire partir le nouvel univers DC avec une balle dans le pied.

Lilo & Stitch : du dessin animé au remake live

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Lilo & Stitch (2002)

Date de sortie : 16 juin 2002 (Inde), 22 juin 2002 (France)
Réalisateurs : Dean DeBlois et Chris Sanders
Comédiens de doublages : Camille Donda, Emmanuel Garijo, Virginie Méry, Vincent Grass, Éric Métayer, Mouss Diouf
Genre : Animation
Nationalité : Américaine
Compositeur : Alan Silvestri
Scénaristes : Dean DeBlois et Chris Sanders
Société de production : Walt Disney Pictures
Budget : 80
 millions de dollars

Lilo et sa grande sœur Nani.

Emblématique de la nouvelle vague de films animés Disney des années 2000, Lilo & Stitch se démarque assez fortement de ses prédécesseurs en mettant en scène deux personnages incompris pourtant très différents. Si Lilo est une fillette hawaïenne qui pose de gros soucis à sa sœur Nani depuis la mort de leurs parents, Stitch est une petite créature proche d’un Gremlin issue d’expériences pratiquées sur une planète lointaine. D’abord appelé « Expérience 626 », il finit par s’échapper et atterrit sur Terre, poursuivi par son créateur le professeur Jumba et l’agent Pikly, spécialiste de la planète pouvant à la fois rappeler un zinzin de l’espace et Bob Razowski de Monstres et Cie.

La présidente du Grand Conseil compte bien récupérer 626.
Une amitié qui ne se fait pas attendre.

Le film aborde des thématiques rarement centrales dans les productions Disney : la solitude, le deuil et la marginalité. Car au-delà du caractère comique et farfelu du petit extraterrestre, Lilo & Stitch explore la détresse d’une enfant qui vient de perdre ses parents, dont le comportement turbulent masque une grande souffrance, ainsi que la lutte d’une sœur aînée qui tente de conserver sa garde. La présence de l’éducateur Cobra Bubbles, ancien agent du FBI reconverti en assistant social, apporte un contrepoint sérieux au quotidien de Nani et Lilo pour mieux souligner la précarité de leur situation familiale. Lui-même conçu pour détruire, Stitch découvre peu à peu la valeur de l’attachement et de la tendresse dans une trajectoire qui inverse les codes du monstre incompris.

L’agend Bubbles, entre comique et gravité.
La famille au centre du récit.

Musicalement, le film surprend aussi par son ancrage dans la culture hawaïenne et son hommage inattendu à Elvis Presley. Ses chansons servent de pont entre les univers : elles permettent à Lilo de partager sa passion, à Stitch d’apprendre les codes humains et au spectateur de s’ancrer dans une ambiance à la fois rétro et exotique. Ce mélange atypique contribue à la singularité du film aux côtés de ses antagonistes ambigus, notamment le capitaine Gantu, homme-requin plus maladroit que malveillant. On peut néanmoins regretter l’absence de chansons à l’ancienne et de personnages réellement charismatiques.

Une étonnante omniprésence d’Elvis Presley.
Des déguisements à s’y méprandre !

Si Camille Donda (Shanti dans Le Livre de la Jungle 2, Naminé dans Kingdom Hearts II, Zaza dans La Bande à Picsou 2017) prête sa voix à Lilo, c’est Emmanuel Garijo (Bobby dans Dingo & Max, Cait Sith dans Final Fantasy VII Advent Children, Toad dans Super Mario Bros.que l’on retrouve derrière Stitch et David Kawena. Succès au box-office, le film obtient une suite directement-to-video en 2005 intitulée Lilo & Stitch 2 Hawaï Nous avons un Problème. Il est aussi décliné en série animée de 2003 à 2006, dont les téléfilms Stitch et Leroy & Stitch constituent respectivement le prologue et l’épilogue. Un film live sorti en 2025 vient ensuite en proposer une réinterprétation.

 

Lilo & Stitch (2025)

Date de sortie : 21 mai 2025 (1h 48min)
Réalisateur : Dean Fleischer Camp
Acteurs principaux : Maia Kealoha, Sydney Agudong, Zach Galifianakis, Billy Magnussen, Kaipo Dudoit, Tia Carrere, Courtney B. Vance, Jason Scott Lee
Genre : Aventure, science-fiction
Nationalité : Américaine
Compositeur : Dan Romer
Scénaristes : Chris Kekaniokalani Bright et Mike Van Waes
Sociétés de production : Walt Disney Pictures et Rideback
Budget : 100
 millions de dollars

On prend les mêmes et on recommence !

Il a fallu près d’une vingtaine d’années pour que Lilo et Stitch reviennent sur le devant de la scène dans un remake en prises de vue réelles qui prend quelques libertés par rapport à son modèle. L’un des changements majeurs concerne les personnages extraterrestres, Jumba et Pikly, qui apparaissent un temps en animation 3D avant de se fondre parmi les humains. Un choix bancal pour tenter de mettre en avant les performances douteuses de Zach Galifianakis (Into the Wild, Very Bad Trip, Birdman) et Billy Magnussen (Into the Woods, Aladdin, Mourir Peut Attendre), atténuant de fait une part de la fantaisie et de l’étrangeté propres à l’univers d’origine.

Un rendu 3D très convaincant…
… finalement remplacé par des humains d’une grande fadeur.

Autre absence notable : celle du capitaine Gantu, évincé pour des raisons discutables, faisant ainsi du professeur Jumba le principal antagoniste. Sous les traits de Courtney B. Vance (Space Cowboys, Terminator Genisys, La Momie), Cobra Bubbles est davantage mis en retrait au profit de Madame Kekoa, incarnée par Tia Carrere (Dans les Griffes du Dragon Rouge, Wayne’s World, True Lies). Ces ajouts et retraits modifient l’équilibre narratif sans toutefois bouleverser le scénario et ses thématiques habituelles. On peut aussi noter la présence de Jason Scott Lee (Dragon L’Histoire de Bruce Lee, Tigre & Dragon 2, Mulan) qui apparaît en tant qu’employeur de Nani.

Sydney Fox de retour pour de nouvelles aventures !
Un personnage très secondaire qui vient une nouvelle fois confirmer son inutilité.

Le remake ajoute aussi des éléments originaux comme le canon portail, dispositif visuel venu appuyer la dimension science-fiction, le film bénéficiant d’effets spéciaux convaincants, notamment pour donner vie à Stitch, dont le design reste fidèle. Le personnage de Nani, désormais sur le départ pour l’université, se veut un peu plus développé. Un détail qui approfondit légèrement son rôle bien que ces ajouts restent modestes et n’apportent pas de changement majeur à l’intrigue principale. Au demeurant correct, le film ne se démarque pas suffisamment du dessin animé pour être totalement convaincant. En dépit de son succès commercial dû à la surexploitation de la figure de Stitch, préférez-lui le remake de Blanche-Neige, sorti quelques semaines plus tôt.

Le Seigneur des Anneaux La Guerre des Rohirrim, de Kenji Kamiyama

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Date de sortie : 4 décembre 2024 (Lettonie), 11 décembre 2024 (France)
Réalisateur : Kenji Kamiyama
Comédiens de doublage : Gérard Darier, Marion Gress, Augustin Bonhomme, Barbara Tissier, Vanina Pradier, Daniel Njo Lobé
Genre : Animation, guerre
Nationalité : Américano-japonaise
Compositeur : Stephen Gallagher
Scénaristes : Jeffrey Addiss, Will Matthews, Phoebe Gittins et Arty Papageorgiou
Sociétés de production : New Line Cinema, Warner Bros. Animation et Sola Entertainment
Budget : 30
millions de dollars

Le roi Helm Main-Marteau, accompagné de sa fille et d’un de ses fils.

Film d’animation américano-japonais réalisé par Kenji Kamiyama, Le Seigneur des Anneaux La Guerre de Rohirrim arrive dix ans après la trilogie du Hobbit par Peter Jackson. Se déroulant près de deux cents ans avant que Bilbon Sacquet ne prenne possession de l’anneau, il raconte l’histoire de la princesse Héra, fille du roi Helm Main-Marteau, qui se plaît à s’aventurer dans les environs sauvages du château jusqu’à tenter de nourrir un aigle géant pour l’apprivoiser. La situation bascule lors de la visite de Freca, un aristocrate venu présenter son fils Wulf, ami d’enfance d’Héra, pour un mariage avec cette dernière. Suite à son refus, la colère de Freca éclate tandis que Helm l’achève d’un seul coup de poing, engendrant ainsi la vengeance de son fils, qui convoite évidemment le trône

De quoi rappeler Bernard et Bianca au Pays des Kangourous !
Des créature effroyables issues de l’univers de Tolkien.

Introduit par la voix off d’Éowyn, toujours doublée par Barbara Tissier (Lady dans La Belle et le Clochard, Ranma fille et Bambou dans Ranma ½, Jessie dans Toy Story 2), le film propose une aventure épique qui reprend joliment la direction artistique de la trilogie cinématographique. Si le scénario reste simple et le prétexte de la guerre tout ce qu’il y a de plus convenu, sa mise en œuvre s’avère magistrale grâce à des personnages bien écrits, une héroïne charismatique et une animation de qualité. L’atmosphère sombre à la Game of Thrones ainsi que l’aspect sanglant et mortel des combats contribuent à offrir un cachet particulier au film.

Une héroïne courageuse.
Un combat final impressionnant.

S’inscrivant dans un contexte de concurrence pour la conservation des droits d’adaptation sur la franchise par Warner Bros, Le Seigneur des Anneaux La Guerre de Rohirrim peut laisser croire à un film animé qui n’était pas prévu pour faire partie de la licence. Il faut dire que les liens avec la saga ne sont pas très évidents, hormis l’apparition des orques, la mention du Mordor et de Gandalf ou encore l’apparition finale d’un personnage emblématique. Toujours est-il que le retour de la franchise sous la forme d’un long métrage d’animation fait vraiment plaisir à voir, qui plus est avec un scénario inédit et des personnages aussi qualitatifs malgré un certain classicisme.