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Emmanuel Delextrat

Emmanuel Delextrat
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Salut à tous ! Fasciné par le monde du cinéma depuis toujours, j’ai fait mes débuts avec Mary Poppins et La Soupe aux Choux, mais avec aussi de nombreux dessins animés comme les courts métrages Disney avec Mickey, Donald et Dingo, les longs métrages Disney avec Alice au Pays des Merveilles en tête, les animés japonais comme Sailor Moon et Dragon Ball Z ainsi que d’autres séries comme Batman et Tintin. Mes années 90 ont été bercées par les comédies avec Jim Carrey (Dumb & Dumber en tête) ou d’autres films que j’adore comme Les Valeurs de la Famille Addams, Street Fighter, Mortal Kombat, Casper et Mary à Tout Prix. C’est pourtant bel et bien Batman Returns qui figure en haut de mon classement, suivi de près par Casino Royale, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Kill Bill ou encore Rambo. Collectionneur, j’attache de l’importance au matériel et j’ai réuni trois étagères pleines de films classés par ordre chronologique. Et plus on découvre de nouveaux films, plus on se rend compte qu’il nous en reste en fait énormément à voir…

Pokémon célèbre ses 30 ans !

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 Date de sortie : 27 février 1996 (Japon), 28 septembre 1998 (Amérique du Nord), 5 octobre 1999 (Europe)
Développeur : Game Freak
Concepteur : Satoshi Tajiri
Genre : RPG au tour par tour

Nationalité : Japonais
Compositeur : Jun’ichi Masuda
Système d’origine : Game Boy

 

Attrapez-les tous !

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Les jeux avec lesquels tout a commencé !

Alors que la Game Boy continue d’exister avec une ludothèque très riche dont moult portages 8-bit et adaptations 16-bit, l’arrivée de la cinquième génération de consoles fin 1994 va quelque peu essouffler son nombre de sorties. C’était sans compter le studio Game Freak sous la direction de Satoshi Tajiri, qui va littéralement bouleverser le monde vidéoludique le 27 février 1996 avec la sortie du tout premier Pokémon, RPG au tour par tour consistant à capturer cent cinquante espèces de créatures afin de les faire combattre et devenir le meilleur dresseur de la région. Un système largement inspiré de Dragon Quest V, d’où sont d’ailleurs tirés les Dragon Quest Monsters sur Game Boy Color, spécialisés dans les combats de monstres. Le jeu a la particularité de sortir en deux versions, d’abord une Rouge et une Verte, certains Pokémons étant exclusifs à chaque itération pour obliger le joueur à recommencer une partie sur l’autre s’il veut tous les capturer, et afin de favoriser les échanges et les combats de Pokémons entre deux Game Boy via le câble link. Pokémon sort plus de trois ans et demi plus tard en Europe dans des versions Rouge et Bleue, cette dernière étant également sortie au Japon. La saga a amené de nombreux produits dérivés comme des cartes à jouer, des figurines et des peluches, mais surtout une très sympathique série animée reprenant les événements du jeu avec un héros nommé Sacha et son Pokémon Pikachu. Cette dernière a plus tard amené à la sortie d’une version Jaune n’ayant pas les mêmes Pokémon exclusifs, octroyant Pikachu comme premier Pokémon et améliorant grandement le design de certaines créatures.

Commençant dans le célèbre Bourg Palette, le but du jeu est de traverser la région de Kanto et de battre les champions de huit villes différentes afin d’obtenir les badges donnant l’accès à la ligue Pokémon, où le Conseil des Quatre constitue la dernière épreuve. Le professeur Chen, scientifique qui étudie les Pokémons et qui a élaboré la base de données appelée Pokédex, nous laisse alors le choix entre trois créatures : le starter plante Bulbizarre, le starter feu Salamèche et le starter eau Carapuce. Quel que soit notre choix, notre rival, petit-fils du professeur Chen, prend un Pokémon ayant un type avantageux sur le nôtre et engage le combat, très basique pour se faire la main. On le rencontre plusieurs fois durant l’aventure et le battre devient de plus en plus difficile car ses Pokémons évoluent généralement plus vite que les nôtres, ce qui donne des affrontements plus stratégiques obligeant à tirer parti des forces et des faiblesses. Si prendre Bulbizarre rend le jeu plus facile au début par rapport aux spécialités des premiers champions, il devient peu utile à la fin et oblige donc à avoir une équipe très solide à côté. A contrario, Salamèche n’est pas à son avantage face aux premiers champions mais plus utile sur la fin. Carapuce présente quant à lui une difficulté intermédiaire, un peu comme Pikachu dans la version Jaune.

 

Les différents types

Numérotés de 1 à 151, les Pokémons sont très nombreux et portent souvent des noms assez drôles composés par des jeux de mots tantôt simples comme Herbizarre, Dracaufeu (Secret of Mana avait déjà tenté Dracoroux, ou encore Megafeu), Papillusion et Saquedeneu, mais aussi plus littéraires avec des patronymes comme Sulfura et Artikodin. Certains Pokémons peuvent évoluer en atteignant un certain niveau, ils changent alors de nom et d’apparence pour trois formes au maximum, par exemple Carapuce, Carbaffe et Tortank. Ils sont surtout partagés en différents types, qui correspondent à différents éléments naturels que l’on retrouve dans de nombreux RPG comme les Final Fantasy. Outre les types communs comme feu, glace, électricité et eau, on trouve aussi des Pokémons de type normal, combat, plante, insecte, poison, roche, sol (qui renvoie à la terre), vol (qui renvoie au vent), psy, spectre et dragon, soit un total de quinze types différents. Chaque type est efficace contre d’autres, parfois totalement inefficaces sur certains, et bien souvent résistants à un certain nombre. Le feu est sans surprise efficace contre les plantes, les insectes et la glace, mais il fait deux fois moins de dégâts aux types roche, eau, feu et dragon. Les Pokémons feu craignent quant à eux l’eau, la roche et le sol, puis subissent moins de dommages par les insectes et les plantes. Le type normal n’est efficace contre rien en particulier mais peut comporter des attaques puissantes. Il est inefficace contre les spectres mais craint uniquement les attaques de type combat. Si certains types foisonnent comme la plante, le poison, l’eau et la roche, certains sont bien plus rares et c’est le cas de la glace, qui arrive assez tardivement, se veut bien coriace à contrer et constitue un des seuls types efficaces contre les dragons.

Les types les plus rares sont les spectres et les dragons, ces derniers étant Minidraco, Draco et Dracolosse (qui est également de type vol). Dans la pratique, le seul trio de Pokémons spectre, composé de Fantominus, Spectrum et Ectoplasma est également de type poison. Le système se complexifie pour les Pokémons qui sont de deux types à la fois, ce qui est loin d’être rare. Un Pokémon eau et vol comme Léviator prend ainsi quatre fois plus de dégâts s’il subit une attaque électrique, même chose si Dracolosse se prend de la glace et si des Pokémons de type roche et sol se ramassent des attaques de type eau ou plante. A contrario, les Pokémons fossiles ne prendront qu’un quart des dégâts de feu, étant à la fois composé d’eau et de roche. Dans un souci d’équilibrage des forces et des faiblesses, certaines efficacités ont une logique discutable : c’est le cas des insectes qui sont les seuls à battre les Pokémons psy (leur nombre et leurs attaques offensives étant rares), des plantes qui battent les roches, du sol qui bat le poison ou encore de la glace qui bat les Pokémons vol. S’il existe de nombreuses combinaisons, certaines ne sont pas encore présentes dans la première génération, comme les combos plante vol, feu roche et dragon eau.

 

Un level design bien pensé

La carte du monde ressemble à deux carrés composés de routes qui finissent par se rejoindre en allant vers l’est, ce qui donne une avancée d’abord linéaire puis plus exploratrice avec plusieurs chemins au choix. Les villes traversées sont devenues culte avec les noms de Jadielle, Argenta, Azuria, Carmin-sur-Mer, Lavanville, Céladopole, Safrania, Parmanie et Cramois’Île. Mis à part Lavanville qui est une ville contenant une tour en mémoire des Pokémons décédés, les huit autres contiennent toutes un champion dressant des Pokémons d’un type spécifique. On trouve ainsi le type roche pour Pierre d’Argenta (la blague se fait même remarquer sur la pancarte devant l’arène), le type eau pour Ondine d’Azuria, le type électrique pour le Major Bob de Carmin-sur-Mer, le type plante pour Erika de Céladopole, le type psy pour Morgane de Safrania, le type poison pour Koga de Parmanie, le type feu pour Auguste de Cramois’Île et le type sol pour Giovanni de Jadielle.

Ce dernier est absent au début du jeu et on a le plaisir de le découvrir sur la fin, sans savoir pendant le reste du jeu qu’on l’avait rencontré en tant que chef de la Team Rocket, antagonistes du scénario parallèlement à notre rival. Concernant la ligue Pokémon, Olga use du type glace, Aldo du type combat (tout comme l’ancienne arène de Safrania), Agatha du type spectre (ou plutôt poison étant donné que certains de ses Pokémons ne sont pas des spectres) et Peter du type dragon. Aucun champion n’est alors spécialisé dans le type normal et le type vol. Les routes sont clairement numérotées de 1 à 23 et de nombreuses zones se situent entre les villes, comme une forêt, une montagne, une centrale, mais surtout des grottes et des établissements faisant office de donjons avec des chemins de plus en plus complexes, similaires à ceux de Mystic Quest sur le même support.

 

Un système de jeu original

Les villes contiennent des magasins proposant des objets classiques comme divers niveaux de potions, des médicaments contre les altérations d’état (antidote, anti-para, anti-brûle, anti-gel, réveil) mais surtout des Pokéballs, ces fameuses sphères permettant de capturer les Pokémons après les avoir affaiblis. Les Pokémons devenant de plus en plus coriaces, on utilise des Superballs puis des Hyperballs pour les attraper plus facilement, sachant que les tentatives peuvent souvent rater si le Pokémon n’est pas assez affaibli ou en état non altéré. La légende raconte que maintenir bas et presser plusieurs fois A pendant que la Pokéball bouge augmente les chances de réussir. Il existe en outre une unique Masterball fonctionnant à coup sûr, souvent utilisée pour attraper Mewtwo dans la grotte dont l’accès se débloque après la fin du jeu. Les Pokémons se rencontrent surtout dans les hautes herbes, mais aussi dans les grottes et les donjons, ou encore dans l’eau. Les centres Pokémon permettent quant à eux, en plus de faire soigner son équipe, de récupérer les Pokémons attrapés via les boîtes d’un PC et de les intervertir plus tard avec d’autres.

Une équipe est composé de maximum six Pokémons transportables avec soi et utilisables au combat. Un affrontement s’engage comme dans tout RPG au tour par tour et le Pokémon le plus rapide attaque toujours avant l’autre, sachant que certaines attaques augmentent la vitesse d’office (notamment Vive-attaque) tandis que d’autres se font en deux temps et mettent le Pokémon utilisateur un tour à l’abri (Tunnel et Vol). On rencontre de très nombreux dresseurs sur les routes, ce qui donne des occasions de combats soutenus rapportant bien plus de points d’expérience qu’un Pokémon sauvage. Lorsqu’un dresseur perd, il donne une partie de son argent au gagnant et est renvoyé au centre Pokémon pour soigner son équipe. Les dresseurs peuvent souvent nous repérer de loin et avancer vers nous quand on croise leur regard, ce qui donne lieu à des dialogues souvent comiques. Il est naturellement impossible de capturer un Pokémon déjà possédé par quelqu’un.

 

Des capacités très variées

Chaque Pokémon étant limité à quatre capacités maximum, il faut régulièrement lui en faire oublier une pour qu’il en maîtrise une nouvelle en montant en niveau, ce qui demande une gestion minutieuse pour les Pokémons que l’on compte garder dans son équipe finale. Les capacités sont très nombreuses et s’apprennent en montant en niveau ou en utilisant des capsules techniques, à trouver ou à acheter au centre commercial de Céladopole. Les capsules spéciales contiennent des capacités qui sont surtout indispensables pour avancer dans le jeu, mais les Pokémons qui en apprennent ne peuvent ensuite plus les retirer. On trouve Coupe pour trancher les arbustes bloquant le chemin, Force pour pousser des rochers, Surf pour se déplacer sur l’eau, Vol pour aller d’une ville à une autre et Flash pour éclairer la grotte. Téléport permet en outre de nous téléporter devant le dernier centre Pokémon qu’on a fréquenté tandis que Tunnel mène à l’extérieur du lieu où on se trouve. On dénombre généralement plusieurs niveaux de puissance pour les attaques de chaque type, comme Flammèche – Lance-flamme – Déflagration pour le feu, Fouet lianes – Tranch’herbe – Lance-soleil pour la plante, Éclair – Tonnerre – Fatal-foudre pour l’électricité, ou encore Écume – Surf – Hydrocanon pour l’eau.

Les techniques causant des altérations d’états sont nombreuses et sont parfois plusieurs à provoquer le même effet, comme Poudre dodo, Hypnose, Berceuse et Spore qui servent à endormir. Certaines sont en plus offensives en attaquant à petit feu (Danse-flammes, Constriction), tandis que d’autres frappent de plus en plus fort (Frénésie), exécutent entre deux et cinq coups (Torgnoles, Osmerang, Combo-griffe), absorbent les points de vie (Vampirisme, Méga-Sangsue), donnent un coup puissant qui blesse légèrement le lanceur (Bélier, Damoclès) voire mettent ce dernier KO après une attaque dévastatrice (Destruction, Explosion). Si les noms de capacités savent faire preuve d’un vocabulaire riche et varié (Damoclès, Frappe Atlas, Onde boréale), certains termes sont simplifiés pour jouer sur les sons (Pistolet à O, Massd’os, Toxik, Koud’Korne) et d’autres peuvent prêter à sourire tellement ils semblent peu recherchés (Psyko).

 

Un jeu qui a marqué son époque

Si le déroulement du jeu est plutôt facile une fois le système compris, les derniers donjons s’avèrent plus coriaces et certains Pokémons sont uniques et très difficiles à attraper. C’est le cas des oiseaux légendaires Electhor, Artikodin et Sulfura, mais aussi de Mewtwo, le numéro 150 cloné sur Mew, numéro 151 présent dans le premier film animé et intégré dans le jeu pour être récupéré lors d’événements organisés par Nintendo. Le Conseil des Quatre exige une équipe soudée et très variée tellement l’enchaînement des dresseurs demande un bon level-up et de puissants objets de soin, sans parler de la version finale de l’équipe du rival comme boss de fin. Le jeu a beau être très terre à terre, son univers et la richesse de son gameplay en ont vite fait un incontournable promouvant les échanges et la collection.

Ses quelques défauts viennent surtout de son vieillissement : on peut noter le design moyen de certains Pokémons des premières versions, la navigation laborieuse dans le PC quand on a beaucoup de Pokémons ou encore une certaine répétitivité dans l’agencement des donjons et des combats aléatoires souvent trop présents dans ces derniers. Il reste néanmoins le jeu qui a octroyé une seconde vie à la Game Boy et le haut du panier de sa ludothèque aux côtés de Mystic Quest et de The Legend of Zelda Link’s Awakening. Son succès donne lieu à de nombreuses autres générations de jeux Pokémon, à commencer par des épisodes très proches sur Game Boy Color. Pokémon Rouge et Bleu obtiennent également de sympathiques remakes avec Pokémon Rouge Feu et Vert Feuille sur Game Boy Advance, ainsi que Pokémon Let’s Go Pikachu et Let’s Go Evoli sur Switch, qui optent pour une avancée plus moderne à la manière de Pokémon Go.

 

La deuxième génération

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Des couvertures qui passent des couleurs aux pierres précieuses.

Très attendue après le succès des premiers Pokémon, la deuxième génération arrive sur Game Boy Color le 21 novembre 1999 avec cent nouvelles créatures. Intitulés Pokémon Or et Argent, ces nouveaux épisodes restent très proches des précédents tout en apportant quelques nouveautés comme deux nouveaux types de Pokémon : ténèbres et acier. Désormais dans la région de Johto, le joueur commence au Bourg Géon auprès du professeur Orme et choisit son premier Pokémon parmi les trois starters plante, eau et feu : Germignon, Kaiminus et Héricendre, qui ont chacun deux évolutions comme leurs prédécesseurs. On a également un rival que l’on rencontre plusieurs fois durant le jeu, mais assez facile à battre et finalement peu important dans le scénario.

On retrouve ensuite le schéma classique des routes menant aux villes abritant presque toutes un champion à battre afin d’obtenir les huit badges nécessaires pour l’accès à la ligue Pokémon. Les nouvelles villes restent très proches des celles de Kanto avec leur centre Pokémon, leur magasin, leur arène et leurs maisons. On traverse des lieux particuliers comme les bois aux chênes, le parc naturel, la tour cendrée, le repaire Rocket et l’antre noir : certains font assez donjon mais ne sont pas des dédales longs et pénibles comme ça pouvait être le cas dans Pokémon Rouge et Bleu. Les champions ont toujours un type de Pokémon favori et on ne retrouve bien sûr pas le même ordre que dans les premiers, d’autant qu’on a désormais à faire à des spécialistes de l’acier et des ténèbres.

Les Pokémons en eux-mêmes restent assez bien inspirés, mais commencent déjà à être trop nombreux avec un total de 251. Les nouveaux Pokémons ne sont d’ailleurs pas tant mis en valeur que ça dans le sens où on croise davantage les anciens. On trouve donc pas mal de Pokémon ténèbres (Cornèbre, Malosse, Démolosse), quelques Pokémons acier (Foretress, Steelix, Cizayox), un nouveau spectre (Feuforêve) et un nouveau dragon (Hyporoi), nouvelle évolution d’Hypocéan. On trouve également des sous-évolutions comme Pichu et Elekid, ainsi que de nouvelles évolutions d’Evoli : Mentali pour le type psy et Noctali pour le type ténèbres. De nouvelles attaques sont disponibles dans tous les types et on a le plaisir de compter Togepi et Marill, bien connus du dessin animé, parmi les nouveaux venus.

Les objets sont désormais classés par type (classiques, pokéballs, clés et capsules) et certains permettent de fabriquer des pokéballs plus efficaces selon le Pokémon ciblé. Deux nouvelles CS font leur apparition : Syphon pour passer les tourbillons et Cascade pour remonter les chutes d’eau. Le pokématos indique quant à lui le jour et l’heure (certains événements n’arrivant que certains jours ou uniquement de nuit), la carte du monde, les numéros des dresseurs enregistrés sur notre téléphone portable et la radio qui sert notamment à jouer de la pokéflûte pour réveiller Ronflex. Le scénario reste classique mais promet quelques surprises comme l’aide de Peter du Conseil des Quatre pendant le jeu et l’affrontement contre lui en tant que champion de la ligue. On retrouve également Aldo et ses Pokémons combat ainsi que Koga, désormais ancien champion de Parmanie.

Mais là où le jeu fait très fort, c’est qu’il nous permet ensuite de prendre le bateau pour revisiter Kanto dans un tout autre contexte, avec la possibilité de se rendre dans la plupart des villes dans l’ordre que l’on souhaite. On retrouve les mêmes champions pour six d’entre eux avec des Pokémons nécessairement plus forts, mais bien trop peu pour tenir tête à notre équipe qui se situe largement à un niveau supérieur à 40 à ce stade du jeu. Koga a laissé sa place à sa fille Janine et un personnage bien connu a remplacé Giovanni à Jadielle : nommé ici Blue, il s’agit en fait du rival et boss final des premiers Pokémon, équivalent de Régis dans le dessin animé.

L’évolution des lieux attise la curiosité des connaisseurs et quelques petites quêtes nous obligent à prendre certains chemins à Kanto. On est notamment amené à remettre en marche la centrale pour faire revenir Ondine dans son arène et à passer par Argenta et Jadielle pour aller à Cramois’Île, qui a été détruite par le volcan et dont l’arène se trouve désormais dans une grotte des Îles Écume. Une fois les seize badges obtenus, le professeur Chen nous ouvre la voie vers le mont Argent où se trouvent de puissants Pokémons. Et c’est là que nous attend le véritable boss final qui n’est autre que Red, héros de la première génération de Pokémon. Très sobre et silencieux, cet affrontement reste tout de même un combat d’anthologie et peut donner beaucoup de fil à retordre avec ses Pokémons de niveau 75-80.

Le 14 décembre 2000, Pokémon Cristal arrive avec quelques nouveautés comme une tour de combat, des intrigues secondaires supplémentaires, la possibilité d’incarner une fille et des sprites de Pokémon animés pendant les combats. Les capacités de la Game Boy Color permettent même d’exploiter le Mobile Adapter GB, accessoire exclusif au Japon offrant la possibilité d’échanger et de combattre par l’intermédiaire d’un téléphone portable. Une amélioration rendant nécessairement la cartouche exclusive à son support, faisant de cette version de Pokémon la première à être incompatible avec la première Game Boy. Succès mérité, Pokémon Or et Argent font eux aussi partie des meilleurs jeux de la Game Boy Color aux côtés des excellents The Legend of Zelda Oracle of Ages et Oracle of Seasons.

Shining (1980) de Stanley Kubrick

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Date de sortie : 23 mai 1980 (Turquie), 16 octobre 1980 (France)
Réalisateur : Stanley Kubrick
Acteurs principaux : Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyd, Scatman Crothers, Barry Nelson, Philip Stone, Joe Turkel
Genre : Thriller horrifique
Nationalité : Américano-britannique
Compositeurs : Wendy Carlos, Rachel Elkind, György Ligeti, Béla Bartók et Krzysztof Penderecki
Scénaristes : Stanley Kubrick et Diane Johnson
Sociétés de production : The Producer Circle Company, Peregrine Productions et Hawk Films
Budget : 19 millions de dollars

De belles vacances dans un hôtel à la montagne, aucune raison que cela se passe mal…

Onzième et antépénultième film réalisé par Stanley Kubrick (Orange Mécanique, Barry Lyndon, Full Metal Jacket), Shining concrétise l’un des rôles les plus emblématiques de Jack Nicholson (Chinatown, Vol Au-Dessus d’un Nid de Coucou, Batman) en tant que Jack Torrance, écrivain qui espère surmonter sa panne d’inspiration en étant engagé comme gardien d’un grand hôtel du Colorado durant plusieurs mois d’hiver. Il est accompagné par sa femme Wendy sous les traits de Shelley Duvall (Popeye, Bandits Bandits, Frankenweenie) ainsi que leur fils Danny, qui possède un don particulier de voyance.

Des plans d’une grande beauté.
Le fameux tapis à motifs annonçant de futurs meurtres.

Tandis que Jack stagne dans l’écriture de son livre tout en sombrant peu à peu dans la folie, Danny est hanté par des visions de meurtres ayant eu lieu à l’hôtel et Wendy commence à basculer dans la terreur en voyant l’évolution du comportement de son mari. Outre la dernière apparition au cinéma de Barry Nelson, connu comme premier interprète de James Bond dans la série Climax en 1954, Shining met également en scène Philip Stone (Flash Gordon, Indiana Jones et le Temple Maudit) comme ex-gardien de l’hôtel ainsi que Joe Turkel (L’Ultime Razzia, Les Sentiers de la Gloire, Blade Runner) dans le rôle du barman Lloyd.

Les jumelles Grady, plus flippantes que natures.
Des gros plans soudains faisant presque office de jumpscares silencieux.

Très librement adapté du roman Shining L’Enfant Lumière de Stephen King, le film s’inscrit dans la lignée de classiques comme Rosemary’s Baby et L’Exorciste en intégrant les concepts de la maison isolée et hantée, du personnage qui sombre dans la folie et des perceptions extrasensorielles. S’il ne cherche pas spécialement à faire peur, il mise sur une ambiance angoissante appuyée par une qualité de réalisation hors pair. Aux magnifiques plans de l’hôtel viennent s’ajouter des scènes filmées à hauteur d’enfant durant lesquelles Danny déambule dans les couloirs à bord de son tricycle, ainsi qu’un dédale spatio-temporel matérialisé par un labyrinthe végétal.

Shelley Duvall très convaincante dans le rôle de la femme meurtrie.
Un simple reflet dans le miroir…

L’hôtel semble en effet posséder l’ensemble des personnages, notamment Jack qui se retourne contre sa famille armé d’une hache lors d’une séquence culte, mais aussi Danny qui voit apparaître des rivières de sang et des jumelles assassinées plusieurs décennies auparavant, les gros plans sur son visage effrayé étant très réussis. En dehors du rideau de douche faisant référence à Psychose, l’écriture de « REDRUM » sur la porte de la salle de bain et le tapis à motifs rouges et orange demeurent les symboles les plus iconiques du long métrage. Très différent du roman d’origine, Shining montre qu’une adaptation très personnelle peut engendrer un film particulièrement qualitatif. Mécontent de cette adaptation, Stephen King crée une mini-série de trois épisodes en 1997, Shining Les Couloirs du Temps, dont il assure lui-même le scénario.

Elephant Man, film iconique de David Lynch

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Date de sortie : 10 octobre 1980 (Espagne et Amérique du Nord), 8 avril 1981 (France)
Réalisateur : David Lynch
Acteurs principaux : Anthony Hopkins, John Hurt, Anne Bancroft, John Gielgud, Wendy Hiller, Freddie Jones, Phoebe Nicholls
Genre : Drame biographique
Nationalité : Américain
Compositeurs : Peter Ivers et David Lynch
Scénariste : David Lynch
Société de production : Brooksfilms
Budget : 5 millions de dollars

Un suspense conservé pendant plusieurs minutes.

Trois ans après le très expérimental Eraserhead, David Lynch commence à obtenir une renommée internationale avec Elephant Man, drame biographique adapté des mémoires de Frederick Treves, chirurgien de renom interprété dans le film par Anthony Hopkins (Le Bounty, Le Silence des Agneaux, Dracula). Ce dernier s’intéresse de près au cas de John Merrick, homme servant de phénomène de foire sous les traits de John Hurt (Midnight Express, Alien Le Huitième Passager, La Folle Histoire du Monde), surnommé « l’homme-éléphant » pour ses nombreuses difformités congénitales.

Anthony Hopkins dans un rôle mémorable.
Une première apparition qui fait son effet.

En l’examinant avec l’accord de son propriétaire Bytes incarné par Freddie Jones (Firefox L’Arme Absolue, Dune, L’Histoire sans Fin 3), Treves découvre un homme de vingt-et-un ans au visage monstrueux tellement effrayé qu’il ne semble pas pouvoir s’exprimer oralement. Soutenu par le directeur de l’hôpital Sir Carr Gomm, joué par John Gielgud (Le Crime de l’Orient-Express, Caligula, Gandhi), il héberge Merrick dans une chambre individuelle pour l’étudier plus en détail et tenter de le comprendre. Il est alors humanisé et mis en confiance par la comédienne Madge Kendal, interprétée par Anne Bancroft (Trente Minutes de Sursis, Jésus de Nazareth, Malice).

Une amitié naissante à l’opposé de la violence subie.
Un plan iconique au moment de l’opéra.

Tourné en noir et blanc à l’instar d’Eraserhead, Elephant Man comporte des plans assez lumineux là où ceux de son prédécesseur s’avèrent beaucoup plus sombres. Pour provoquer l’empathie du spectateur, David Lynch montre régulièrement le visage de John Merrick en gros plan, ses prothèses étant réalisées à partir de mousses en latex posées en deux couches. Mettant également en scène une violence physique et morale non sans rappeler des œuvres comme Le Bossu de Notre-Dame, le film place la dignité humaine au cœur de son propos, avec un protagoniste émouvant au destin tragique à l’image du Pingouin dans Batman Returns. Nommé huit fois aux Oscars de 1981, il n’obtient aucun prix mais engendre la création de l’Oscar des meilleurs maquillages à partir de l’année suivante. Un grand classique !

« Rien ne meurt jamais. »

Eraserhead, 1er film de David Lynch

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Date de sortie : 3 février 1978 (États-Unis),
17 décembre 1980 (France)

Réalisateur : David Lynch
Acteurs principaux : Jack Nance, Charlotte Stewart, Allen Joseph, Jeanne Bates, Judith Anna Roberts, Jack Fisk, Laurel Near
Genre : Expérimental, body horror
Nationalité : Américain
Compositeurs : Peter Ivers et David Lynch
Scénariste : David Lynch
Société de production : American Film Institute
Budget : 100 000 dollars

Un jeu couple typique des années 1970.

Premier long métrage réalisé par David Lynch après des courts métrages comme The Grand Mother et The Amputee, Eraserhead est un film expérimental qui témoigne déjà du style unique de son réalisateur, qui y officie également comme scénariste, monteur et producteur. On y décèle en effet une imagerie onirique, une conception sonore méticuleuse, un surréalisme dérangeant et une exploration des aspects les plus sombres de la condition humaine. Tourné en noir et blanc et ayant nécessité cinq années de tournage, il place Jack Nance dans la peau d’Henry Spencer, jeune père qui a soudainement à charge un bébé à l’apparence extraterrestre dans un appartement lugubre en proie à un paysage oppressant.

Une créature des plus inquiétantes.
Des plans cadrés au millimètre.

Charlotte Stewart (Trente Minutes de Sursis, La Petite Maison dans la Prairie, Twin Peaks) y interprète sa compagne Mary, dont la mère est jouée par Jeannes Bates (Die Hard 58 Minutes pour Vivre, Mulholland Drive). Le casting est complété par Judith Roberts (Dead Silence, Orange is the New Black) qui incarne la voisine de palier, et par Darwin Joston (Assaut, Fog) dans le rôle de l’hôte d’accueil de l’usine de crayons. Le film marque aussi l’unique apparition de Jack Fisk au cinéma, futur chef décorateur d’Une Histoire Vraie et de Mulholland Drive, tout comme Laurel Near en tant que dame du radiateur, perturbante avec ses joues gonflées et son interprétation de la chanson « In Heaven ».

Une famille tout ce qu’il y a de plus normal.
Un mystérieux personnage sur une autre planète.

Auréolé d’une atmosphère sonore inquiétante en bonne partie constituée de bruits de machines, Eraserhead brille également par son imagerie fantasmatique et des éléments de body horror de plus en plus présents. Entre le poulet cuit qui bouge dans l’assiette, les organes du bébé directement visibles sous ses bandages et la tête de psychopathe que fait le père de Mary pendant que cette dernière pleure en arrière-plan, tout est là pour instaurer un profond dérangement. Un film particulier ayant lancé la carrière de David Lynch trois ans avant Elephant Man, mais aussi inspiré des réalisateurs comme Tim Burton pour Beetlejuice, Darren Aronofsky pour Pi et Robert Eggers pour The Lighthouse.

Steve, de Tim Mielants

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Date de sortie : 19 septembre 2025 (Irlande, États-Unis), 3 octobre 2025 (France)
Réalisateur : Tim Mielants
Acteurs principaux : Cillian Murphy, Tracey Ullman, Jay Lycurgo, Simbi Ajikawo, Emily Watson, Douggie McMeekin, Youssef Kerkour
Genre : Drame
Nationalité : Irlando-britannique
Compositeurs : Geoff Barrow et Ben Salisbury
Scénariste : Max Porter
Société de production : Big Things Films
Budget : non communiqué

Un rôle multifonction qui met les nerfs à rude épreuve.

Adaptation de la nouvelle Shy de Max Porter sous l’objectif de Tim Mielants (L’Ombre d’un Mensonge, Wil, Tu ne Mentiras Point), Steve place Cillian Murphy (28 Jours Plus Tard, Batman Begins, Anna) dans le rôle d’un directeur qui lutte pour le maintien de son établissement pour mineurs délinquants, menacé de fermeture. Secondé par son adjointe Amanda, la psychologue Jenny et l’éducatrice Shola respectivement jouées par Tracey Ullman (Sacré Robin des Bois, Coups de Feu sur Broadway, Into the Woods), Emily Watson (Cheval de Guerre, Anna Karénine, Kingsman Le Cercle d’Or) et la rappeuse Simbi Ajikawo, il met les bouchées doubles pour encadrer les jeunes avec une forte humanité.

La nécessité des discussions entre quatre yeux.
Garder son calme en toute circonstance.

Fort bien réalisé, le film revêt un aspect documentaire avec la chaîne de télévision qui vient filmer cette difficile journée. Les enseignants sont ainsi interviewés un à un, mais aussi les jeunes, qui livrent leurs états d’âme avec beaucoup d’émotion. Qu’il s’agisse de profils violents, provocateurs, sanguins ou renfermés, tous sont interprétés avec réelle justesse, jusqu’à l’insulte de l’un d’entre eux envers le député venu en visite sous les traits de Roger Allam (Pirates des Caraïbes La Fontaine de Jouvence, La Dame de Fer, Tetris).

Un important soutien entre collègues.
Un élève taciturne à surveiller de près.

À la manière du déstabilisant Polisse tout en restant proche d’Entre les Murs, Steve constitue une vive critique du système en montrant toute l’impuissance des éducateurs face à la détresse des jeunes en reconstruction. Entre accès de violence, tentative de suicide et alcool intempestif, le film dresse un portrait de la dure réalité de ce genre d’établissements, bien souvent délaissés par les politiques publiques. Si les comédiens se montrent tous très convaincants, Cillian Murphy sort une nouvelle fois du lot par son interprétation très maîtrisée.

28 Ans Plus Tard Le Temple des Morts, de Nia DaCosta

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Date de sortie : 14 janvier 2026 (1h 50min)
Réalisatrice : Nia DaCosta
Acteurs principaux : Alfie Williams, Jack O’Connell, Ralph Fiennes, Chi Lewis-Parry, Erin Kellyman, Emma Laird, Maura Bird, Robert Rhodes, Louis Ashbourne Serkis, Sam Locke
Genre : Épouvante, science-fiction
Nationalité : Américano-britannique
Compositeur : Hildur Guðnadóttir
Scénariste : Alex Garland
Sociétés de production : Columbia Pictures, DNA Films et Decibel Films
Budget : 63
 millions de dollars

Une complicité naissante dans un monde sans pitié.

Suite directe de 28 Ans Plus Tard cette fois-ci sous l’objectif de Nia DaCosta (Little Woods, Candyman, The Marvels), Le Temple des Morts arrive seulement sept mois après son prédécesseur avec un Alex Garland (Men, Civil War, Warfare) fidèle à son poste de scénariste. Alfie Williams y reprend son personnage de Spike, enrôlé dans la secte du sataniste Jimmy Crystal, incarné par Jack O’Connell (300 La Naissance d’un Empire, Back to Black, Sinners). Une rencontre terrifiante qui donne lieu à des scènes de torture particulièrement gore dès les premières minutes, très axées sur les sacrifices.

Un docteur Kelson au cœur de l’intrigue.
Les cicatrices de l’innocence.

Toujours interprété par l’inépuisable Ralph Fiennes (The Reader, Mourir Peut Attendre, Le Menu), le docteur Ian Kelson devient ici un personnage central. Parvenant à maîtriser l’alpha Samson grâce à un mixage dont lui seul a le secret, il est aussi la figure principale d’une des scènes les plus décalées du film, où il semble effectuer une sorte de rite dansant sous fond de hard rock. Tandis que les groupes de rescapés deviennent définitivement la plus grande menace de cette société postapocalyptique, Kelson contraste fortement avec ses semblables en continuant à ériger son cimetière constitué d’os tout en gagnant la réputation de figure diabolique.

Un reflet de The Dark Knight ?

Assez proche du précédent volet, 28 Ans Plus Tard Le Temple des Morts s’en démarque toutefois suffisamment pour renouveler le scénario. Abordant des thèmes comme la radicalisation et la crucifixion, il n’hésite pas à mettre en scène de jeunes actrices comme Erin Kellyman (Solo A Star Wars Story, Willow, Eleanor the Great) pour mieux appuyer son propos. Tandis que Spike s’en sort une nouvelle fois après le meurtre de Kelson, la dernière scène du film confirme enfin que Jim est toujours vivant avec le caméo très attendu de Cillian Murphy (Batman Begins, Peaky Blinders, Anna), déjà prévu pour être le protagoniste du prochain volet. Un réel bon film qui relie enfin les scénarios entre eux !

Running Man (2025) d’Edgar Wright

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Date de sortie : 11 novembre 2025 (Royaume-Uni), 19 novembre 2025 (France)
Réalisateur : Edgar Wright
Acteurs principaux : Glen Powell, Josh Brolin, Colman Domingo, Lee Pace, Michael Cera, Emilia Jones, William H. Macy
Genre : Action, science-fiction
Nationalité : américano-britannique
Compositeur : Steven Price
Scénaristes : Edgar Wright et Michael Bacall
Sociétés de production : Genre Films et Complete Fiction
Budget : 110
 millions d’euros

La relève de Schwarzy !

Deuxième adaptation du roman de Stephen King sortie trente-huit ans après celle mettant en scène Arnold Schwarzenegger, Running Man voit son concept fortement modernisé sous l’objectif d’Edgar Wright (Shaun of the Dead, Scott Pilgrim, Last Night in Soho). Glen Powell (Expendables 3, Top Gun Maverick, Twisters) y interprète Ben Richards, ouvrier qui cherche à obtenir de quoi payer des soins pour sa fille, tombée gravement malade. Il se rend alors au siège de Network, principale chaîne de télévision qui envahit les écrans d’émissions violentes pour maintenir le contrôle de la population.

Un clin d’œil à peine caché !
Josh Brolin en parfait ripou !

Cette dernière est dirigée par Dan Killian, sous les traits de Josh Brolin (Sin City J’ai Tué pour Elle, Avengers Infinity War, Dune), qui lui affirme qu’il a le profil idéal pour participer à Running Man. Une émission particulièrement populaire qui consiste à survivre trente jours en pleine ville en étant traqué par des chasseurs sous les ordres d’Evan McCone, incarné par Lee Pace (Raisons d’État, Le Hobbit, Lincoln). Richards et les deux autres participants doivent en même temps subir la propagande de Bobby T, animateur joué par Colman Domingo (Fear the Walking Dead, Candyman, La Couleur Pourpre), qui les présente comme des criminels en tout dénigrant leurs proches.

Des seconds rôles très réussis.
Des scènes de tension fort bien réalisées.

Porté par un casting qui comprend également Michael Cera (Juno, A Very Murray Christmas, Barbie), Emilia Jones (Pirates des Caraïbes La Fontaine de Jouvence, Brimstone, Locke and Key) et William H. Macy (Cellular, Inland Empire, La Planète des Singes Le Nouveau Royaume), Running Man se veut plus spectaculaire et mieux réalisé que son prédécesseur. Le scénario est aussi bien plus viscéral avec sa chasse à l’homme géante parmi les habitants de la ville elle-même, dans laquelle Glen Powell s’amuse à dénoncer le système via les vidéos qu’il est obligé de diffuser chaque jour. Une adaptation très convaincante !

Le Grinch (2000) de Ron Howard

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Date de sortie : 17 novembre 2000 (Amérique du Nord), 6 décembre 2000 (France)
Réalisateur : Ron Howard
Acteurs principaux : Jim Carrey, Taylor Momsen, Jeffrey Tambor, Christine Baranski, Bill Irwin, Molly Shannon, Clint Howard, Bryce Dallas Howard
Genre : Comédie fantastique
Nationalité : germano-américaine
Compositeur : James Horner
Scénaristes : Jeffrey Price et Peter S. Seaman
Sociétés de production : Universal Pictures, Imagine Entertainment et LUNI Productions GmbH and Company KG
Budget : 123
 millions d’euros

Un personnage au caractère particulier.

Adaptation en prises de vue réelles du livre de jeunesse Le Grincheux qui voulait gâcher Noël par Ron Howard (Willow, Horizons Lointains, Apollo 13), Le Grinch place Jim Carrey (The Truman Show, Man on the Moon, Fous d’Irène) dans le rôle d’un croque-mitaine malicieux cherchant à saboter les fêtes de Noël. Le scénario prend place dans la cité de Chouville, dirigée par un maire sous les traits de Jeffrey Tambor (Chienne de Vie, Rencontre avec Joe Black, Mary à Tout Prix), où chaque habitant arbore un museau saillant à l’exception de la petite Cindy Lou, jouée par Taylor Momsen, future leader du groupe de rock The Pretty Reckless.

Une direction artistique qui a du caractère.
Une complicité des plus originales.

Cette dernière est la seule à s’inquiéter du sort du Grinch, dont l’enfance révèle qu’il avait été moqué par tous quand il était encore à l’école à l’exception de la jeune Martha, interprétée une fois adulte par Christine Baranski (9 Semaines ½, Les Valeurs de la Famille Addams, Sexe Intentions), qui semble avoir de l’affection pour lui. Si le casting est complété par Bill Irwin (Popeye, Hot Shots, La Jeune-Fille de l’Eau) ou encore Molly Shannon (Le Fantôme de l’Opéra, Mafia Blues, Osmosis Jones), on trouve également le frère du réalisateur Clint Howard (Le Journal, Austin Powers, House of the Dead) pour incarner l’adjoint au maire, tandis que sa fille Bryce Dallas Howard (Le Village, Spider-Man 3, Terminator Renaissance) concrétise une de ses premières apparitions à l’écran.

« La mort en espagnol ! »
Des situations volontairement gênantes.

Conte à l’esprit proche des adaptations d’Un Chant de Noël de Charles Dickens comme Noël chez les Muppets, Le Grinch est une véritable ode à la différence dont la direction artistique se montre très marquée. Les personnages étant multiples, de nombreuses prothèses en mousse de latex ont été utilisées pour leur visage, celles de Jim Carrey étant particulièrement soignées en plus du maquillage vert auquel il avait droit lors de chaque tournage. Si ce dernier s’éclate toujours autant dans ce rôle qui se démarque de se précédents personnages, la narration assurée par Dominique Farrugia (La Cité de la Peur, Didier, RRRrrrr !!!) renforce l’humour et l’aspect conte de Noël. Un film qui a marqué son temps !

Fous d’Irène, de Peter et Bobby Farrelly

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Date de sortie : 22 juin 2000 (1h 56min)
Réalisateurs : Peter et Bobby Farrelly
Acteurs principaux : Jim Carrey, Renée Zellweger, Anthony Anderson, Chris Cooper, Richard Jenkins, Robert Forster, Tony Cox, Traylor Howard
Genre : Comédie
Nationalité : Américaine
Compositeurs : Pete Yorn et Lee Scott
Scénaristes : Peter et Bobby Farrelly et Mike Cerrone
Sociétés de production : 20th Century Fox et Conundrum Entertainment
Budget : 51
 millions d’euros

Des situations énormes emblématiques des réalisateurs.

Deuxième collaboration entre les frères Farrelly et Jim Carrey (Menteur Menteur, The Truman Show, Man on the Moon) six ans après l’excellent Dumb & Dumber, Fous d’Irène place ce dernier dans la peau de Charlie Baileygates, policier de Rhode Island qui refoule ses émotions et se montre incapable d’extérioriser ses frustrations depuis que sa femme l’a quitté pour un chauffeur de limousine joué par Tony Cox (La Folle Histoire de l’Espace, Beetlejuice, Willow). Se montrant constamment docile au point de se faire dominer par tout le monde, il développe un profond trouble de la personnalité donnant naissance à une seconde identité, Hank, dont le tempérament violent et impulsif contraste avec le sien. Un changement brutal souvent accompagné par la musique « Fire like this » du groupe d’électro britannique Hardknox.

« Alors ma poule, on a la moule qui coule ? […] Nous avons une cliente qui a une mycose vaginale galopante : elle s’apprête à faire du pain et je crois qu’elle a déjà la levure ! »
Des mimiques toujours aussi savoureuses !

Le prenant désormais pour un cas désespéré, ses supérieurs le chargent d’escorter dans un autre état une jeune femme du nom d’Irène Waters. Interprétée par Renée Zellweger (Empire Records, Jerry Maguire, Le Journal de Bridget Jones), elle est recherchée comme témoin dans une affaire où certains agents fédéraux sont impliqués. Le casting est alors complété par des acteurs qui incarnent des policiers et autres gradés comme Chris Cooper (L’Homme qui murmurait à l’Oreille des Chevaux, American Beauty, La Mémoire dans la Peau), Richard Jenkins (Mélodie pour un Meurtre, Les Pleins Pouvoirs, Mary à Tout Prix) et Robert Forster (Jackie Brown, Psycho, Y a-t-il un Parrain pour Sauver la Mafia ?). Le scénario a notamment la particularité d’être narré par Jean-Claude Donda, déjà connu pour ses doublages de Flagada Jones et du leader des Rapetou dans La Bande à Picsou.

Des fins de soirée qui ne s’expliquent pas.
« Irène ? Pourquoi je pisse comme si j’avais fait l’amour toute la nuit !? »

Tandis qu’ils sont poursuivis par leurs opposants, Charlie et Hank se disputent l’attention d’Irène en partageant le même corps, allant jusqu’à se mettre dessus lors des dernières minutes. Un véritable jeu sur la schizophrénie qui laisse place à plus d’une séquence drôle malgré quelques passages moyens et une écriture parfois grossière, notamment dans le langage de trois fils de Charlie, l’un d’entre eux apparaissant sous les traits d’Anthony Anderson (Scary Movie 3, Les Infiltrés, Scream 4). Si Fous d’Irène offre un duo intéressant tout en se montrant une nouvelle fois précurseur du caractère dépressif de Jim Carrey, il peine à trouver l’équilibre entre comédie déjantée et profondeur psychologique tout en confirmant une transition plus poussée de l’acteur vers la comédie dramatique dès l’année suivante, avec The Majectic.

Strike, 2ème film de Peter et Bobby Farrelly

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Date de sortie : 4 juillet 1996 (Australie),
1er juillet 2000 (VHS française)

Réalisateurs : Peter et Bobby Farrelly
Acteurs principaux : Woody Harrelson, Randy Quaid, Vanessa Angel, Bill Murray, William Jordan, Zen Gesner, Chris Elliott
Genre : Comédie
Nationalité : Américaine
Compositeur : Freedy Johnston
Scénaristes : Barry Fanaro et Mort Nathan
Sociétés de production : Motion Picture Corporation of America, Rysher Entertainment
Budget : 25
 millions d’euros

Une dégaine à faire pâlir Jeff Tuche !

Comédie méconnue sortie entre Dumb & Dumber et Mary à Tout Prix, Strike constitue le deuxième film de Peter et Bobby Farrelly. Woody Harrelson (Les Blancs ne savent pas Sauter, Tueurs Nés, La Ligne Rouge) y incarne Roy Munson, joueur de bowling qui quitte sa ville natale pour se lancer dans une carrière professionnelle. Alors qu’il bat l’excentrique Ernie McCracken, joué par Bill Murray (SOS Fantômes, Mad Dog and Glory, Ed Wood), ce dernier l’incite gagner de l’argent en escroquant des joueurs amateurs, ce qui lui coûte sa main droite une fois leur stratagème découvert.

Dumb & Dumber le retour !
Un charisme indétrônable.

Dix-sept ans plus tard, Roy est devenu alcoolique, porte une ridicule prothèse de main en caoutchouc et subit les railleries des médias à cause de son potentiel gâché. Mais alors qu’il rencontre Ishmael, jeune Amish prodige du bowling interprété par Randy Quaid (Jours de Tonnerre, Le Journal, Independance Day), ils s’associent pour remporter un tournoi à un million de dollars de manière à sortir de leurs situations respectives. Ils sont rapidement accompagnés par Claudia, sous les traits de Vanessa Angel (Code Lisa), qui cherche à fuir l’emprise de son mari narcissique et violent.

Une équipière de choc.
Une chevelure devenue mythique !

Similaire à Dumb & Dumber pour quelques passages, l’aspect road movie et son improbable duo rejoint par une femme, Strike fait preuve d’un humour timide assez peu convaincant. Habituellement à l’écriture, les réalisateurs n’ont cette fois-ci pas leur casquette de scénariste et ça se sent : hormis quelques punchlines sympa, les blagues peinent à faire rire et les situations manquent fortement de folie malgré la présence de musiques rythmées comme « Superman » du groupe de punk rock Goldfinger. Si l’on peut noter l’apparition d’acteurs de leur précédent film comme Lin Shaye, Richard Tyson et Rob Moran, on trouve déjà le musicien Jonathan Richman ainsi qu’un Chris Elliott (Le Sixième Sens, Un Jour sans Fin, Scary Movie 2) largement sous-exploité, futures figures de Mary à Tout Prix. Un film relativement moyen, à réserver aux fans de frères Farrelly.